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RENFORCER LES CAPACITES DU SECTEUR PRIVE
Le renforcement des capacités du secteur privé devra résulter de trois orientations principales :
Il est indispensable pour les chefs d'entreprises d'opérer un profond changement d'attitude en prenant conscience de la nécessité d'adapter leurs entreprises et leurs comportements aux règles universelles de management moderne, pour mieux s'insérer dans un environnement national et international marqué par une concurrence de plus en plus âpre. L'implication personnelle du chef d'entreprise est un facteur déterminant de réussite du processus d'ajustement interne en rapport notamment avec sa capacité à définir une vision, à mettre en place des outils et processus pertinents, et à mobiliser son personnel.
Toutefois, les organisations patronales sénégalaises assument difficilement ces rôles pour des raisons essentiellement liées au manque de moyens financiers, logistiques et humains et à leur émiettement. Dans un tel contexte, les organisations patronales ne peuvent offrir que de manière ponctuelle les services que les entreprises attendent de plus en plus d'elles, à avoir des services d'information, de conseil, de partenariat, d'opportunités d'investissement ou d'affaires, soit un ensemble de services pouvant concourir à l'augmentation du chiffre d'affaires des entreprises, de leurs de marché et de leur rentabilité.
Toutefois, les opérateurs économiques n'éprouvent que faiblement le besoin de se référer dans leurs activités quotidiennes aux Chambres de Commerce. Il importe donc de réformer radicalement les Chambres de Commerce, pour renforcer leur rôle d'interface par, entre autres, la création d'une Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture Nationale unique et la réappropriation des missions traditionnelles.
Toutefois, même dans les pays développés, les mécanismes du marché ne suffisent pas eux seuls à assurer le niveau d'investissement et à promouvoir les exportations, à satisfaire la demande de financement et à développer le marché du conseil. La faiblesse des capacités de la grande majorité des entreprises des pays en développement, aggravée par les imperfections des marchés, explique la nécessité pour l'Etat de mette en place des structures qui aident les entreprises à prendre en charge toutes les fonctions qui déterminent leurs performances.
De l'analyse des quatre principales structures concernées (en termes de missions, services offerts, forces et faiblesses), il apparaît tout d'abord que toutes les activités nécessaires décrites ci-dessus ne sont pas prises en charge du tout ou le sont partiellement ou faiblement. Il s'y ajoute un écart important entre le profil des structures analysées et les conditions clés requises pour une prise en charge efficace des activités de promotion des investissements.
En ce qui concerne les exportations, l'examen du dispositif de promotion montre un déséquilibre dans l'offre d'appui. Un nombre élevé de structures se sont positionnées sur les volets information et marketing et renforcement des capacités, tandis que les volets " appui au financement des exportations " et " appui à la création de sociétés de développement des exportations " ne sont pris en charge par aucune structure. Au vu des ambitieux objectifs d'accroissement des exportations, la fonction promotion des exportations n'est pas prise en charge de façon durable et efficace.
Dans un souci de complémentarité et de synergie, les deux fonctions promotion des investissements et promotion des exportations seraient désormais prises en charge par une seule et même structure, en lieu et place du CICES , de la SODIDA, de la SONEPI et du Trade Point. En effet, elles requièrent le même type de compétences et leur regroupement entraînerait une meilleure intégration.
Aussi est-il proposé la création d'une Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIX) dont la mission comprendrait, outre les fonctions d'assistance et de gestion de l'octroi des avantages fiscaux et douaniers du Guichet Unique actuel, les activités de promotion à l'intérieur du Sénégal, sur les marchés émetteurs de capitaux, et sur les marchés clients potentiels des produits sénégalais. Il paraît toutefois indiqué de laisser au Projet de Promotion des Exportations Agricoles (PPEA) son autonomie, dans la phase pilote en cours.
Au regard des missions qui lui sont assignées, le Centre National de Production et de Productivité devrait combler en grande partie les lacunes relatives à la promotion de la production, de la productivité et de la qualité. La promotion de la qualité passe, entre autres, par la maîtrise des outils techniques que sont la normalisation, la métrologie et la certification. Ces facteurs contribuent de façon très significative à l'amélioration de la productivité. Donc les fortes synergies potentielles entre la promotion de la qualité, de la productivité militant en faveur de la concentration des moyens au sein d'une structure unique, le futur CNPP, qui prendrait aussi en charge la fonction normalisation.
