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DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE
I°/- Critères de choix des Sites d’enquête
Au niveau de la
région de Thiés, il fallait retenir 3 villes (Thies, Mbour, Tivaouane) et
retenir 3 quartiers
par ville. Ensuite, choisir 3 villages dans 3 arrondissements différents.
Un atelier de
détermination des critères de choix de sites d’enquête s’est tenu en
collaboration avec le chef du service régional de la statistique. Le document
de base intitulé « Mise à jour des données de base des villages, projet de
fond d’investissement social, direction de la précision et de la statistique
Avril-Mai 2000 » a servi de support pour sélectionner les sites d’enquête.
Ce document
présente trois axes majeurs qui sont :
-
L’accès aux
infrastructures ou services sociaux de base.
-
Les activités de
conservation, de transformation et d’artisanat génératrices de revenus.
-
Les organisations
communautaires de base.
Dans cette enquête de type qualitatif où le
but visé est d’aller au fond des choses, de coller à la réalité empirique, la
pertinence de ces critères résulte du fait qu’ils déterminent l’état,
l’organisation et la production des sites et des acteurs. A cela s’ajoute la
position géographique des sites, le type d’habitat qui sont des variables
susceptibles de renseigner d’abord sur le niveau des activités existantes et la mobilité sociale, la mesure du confort
dont le type et le niveau d’équipement domestique constituent les indices.
Le premier critère a été donc le degré de
vulnérabilité et il fallait mener l’enquête dans les zones les plus pauvres
selon la perception des acteurs. Le procédé suivant, pour les quartiers et les
villages les plus vulnérables, a été retenu :
L’atelier a procédé à un listing des quartiers
des 3 villes différentes, et des 3 arrondissements différents dans chaque ville
et au niveau desquels il fallait
retenir les 3 villages les plus vulnérables. Ensuite, en se basant sur
les variables contenues dans la « mise à jour des données des
villages » que sont le nombre d’habitant pour chaque village, le nombre de
point d’eau, le nombre d’école, de poste de santé, de commerce et de route,
etc. Nous avons procédé à une sommation des scores obtenus par variable en
pourcentage afin d’obtenir une moyenne pour chaque quartier et chaque village.
Ainsi, les sites les plus vulnérables sont
considérés comme ceux qui avaient les scores les plus faibles.
L’atelier a par la suite validé le choix des
sites d’enquête retenu et la méthode utilisée pour déterminer et donner un sens
à la notion de « vulnérabilité », tout en corrigeant en ce qui nous
concernait les limites des résultats préliminaires de la « mise à jour des
données des villages » car les informations recherchées dans le document
étaient de type communautaire et ne portaient pas sur les caractéristiques des
ménages et les individus.
Dans la zone d’étude, le critère de
vulnérabilité a donc été déterminé à partir de calculs rigoureux car il devait
tenir compte non seulement de la région dans sa globalité à partir d’une
représentation de la pauvreté, mais aussi au niveau du département, de
l’arrondissement, et de la communauté rurale dont on s’est évertué à cibler les
sites où l’incidence de pauvreté était la plus marquée.
Au delà de ce travail de repérage sur document, l’ensemble de ces opérations ont été reprises en collaboration avec les chefs des centres d’expansion rurales polyvalentes, les sous-préfets où toute autre personne capable de fournir des renseignements adéquats sur la localité. L’essentiel à ce niveau était d’éviter de tomber sur des hameaux où des îlots de concessions pas représentatifs ou bien d’atterrir sur des villages dont le niveau d’infrastructure était acceptable en occultant des villages dont le degré de vulnérabilité était par contre très profond.
En tenant compte de toutes ces opérations, les
quartiers et les villages suivants, à Thiés, Tivaouane, et Mbour ont été
retenus :
1°/- Thiés : quartiers de - Médina Fall
- Thiés None
- Darou Salam
Village de : - Tassette Wolof (Arrondissement de
Notto, communauté
rurale de Tassette)
- Keur Lamane (Arrondissement de Thiénaba, Communauté
rurale de Touba Toul)
-Ngoumsane (Arrondissement de Keur Moussa, communauté
rurale de Fandène)
2°/- Tivaouane : quartiers de - Niandaxoune
- Kouli
- Lébougi (Ngaye Mékhé)
Villages : -
Pire goureye (Arrondissement Pa mbal, communauté
rurale de Pire)
- Pékesse (Arrondissement de Mérina
Dakar, Communauté rurale de Pékesse).
