République du Sénégal
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CONCLUSION

 

COMMENT SE CONSTRUISENT LES PERCEPTIONS RELATIVES A LA PAUVRETE

 

Les perceptions relatives à la pauvreté et au bien être procèdent par un processus de construction sociale de la part des acteurs concernés. Les multiples effets sociaux qui résultent des dynamiques organisationnels dans la société cimentent les modèles d’évolution sociale et économique. D’une manière générale, les perceptions interrogent les représentations sociales, culturelles, politiques, économiques, les modes de vie ainsi que les expériences individuelles et collectives. Le regard porté sur soi même et sur autrui participe aussi au fondement perceptuel. Il est revenu fréquemment dans cette étude, une évocation des valeurs morales et culturelles qui doivent régir les modes de vie des populations urbaines et rurales. La référence à la religion et à la tradition indique clairement la structuration des modes de pensée et le vacillement entre la culture et la religion dans laquelle sont plongés les acteurs, particulièrement les populations pauvres. Les définitions apportées à la pauvreté reposent ainsi sur des principes culturels et religieux, économiques, etc...

Les expériences individuelles ou collectives, réussies ou non participent également à la formation de ces perceptions. Les sentiments populaires reflètent les types de liens sociaux qui s’établissent dans les espaces de sociabilité entre les membres de la communauté. L’acquisition d’un capital social important suivie d’une densification des réseaux relationnels contituent des atouts majeurs dans la réussite sociale. Quelque soit l’importance des activités économiques, elles sont enchâssées dans des structures sociales qui parfois même déterminent leur existence. Ces là que réside toute la pertinence à accorder un intérêt particulier aux réseaux sociaux. Toutefois ils baignent dans un environnement social marqué par l’extraversion des modèles et l’influence des moyens de communications. Cette situation a favorisé l’emergence de nouveaux repères sociaux et de modèles de réussite sociale. L’argument économique tend de plus en plus à prendre le pas sur l’argument social, aidé en cela par le durcissement de la crise et l’effritemnet des valeurs qui naguère constituées des ‘’gardes fous’’ contre certaines pratiques marginales.

L’évolution de la société a fait naitre de nouvelles pensées et comportements plus ou moins rationnels.

L’éclatement de l’autorité familiale, l’appauvrissement et la dislocation des familles ont laissé échapper des tentatives de plus en plus individuelles de sortie de la crise. La réussite à tout prix demeure un objectif à cout terme et elle se déroule généralement sur l’écrasement de pans entiers de la population, particulièrement les plus vulnérables. Les réorganisations au sein des familles ont propulsé ainsi les femmes au devant de la scène économique et sociale. Ce pouvoir de plus en plus accru des femmes s’opère parallèlement à la remise en cause du rôle de l’homme et de la perte de son pouvoir d’achat. L’analyse genre montre que la rédistribution des roles repose essentiellement sur un critère économique : « est considéré le plus, celui qui détient le pouvoir financier ». Cette nouvelle vision de la réussite sociale, incarnée par le modèle « modu mooder » est à la base de la course désordonnée pour l’acquisition de richesses. Mais faudrait il remarquer que ce jeu social exclut d’emblée les populations les plus pauvres qui ne détiennent pas d’arguments nécessaires pour participer à la quête de ressources. Il en résulte ainsi des cas de marginalisation et de déclassement qui touchent la majorité de la population particulièrement les habitants du monde rural. Le recours aux institutions demeure leur seule chance d’apporter des solutions à leurs conditions de vie dégradantes. A ce niveau également les très pauvres vivent dans des déceptions, car ne trouvant pas souvent une oreille attentive au niveau de ces intitutions.

Leur absence de ressource, leur faible niveau de formation, leur risque de subir des changements sociaux etc, expliquent en partie les liens faibles existants entre ces populations et les intitutions. D’où des cas d’auto – exclusion et de déconnection intitutionnelle notés dans certains milieux les plus défavorisés.

Toutes ces approches montrent clairement que les perceptions sont certes subjectives, mais elles cherchent à objectiver des situations concrètes qui caractérisent le vécu des populations. C’est pourquoi toute politique de lutte contre la pauvreté doit prendre en considération les symboliques et les déterminants socio – culturels qui interviennent dans la vie des acteurs, cela aide à mieux comprendre leurs modes de pensée, leurs modes d’organisation sociale, et à mesurer leur capacité de réactions face à certains défis. La valorisation de leur intelligence et de leur savoir faire, leur implication à partir de l’initiation, la conception et l’exécution des projets sont autant d’ingrédients, qui méritent d’être pris en compte lors de l’élaboration des stratégies de lutte contre la pauvreté.

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