Au regard des activités effectivement réalisées par ces structures et mécanismes, on note que le dispositif d'appui ne compense que très partiellement les insuffisances du système bancaire. Certaines activités telles que l'étude et la conception de nouveaux produits financiers sont insuffisamment prises en compte.
Il s'agira d'étendre la mission de la Cellule d'Assistance Technique aux Caisses Populaires d'Epargne et de Crédit à la coordination du financement pour mettre en cohérence toutes les missions remplies par les structures de financement hors secteur bancaire. La Cellule aura donc à coordonner les modalités de mobilisation et d'utilisation des fonds mis à la disposition des entreprises par les bailleurs de fonds, ainsi que tous les autres financements des entreprises en dehors du système bancaire traditionnel; la cellule aura aussi pour mission de concevoir de nouveaux mécanismes et produits financiers et rechercher, et mettre à la disposition du marché des financements adaptés aux besoins des cibles. Enfin, la cellule n'aura pas à financer directement les besoins de l'entreprise pour éviter les conflits d'intérêt.
Au regard des missions des principales structures, cette fonction est théoriquement bien couverte. Cependant, l'analyse des activités proprement dites, en fonction des profils des différents bénéficiaires, ainsi que le recueil des appréciations du secteur privé, révèle de nombreuses lacunes.
On gagnerait à regrouper les activités jusqu'ici menées par les différentes structures intervenant dans le domaine de l'appui technique et de son financement en créant une Agence de Développement de la Petite et Moyenne Entreprise (ADPME) autour de la FSP, la SONEPI et la SODIDA devant disparaître; au delà de ce l'appellation peut laisser entendre, le champ d'action de l'ADPME ne se limitera pas aux PME. L'ADPME devrait aussi jouer le rôle d'interface entre les demandeurs de crédit qui ont besoin d'un appui et les structures de financement. Enfin, l'appui à la recherche-développement et à l'innovation, facteurs clés de compétitivité, devra être inscrit parmi les priorités de l'ADPME, en relation avec les organismes de recherche appliquée.
La concertation et la coordination doivent être sous tendues par une vision et des objectifs stratégiques partagés par les différents acteurs. Des progrès réels ont été réalisés sur la période récente, en termes de mise en place de cadres de concertation. En effet, afin d'améliorer le climat social et le dialogue avec les différents partenaires, se tiennent périodiquement, au plus haut niveau, des rencontres entre les hautes autorités du Gouvernement, les administrations spécialisées et les représentants du secteur privé. On notera qu'en 1996, afin de rationaliser et de rendre plus efficace la concertation entre le secteur privé et les autorités publiques, y compris jusqu'au niveau du Chef de l'Etat, le Comité Général de Concertation pour le Développement (CGCD) a été mis en place. D'ailleurs, la concertation qui semble à ce jour la plus régulière et la plus organisée est celle qui existe entre l'Etat et le secteur privé.
Au niveau sectoriel, le Conseil Supérieur de l'Industrie, constitue un autre cadre de concertation.
Par ailleurs, l'analyse réalisée auprès des structures d'appui montre que la concertation est principalement prise en charge par la CAEE, le GRCC et le CRJ qui a une compétence sectorielle.
Toutefois, nonobstant les progrès accomplis, des efforts importants restent à faire, notamment en matière de suivi et d'application des décisions issues de la concertation. C'est pourquoi trois impératifs se font sentir en matière de concertation et de coordination : (1) la nécessité d'une meilleure articulation entre les différents niveaux de concertation, (2) le renforcement de la CAEE dans sa fonction de secrétariat du CGCD, fonctions à renforcer par les activités que mènent le GRCC et le CRJ, projets qui arrivent à terme et (3) le renforcement de la coordination et du suivi de l'ensemble des actions.
L'engagement des bailleurs de fonds en faveur de la stratégie de développement du secteur privé permet par ailleurs d'éviter la multiplicité des interventions qui a été observée par le passé, ce qui contribuera à rendre plus efficaces les tâches de coordination et de concertation.
Enfin, il y'a lieu de recommander que l'ensemble des orientations proposées soient soutenues par le développement de la communication, comme facteur d'adhésion et de facilitation de la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur privé.
