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CONCLUSION
COMMENT SE CONSTRUISENT
LES PERCEPTIONS RELATIVES A LA PAUVRETE
Les perceptions relatives à la pauvreté et au
bien être procèdent par un processus de construction sociale de la part des
acteurs concernés. Les multiples effets sociaux qui résultent des dynamiques
organisationnels dans la société cimentent les modèles d’évolution sociale et
économique. D’une manière générale, les perceptions interrogent les
représentations sociales, culturelles, politiques, économiques, les modes de
vie ainsi que les expériences individuelles et collectives. Le regard porté sur
soi même et sur autrui participe aussi au fondement perceptuel. Il est revenu
fréquemment dans cette étude, une évocation des valeurs morales et culturelles
qui doivent régir les modes de vie des populations urbaines et rurales. La
référence à la religion et à la tradition indique clairement la structuration
des modes de pensée et le vacillement entre la culture et la religion dans
laquelle sont plongés les acteurs, particulièrement les populations pauvres.
Les définitions apportées à la pauvreté reposent ainsi sur des principes
culturels et religieux, économiques, etc...
Les expériences individuelles ou collectives,
réussies ou non participent également à la formation de ces perceptions. Les
sentiments populaires reflètent les types de liens sociaux qui s’établissent
dans les espaces de sociabilité entre les membres de la communauté.
L’acquisition d’un capital social important suivie d’une densification des
réseaux relationnels contituent des atouts majeurs dans la réussite sociale.
Quelque soit l’importance des activités économiques, elles sont enchâssées dans
des structures sociales qui parfois même déterminent leur existence. Ces là que
réside toute la pertinence à accorder un intérêt particulier aux réseaux
sociaux. Toutefois ils baignent dans un environnement social marqué par
l’extraversion des modèles et l’influence des moyens de communications. Cette
situation a favorisé l’emergence de nouveaux repères sociaux et de modèles de
réussite sociale. L’argument économique tend de plus en plus à prendre le pas
sur l’argument social, aidé en cela par le durcissement de la crise et
l’effritemnet des valeurs qui naguère constituées des ‘’gardes fous’’ contre certaines
pratiques marginales.
L’évolution de la société a fait naitre de
nouvelles pensées et comportements plus ou moins rationnels.
L’éclatement de l’autorité familiale,
l’appauvrissement et la dislocation des familles ont laissé échapper des
tentatives de plus en plus individuelles de sortie de la crise. La réussite à
tout prix demeure un objectif à cout terme et elle se déroule généralement sur
l’écrasement de pans entiers de la population, particulièrement les plus
vulnérables. Les réorganisations au sein des familles ont propulsé ainsi les
femmes au devant de la scène économique et sociale. Ce pouvoir de plus en plus
accru des femmes s’opère parallèlement à la remise en cause du rôle de l’homme
et de la perte de son pouvoir d’achat. L’analyse genre montre que la
rédistribution des roles repose essentiellement sur un critère
économique : « est considéré le plus, celui qui détient le pouvoir
financier ». Cette nouvelle vision de la réussite sociale, incarnée par le
modèle « modu mooder » est à la base de la course désordonnée pour
l’acquisition de richesses. Mais faudrait il remarquer que ce jeu social exclut
d’emblée les populations les plus pauvres qui ne détiennent pas d’arguments
nécessaires pour participer à la quête de ressources. Il en résulte ainsi des
cas de marginalisation et de déclassement qui touchent la majorité de la
population particulièrement les habitants du monde rural. Le recours aux
institutions demeure leur seule chance d’apporter des solutions à leurs
conditions de vie dégradantes. A ce niveau également les très pauvres vivent
dans des déceptions, car ne trouvant pas souvent une oreille attentive au
niveau de ces intitutions.
Leur absence de ressource, leur faible niveau
de formation, leur risque de subir des changements sociaux etc, expliquent
en partie les liens faibles existants entre ces populations et les intitutions.
D’où des cas d’auto – exclusion et de déconnection intitutionnelle notés dans
certains milieux les plus défavorisés.
Toutes ces approches montrent clairement que les perceptions sont certes subjectives, mais elles cherchent à objectiver des situations concrètes qui caractérisent le vécu des populations. C’est pourquoi toute politique de lutte contre la pauvreté doit prendre en considération les symboliques et les déterminants socio – culturels qui interviennent dans la vie des acteurs, cela aide à mieux comprendre leurs modes de pensée, leurs modes d’organisation sociale, et à mesurer leur capacité de réactions face à certains défis. La valorisation de leur intelligence et de leur savoir faire, leur implication à partir de l’initiation, la conception et l’exécution des projets sont autant d’ingrédients, qui méritent d’être pris en compte lors de l’élaboration des stratégies de lutte contre la pauvreté.
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