- Thilmakha ( Arrondissement de Niakhène, Communauté rural
de Thilmakha).
3°/- A Mbour : 3 quartiers
- Thiossé Est
- Mbour sérére kaw
- Darou salam
Villages -
Malicounda Banbara (Arrondissement de sindia,
communauté rurale de Malicounda)
- Yabo-yabo (Arrondissement de Sésséne, communauté
rurale de Sésséne)
- NDIARAO (Arrondissement Fissel, communauté
rurale de Ndiaganiao)
NB : La ville de Ngaye
Mékhé et notamment le quartier Lébou – gi a été choisi d’un commun accord avec
la direction de la statistique de Thiés, en raison de sa vulnérabilité et de sa
position géographique, et de l’importance que représente la commune.
Enfin, dans l’application concrète du recueil
de données, la méthodologie a consisté à cibler les informateurs clefs ( chefs
de ménages, groupe de jeunes filles et garçon, célibataires et chômeurs),
femmes responsables de groupements féminins, personne dont la trajectoire sociale
suscite de l’intérêt, chef de quartier et de village pour établir la carte
sociale du site, groupe d’hommes et de femmes pour la matrice des revenus où
simplement pour élaborer des arbres à problème, discussion avec les chefs de
CER, les ONG et les structures de développement pour établir les diagrammes de
Venn.
Pour éviter de ne s’intéresser qu’à un cadre
limité du site soit parce que c’est sur un carrefour, soit parce que c’est un
lieu essentiel dans l’organigramme du lieu d’enquête, des coupes transversales
ont été effectuées pour plus de rationalité et de diversification de
l’information. Il faut à ce niveau souligner que les quartiers flottants comme
Médina Fall et Darou Salam à Thiés sont généralement considérés comme des
« sanccianes » et les populations font parfois la différence par le
vocable de « sanccaan yu njëkk » et « sanccaan yu mujj » (
premiers et derniers venus), même si dans l’ensemble, cela ne fait qu’un seul
quartier.
Cette situation s’explique par le fait que les
quartiers qui se constituent à la périphérie se développent à un rythme plus
rapide que l’installation des service sociaux de base.
Cette situation s’est présentée à Darou salam
(Thiés) où on a Darou salam 1 et 2, mais aussi à Niandaxoune (Tivaouane), Mbour
sérère kaw (Mbour) où la spéculation foncière fait que le quartier gagne en
extension et généralement au détriment des jeunes riverains qui n’ont pas eux,
les moyens d’obtenir une parcelle. Ex : Niandaxoune et Kouli à Tivaouane.
En ce qui concerne l’organisation du travail en
équipe, tout a été fait pour avoir une bonne coordination, une base de données
approfondies et diversifiées en tenant compte d’un timing établi dès le départ.
Il y’avait
deux volets à couvrir, la recherche et le contact avec les ONG et
structure de développement intervenant dans la zone, mais aussi un repérage
de l’ensemble des travaux relatifs à la pauvreté dans la région. L’équipe
a fonctionné suivant ce schéma et au
niveau de l’organisation de l’enquête proprement dite, il y a eu des entretiens
avec les chefs de quartier où de village, ainsi que les entretiens avec les
chefs de ménage qui se déroulaient le matin, tandis que les focus group
(discussions de groupe) étaient prévus l’après-midi, à l’heure de thé car on a
pensé que le moment était plus favorable.
L’essentiel de cette planification du temps a
été respecté pour la plupart même si parfois des difficultés ont été
rencontrées pour réunir les groupes, dégager les critères d’homogénéité, où
même atteindre le nombre requis pour valider un focus group. Quand une
situation se présentait ainsi, on faisait recours à la discussion de groupe.
II°/- Outils de collecte et d’analyse des
données
Après le critère de choix des sites d’enquête,
la deuxième phase consistait à l’utilisation des outils de collecte et
d’analyse des données dont la première partie regroupait un ensemble
d’opérations préalables à toute enquête de terrain. Au niveau des sites
d’enquête, il fallait d’abord procéder
à des coupes transversales et identifier selon des procédés aléatoires les
perceptions de la pauvreté et inversement du bien-être et de la richesse.