L'efficacité de ces orientations sera d'autant plus grande que la concertation, la coordination et la communication seront renforcées.
Les organisations patronales et professionnelles constituent des éléments clés de toute stratégie de développement du secteur privé en ce sens qu'elles sont : facteurs d'organisation des entreprises et des secteurs d'activités ; vecteurs de la promotion de l'entreprise et de l'initiative privées ; courroies de transmission et d'adhésion aux politiques de développement économique et social ; collecteurs d'information sur les entreprises mais également informateurs des entreprises sur la législation, les opportunités d'affaires et de partenariat, etc.;
S'agissant des Chambres de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture, elles représentent un élément essentiel du dispositif d'appui aux entreprises. De par leur statut et leur composition (elles rassemblent les opérateurs économiques du secteur formel comme du secteur informel, des industriels, des commerçants, des éleveurs et des agriculteurs), elles sont un interface entre les opérateurs économiques et les pouvoirs publics et ont le potentiel d'offrir des services importants aux entreprises.
L'important rôle attendu des organisations patronales et professionnelles dans la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur privé justifie la mise en place d'un programme de renforcement de leurs capacités. Cependant, le programme atteindra plus facilement ses objectifs avec un patronat unifié.
Dans un environnement où l'Etat assure de façon correcte les services de base et met en œuvre les politiques macro-économiques idoines, les entreprises sont sensées pouvoir assurer l'ensemble des fonctions nécessaires au développement du secteur privé, selon les règles du marché. Ainsi, l'entreprise doit pouvoir trouver auprès du système financier les ressources nécessaires à son fonctionnement et à ses investissements ; elle doit pouvoir s'approvisionner et exporter sans difficulté majeure ; elle doit aussi pouvoir recourir plus facilement au conseil.
Les prestations au titre de l'appui technique sont notamment la formation, l'assistance conseil en gestion et l'appui technologique. Concernant le financement, il s'agit de disposer de structures offrant des conditions plus favorables que celles du marché. Et enfin, la concertation doit permettre l'animation du dialogue et la coordination des actions.
Les différentes fonctions ainsi présentées sont prises en charge par des structures qui, pour être efficaces, ont besoin :
Sur la base de ces principes, il convient de :
Au Sénégal, s'agissant de la promotion des investissements, de nombreuses structures se sont positionnées sur cette fonction, au vu de l'énoncé de leurs missions. Toutefois, seules quatre structures d'appui sont essentiellement dédiées à cette fonction (Guichet unique, SODIDA, SONEPI, ZFID), les autres n'intervenant que de façon occasionnelle ou partielle (Trade Point, CICES, Organisations patronales et chambres consulaires).
Au Sénégal, deux structures interviennent dans la promotion de la qualité et de la normalisation. Il s'agit de l'Institut Sénégalais de Normalisation en cours de mutation en Association Sénégalaise de Normalisation et de l'Institut de Technologie alimentaire. Aucune structure n'est pour l'instant dédiée à la promotion de la productivité. Il existe cependant au sein du Ministère du Travail et de l'Emploi un projet de création d'un Centre National de Production et de Productivité.
Les insuffisances notées en matière de financement, particulièrement celles relatives à la demande de crédit pour certains types de besoins du secteur productif, ont inspiré des solutions spécifiques du type prêts participatifs, capital risque, et prêt au promoteur. L'obstacle à la garantie a suggéré la mise en place de fonds spécialisés tels que le FPE. Des lignes de crédit sont également mises en place avec le concours de bailleurs de fonds extérieurs.
Le dispositif d'appui technique est composé d'un nombre très important d'organismes. Les quatre principales structures d'appui général ou ciblé sont: la FSP, l'antenne du CDI, la SONEPI et la SODIDA. A cela il faut ajouter, les chambres consulaires (chambres de commerce et chambres de métiers), les structures d'appui scientifique et technique (ISN, ITA), le nouveau Centre de Gestion agréé Pilote de Dakar, le Projet de promotion des exportations agricoles et les nombreux organismes et projets d'appui à la micro-entreprise tels que le projet PAME Médina, le PAMEC et le Projet d'encadrement et de structuration de l'artisanat sénégalais.
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