République du Sénégal
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*  RECOMMANDATIONS

Pour éradiquer la pauvreté qui ne cesse de s’élargir en traversant toutes les catégories socio – économiques, il est urgent d’apporter des innovations en établissant rapidement des actions et stratégies prioritaires aussi ben en milieu rural  qu’en milieu urbain. Faudrait – il cependant noter que les recommandations formulées ici ont été proposées par l’ensemble des acteurs impliqués dans cette recherche. Toutes ces actions à entreprendre visent dans leur perception à renforcer le pouvoir économique des familles en favorisant une autonomie précoce des ses membres.

1°) L’éducation demeure encore un souci majeur chez les pauvres qui ont peu de chance d’accéder à une éducation de qualité. Ce constat remet en cause le principe du droit à l’éducation pour tous. Le peu de ressources dont disposent les pauvres, particulièrement ceux qui ont des enfants à l’école, les empêche de maintenir leurs enfants à l’école pour des études plus ou moins longues. La plupart ont connu une rupture au niveau du cycle primaire, préférant ainsi s’adonner à de petites activités très simples qui leur procurent des revenus jugés encore incertains. Ainsi, en vue de permettre un meilleur accés des pauvres à l’éducation, il est important d’alléger les frais de scolarisation, d’augmenter les classes pour mettre fin au système de double flux. La lutte contre le taux élevé de déperdition scolaire devrait permettre une meilleure scolarisation des filles et un développement de programmes de formation adapté aux besoins réels des adultes, mais aussi faciliter, du point de vue géographique, l’accés des populations aux infrastructures scolaires ; ce qui permet de réduire les coûts liés à la mobilité et parfois l’hébergement des scolarisés dans des familles d’accueil. Enfin, l’investissement dans le système éducatif peut signifier une mise sur le développement humain comme stratégie de progrés social et économique. C’est pourquoi l’Etat, les partenaires sociaux, les organisations communautaires de base, etc., doivent impulser uen politique scolaire à caractère social dont l’objectif serait de permettre à chaque citoyen l’accés au savoir et à moindre coût.

2°) Les soins sanitaires apparaissent comme un épineux problème auquel sont confrontées les populations pauvres. Cette difficulté reste toutefois combinée au déficit en infrastructures sanitaires en milieu urbain et particulièrement en milieu rural où les populations ont uen nette préférence pour la médecine traditionnelle à cause du coût peu élevé des soins. Afin d’éviter les disparités et d’assurer uen meilleure couverture sanitaire des pauvres, un certain nombre de mesures s’imposent : pour suite et élargissement de l’IB (initiative de Bamako), généralisation des mutuelles de santé, faciliter l’accés aux structures sanitaires moyennant un taux modérateur qui incluse la gratuité des médicaments, alléger les procédures des certificats d’indulgence dans les communes, équipement des structures sanitaires et augmentation du personnel, améliorer la qualité des soins en mettant l’accent sur la formation des agents de santé, etc. Efin, il fuat que l’ensemble des acteurs (l’Etat et ses partenaires unissent plus sur la prévention que sur l’intervention médicale, ce qui va réduire les risques de maladie chez les populations et les charges budgétaires de l’Etat.

3°) Le déficit en infrastures de base et la non présence de certains facteurs de production freinent dans une large mesure la croissance socio – économique des couches pauvres. C’est pourquoi, non seulement il faut minimiser les coûts, mais aussi élargir ces facteurs de production aux populations les plus démunies. Cela suppose une politique adaptée qui favoriserait l’installation et la diffusion à large échelle des branchements sociaux (eau, électricité, téléphone, etc.). Il y a également du bien être ete de l’épanouissement des populations.

4°) De manière générale, il apparaît que les pauvres contituent une des catégories sociales les plus mobiles au sein de notre société, et cela mène si les moyens de transports font largement défaut. Cette forte mobilité est l’occasion pour ces populations de pouvoir capter des ressources extérieurs nécessaires à leur survie. Ainsi pour leur permettre d’accéder rapidement et facilement à ces ressources existentes ou potentielles, les actions envisagées devront permettre d’une part, un renforcement des échanges entre milieu urbain et milieu rural, et d’autre part, un désenclavement de certains sites par le bitumage des routes et des pistes de production. Le desservissement de certaines localités ainsi que le contrôle sur le prix du transport devraient également faire l’objet de négociation correcte entre les autorités et les syndicats des propriétaires et chauffeurs de transport en commun.

5°) La simplification des facteurs de production au profit des pauvres doit nécessairement conduire à une augmentation de la valeur ajoutée suivie d’une diversificatioon des activités ; particulièrement  les activités de contre – saison afin de lutter contre l’inactivité des pauvres du monde rural pendant la saison morte. Pour parvenir à ce résultat, il faut au préalable procéder à une meilleure redistribution des marges générées par les politiques fiscales au bénéfice des couches pauvres, et leur favoriser l’accés aux crédits pour la réalisation de projets de grandes dimensions socio – économiques. Dans ce cadre, le développement des réseaux hydrauliques pour l’approvisionnemetn en eau devrait impulser au maximum l’exploitation des potentialités agricoles et maraîchères. Le maintien des femmes et des jeunes dans ces types d’activités devrait signifier une stratégie payante qui leur procurerait des revenus immédiats et additionnels.