Ensuite venait l’organisation du travail et à
ce niveau, l’équipe devait s’atteler à avoir les informations et faire les
observations suivantes :
Ce travail ne pouvait se faire qu’à partir
d’un guide d’entretien bien élaboré comprenant les différents thèmes qui nous
intéressaient à savoir la définition de la pauvreté, du bien être, de
l’insécurité, du risque de la cohésion sociale, de la priorisation par les
pauvres de leurs problèmes de l’analyse institutionnelle etc. A partir de cette
élaboration, différentes techniques de collectes ont été utilisées :
observation de terrain, biographie, discussion de groupes (Focus – group),
entretiens collectifs et individuels, le diagramme de venn, l’arbre à problème,
la carte sociale et la matrice des revenus.
III°/- Contraintes et Difficultés
L’enquête sur les perceptions de la pauvreté
au Sénégal a révélé des contraintes et des difficultés car il s’agissait de
mener l’étude dans les zones les plus vulnérables et à ce niveau, il n’était
pas évident que les populations collaborent sur un projet aussi sensible.
Au niveau de certaines localités, la
contrainte majeure relevée a été l’observation par les populations du caractère
constant de ces enquêtes qui n’aboutissent à rien.
A chaque fois, il y a des enquêteurs qui
arrivent dans ces localités, posent un certain nombre de questions et s’en vont
et les populations ne savent pas toujours ce qu’il en est réellement. Cet
aspect fait que parfois, nos opinions concernant les objectifs de l’enquête ont
été banalisées.
Ensuite, le choix des enquétés
particulièrement au niveau des ménages et des focus group.
A TIVAOUANE, Pire, Mékhè, il était difficile
d’avoir des chefs de ménages, car ils étaient occupés aux champs. A Mbour
Sérère Kaw, Darou Salam et Thiocé Est à Mbour, les jeunes, pour la majorité des
pêcheurs ou vivant des produits de mer, étaient absents tout le long de la
journée.
Enfin la conception que les jeunes se
faisaient de nous – mêmes. Avec l’alternance, au niveau des localités comme les
villages par exemple, les populations ont cru que notre travail consistait à
venir financer des projets.
La sensibilité du sujet a fait que les
enquêtés n’ont pas voulu se dévoiler et se donner à fond malgré les subterfuges
utilisés ça et là pour les toucher. Nous pensons que les individus ont pour la
plupart des trajectoires sociales et des expériences intéressantes à priori,
mais cela n’est pas toujours évident car certains ont préféré s’en tenir aux
questions posées et ne pas dévoiler leur intimité. Une autre difficulté à
laquelle nous nous sommes heurtés, c’est le montant de la dépense quotidienne
que les chefs de ménage n’ont pas toujours voulu nous donner.
Il faut également
noter que les populations sont particulièrement susceptibles à chaque fois
qu’il s’est agit de donner son âge et le nombre d’enfants. Une règle sociale
diffuse dans certains milieux veut qu’à un certain âge, il est plus recommandé
de ne pas donner son âge et le nombre de ses enfants.
IV/°- LIMITES
DES DONNES RECUEILLIES
Au cours de cette présente enquête beaucoup
de données relatives aux thèmes des conditions de vie, de l’accès aux services
sociaux de base, du bien être et de la pauvreté, de l’exclusion, de la cohésion
sociale, etc, ont été recueillies.
En réalité, il ne
s’agissait pas simplement de se baser sur un outil pour recueillir des
informations, il fallait aussi mener des observations au niveau des localités
et des ménages visités pour se faire une idée première de la disposition des
lieux.
Aussi, l’ensemble des outils ont été utilisés
mais pas dans toutes les localités et l’ensemble des thèmes ont été traités en
respectant tous les critères de scientificité.
Il n’empêche que les données recueillies peuvent présenter des limites en raison
de la tendance des groupes à se masquer ou simplement à se glorifier et à se
valoriser. Ce piège a été contourné grâce aux observations et aux
triangulations qui ont été faites.
La guidance des informateurs, particulièrement
à Tivaouane dont l’équipe a noté que l’informateur a donné l’impression de
vouloir nous canaliser et nous orienter vers ses relations. Ceci s’est révélé
aussi à Thilmakha où l’ensemble des groupements féminins, même des villages
alentours nous ont précédé et nous avons pensé que cela était dû à une mauvaise
information sur la nature de notre travail. Il faut aussi dire que
l’information au niveau des villages et quartiers a été véhiculés par les chefs
de CER et chefs de village.
Aussi, il ne faudrait pas tomber sous le signe
de l’exagération des populations qui ont tendance à se lamenter et à en faire
trop dés lors qu’elles pensent qu’il y ‘a des financements en vue.
De manière générale, les données présentées dans ce présent rapport peuvent être considérées comme fiables dans la mesure ou elles ont été recueillies avec le maximum et de rigueur.
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