6°) Les populations pauvres sont dans leur majorité soumises à une alimentation pauvre, peu variée et insuffisante. Le peu de revenus qu’elles disposent les place dans l’impossibilité d’assurer tous les repas au quotidien à cause du renchérissement du coût des produits et denrées alimentaires. Elles ademettent toutes qu’aujourd’hui, ‘’l’essentiel n’est plus la qualité mais de manger tout court’’. C’est pourquoi, il nécessite le développement des cultures vivrières et les cultures de contre – saison qui mettront à leur disposition les produits alimentaires nécessaires à leur alimentation. Cette stratégie de sécurisation alimentaire des couches pauvres doit s’effectuer parallèlement à l’installation et au renforcement des unités de transformation et de conservation des produits agricoles et halientiques. Concernant l’alimentation des enfants, les capacités des PNC doivent être renforcées en permettant uen diversification des produits alimentaires distribués ; ce qui pourrait être une première solution à la malnutrition des enfants issus de familles pauvres.

7°) Les quartiers dans lesquels vivent les pauvres ont la caractéristique principale d’être des zones périphériques, flottantes (à habitat spontané) et non loties. Ces personnes restent ainsi plongées dans l’insécurité la plus totale et sont exposées à toute sorte de risque ; ce qui renforce davantage leur vulnérabilité et la précarité dasn laquelle elles restent confinées. Il apparaît donc important d’établir une politique correcte d’assainissement de ces quartiers en menant un lotissement négocié avec les populations afin de favoriser un meilleur accés aux services sociaux de base à moindre coût et de mettre fin à l’incertitude liée au risque d’innondation en installant des canalisations pour les eaux usées et les eaux de pluies. Il faudrait également trouver une réponse rapide, efficace et définitive à l’épineux problème du ramassage des déchets ménagers en mettant en contribution l’Etat, les collectivités locales, les associations communautaires et des partenaires privés etc…….

8°) L’occupation des jeunes urbains et ruraux semble de plus en plus hypothétique corrélativement à leur prédominance sur le plan démographique, car 60% de la population ont moins de 20 ans. Une importance particulière doit leur être accordée en incitant le véritables politiques de formation, d’éducation et d’apprentissage à leur endroit. Les leviers d’action à impulser doivent poser les problèmes Education – Formation – Emploi en terme de continuité et d’insertion durable dans le secteur productif. L’investissement des jeunes dans les secteurs porteurs de revenus doit être considéré comme une stratégie d’autonomisation précoce des membres de la famille. La mise en place d’une ligne de crédit pour le financement de projets de grande envergure (agriculture intensive, élevage, maraîchage, etc……) devrait attirer les jeunes en déperdition scolaire et plongés dans un chômage endémique. Par ailleurs, il convient d’initier des circuits professionnels courts et adaptés aux besoins réels des entreprises, ce qui suppose une intiation du secteur privé et les partenaires au développement à la mise en place de stratégies communes de réduction du taux de chômage qui frappe particulièrement les jeunes.

9°) Les femmes sont apparues depuis quelques années comme de véritables agents économiques à cause de l’importance des ressources qu’elles arrivent à mobiliser au niveau individuel ou collectif. Leur instion de plus en plus prononcée dans le tissu économique les responsabilise davantage et mieux les pousse dans certains cas à être le principal soutien de ménage. D’ailleurs, elles sont devenues les interlocutrices priviligiées des organismes et autres institutions chargées du développement à la base. Cependant, elles restent encore confrontées au manque de ressources, d’opportunités, de formation et au faible niveau d’accés aux crédits qui leur sont destinées. Il devient donc necessaire pour cette catégorie sociale d’impulser et de renforcer leur esprit d’entreprise en faisant d’elles des actrices confirmées du développement, de renforcer le poids des crédits tout en allégeant davantage les taux d’intérêt et les délais de remboursement, de revoir les dispositions juridiques de la loi sur le domaine national afin qu’elles puissent accéder à la terre, de renforcer leur capacité organisationnelle et institutionnelle en leur dotant de programmes de formation qui répondent à leurs besoins spécifiques, etc……. Toutes ces mesures devront à terme contribuer à l’amélioration de leur sort et un meilleur entretien des familles.

10°) La présence des ONG est fortement remarquée dans la région ce qui ne s’accompagne pas souvent curieusement de résultats positifs et durables. Il existe un déficit en communication entre ces différentes structures et un chevauchement de leurs activités. Ce qui réflète dans certains endroits un manque de visibilité de leurs actions et est à la base de la déconnexion institutionnelle vécue par certaines populations, les plus pauvres en particulier. Ainsi, il faudrait envisager une meilleure implantation géographique des ONG dans la région en tenant compte de leur mission de leur spécificité, et veuillez à la multiplication d’actions synonymes sur un même terroir villageois. Il faudrait en outre réorienter l’action des ONG et autres institutions au profit des couches les plus vulnérables, revoir le ciblage dans le domaine des interventions en privilégiant les zones les plus vulnérables, les plus enclavées, en se mettant à l’écoute des populations et les impliquer dans tout projet depuis la conception jusqu’à l’exécution, ce qui diminuerait dans une certaine mesure leur déconnexion institutionnelle. Il apparaît ainsi nécessaire d’impliquer les chefs de CER qui sont les agents techniques valables et des interlocuteurs de premier ordre dans le ciblage des acteurs et zones pauvres et dans l’exécution des programmes de lutte contre la pauvreté.

Enfin, il faut signaler que toutes ces recommandations constituent autant de leviers à la disposition de l’Etat, des partenaires sociaux au développement et des associations communautaires, dont leur activation poserait les premiers jalons d’une véritable lutte cont la pauvreté. Mais cela amène à favoriser la mise en place de réelles politiques sociales, à l’intérieur d’un état social, qui indiqueraient des mesures de préventions et de protection sociales, en servant en même temps d’amortisseur à la crise et de ressorts pour une plus grande productivité, garant de tout progrés social et économique.

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