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PREMIERE
PARTIE : PROBLEMATIQUE DE L’ETUDE
I°/- OBJECTIF DE L’ETUDE
L’étude sur les perceptions de la pauvreté au
Sénégal procède par une approche participative impliquant l’ensemble des
acteurs des services étatiques, du secteur privé, de la société civile et des
partenaires au développement.
La réflexion sera basée sur les données
statistiques disponibles mais celles-ci devront être complétées par une enquête
de perception dont la finalité sera de rendre compte de la façon dont les
pauvres et les populations en général perçoivent le bien-être et la pauvreté.
En effet la perception que les populations ont
du bien-être, de la pauvreté, de ses manifestations et des facteurs dominants
détermine dans une large mesure leurs comportements et leurs réactions par
rapport aux politiques publiques. Il s’avère donc nécessaire d’intégrer cette
perception dans la phase de définition de la stratégie de réduction de la
pauvreté.
En complément des données fournies par l’ESAM,
les enquêtes sur la perception de la pauvreté par les pauvres ont pour
objectifs de:
Le Sénégal s’est engagé à l’instar de la
plupart des pays africains à réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015
conformément aux engagements de COPENHAGUE. Ainsi le gouvernement du Sénégal
s’est engagé auprès des institutions de Bretton-Woods à élaborer un
« Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) » en fin
Décembre 2001.
Le but visé par le DSRP est de saisir la
réalité de la pauvreté sous toutes ses formes pour définir les objectifs et les
domaines d’intervention en mettant l’accent sur les résultats qui guident
l’intervention publique, en encourageant la participation de tous les acteurs
dans un cadre macro-économique cohérent devant promouvoir une croissance de
qualité.
Le DSRP qui sera le cadre de référence du
Gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté doit être (i) un outil de
coordination pour impulser le partenariat entre les différents acteurs (ii) un
instrument de mobilisation de ressources et de recentrage des actions de
développement de l’Etat autour d’objectifs clairement définis, assortis
d’indicateurs de performance et d’impact ; (iii) un cadre pour un développement
communautaire efficace. Pour en assurer une appropriation par les acteurs, il
devra être élaboré selon un processus participatif large qui prendrait en
compte l’ensemble des partenaires et la société civile.
Le DSRP doit permettre de :
La finalité de l’étude est de proposer un
cadre stratégique global qui assure la cohérence entre les objectifs
macro-économiques et ceux de lutte contre la pauvreté et de définir un
dispositif permanent dans le cadre de l’évaluation et du suivi des indices
socio-économiques des politiques de lutte contre la pauvreté.
III°/- PRINCIPALE HYPOTHESE
L’étude perception de la pauvreté dans la
région de Thiès a permis de relever quelques constats majeurs qui peuvent ici
être formulés sous forme de thèse centrale.
En effet, les perceptions relatives à la
pauvreté et au bien – être ont été saisies à travers une multitude de
sémiologies populaires qui se fondent sur des valeurs endogènes et exogènes et
qui constituent un système de repérage des acteurs dans leur environnement
social, politique, culturel et économique. Ainsi les notions
« taqale » (joindre plusieurs bouts), « kër këri » (se
débrouiller) « lijënti » (régler) sont les plus récurentes et
symbolisent les modèles de vie des populations pauvres qui s’expriment par uen
gestion au quotidien de l’économie domestique. La survie des familles n’est
plus entre les mains du chef de famille ou de l’aîné, elle est désormais
l’affaire de chaque membre de la famille en âge d’exercer une activité
génératrice de revenus. Il en est résulté un rééquilibrage des rapports sociaux
de sexe au sein de l’espace domestique. Cette nouvelle redistribution des rôles
au sein des ménages et familles enquêtés semble s’opérer au profit des femmes
qui sont de plus en plus impliquées dans la gestion de l’économie domestique.
Ce rôle accru des femmes résulte de plusieurs facteurs combinés dont les plus
essentiels sont : régime polygamique, pouvoir d’achat des hommes de plus
faible, absence de relève générationnelle, etc. Les hommes semblent perdre leur
pouvoir économique au profit des femmes, de la même manière les rapports
d’aînesse sont aujourd’hui reconsidérés et sont fonction du pouvoir économique
des membres de la famille. Il est apparu nettement, au cours de cette enquête, que
l’individu le plus considéré au sein des familles est celui qui draîne un lot
important de ressources financières. Une des conséquences majeures de cette
reconfiguration des liens sociaux à l’intérieur des familles est que les jeunes
se retrouvent dans une position sociale inconfortable renforcée par le chômage,
l’entrée tardive dans le secteur productif et l’amenuissement des ressources
des aînés. Ces derniers, à cause des lourdes charges qui pèsent sur eux, sont
obligés d’abandonner des postes budgétaires dont ils étaient responsables.
C’est pourquoi, aujourd’hui, la vulnérabilité des jeunes s’accroît davantage et
est fonction de l’appui que leur apportent les autres membres de la famille.
Raison pour laquelle nous avons noté un
glissement des modèles de réussite sociale vers celui incarné par les
« modou – modou » (émigration) qui signifie aux yeux des pauvres le
seul moyen de parvenir à l’echelle Sociale Supérieure et de sortir, enfin, de
la misère et de la précarité.
IV°/- CONTEXTE DE LA ZONE D’ETUDE
1°/- Caractéristiques de la région de Thiés
v Au plan géographique
D’une superficie de 6601km2, soit 3,35% du
territoire national, la région de Thiés fait partie avec Dakar et Diourbel des
plus petites du pays. Elle est limitée par les régions de Louga au nord, de
Fatick au sud, de Diourbel à l’Est, de Dakar et de l’océan atlantique à
l’ouest.
Au plan physique la région de Thiés est
constituée d’un relief relativement plat. Les espèces végétales les plus
rencontrées sont le baobab, le ronier, le cadd. La faune recèle diverses
espèces (lièvres, perdrix, chats sauvages).
Et la région possède d’importantes nappes
souterraines et superficielles, l’eau est généralement de bonne qualité
(salinité inférieure à 0,3g/l) et la moyenne pluviométrique est de 300 à 500mm.
v Au plan éco
géographique :
La région de Thiés peut être divisée en quatre
zones.
Elle est située au sud-ouest de la région et
s’étend de Toubab Dialao au sud de Joal Fadiouth sur une superficie de 255Km2.
v Au plan administratif :
La région de Thiés comprend trois (3)
départements (Mbour – Thiés- Tivaouane), neuf (9) communes (Mbour, Joal
Fadiouth, Thiadiaye, Nguékhokh pour le département de Mbour Thiés, Pout,
Khombole pour le département de Thiés et Tivaouane Meckhé pour le département
de Tivaouane), dix (10) arrondissements, trente et une communauté rurale et
plus de 1722 établissements humains.
v Au plan démographique :
La région de Thiés occupe la deuxième place en
importance après celle de Dakar avec 13,64% de la population nationale et un
taux de croissance moyenne de 2,7% par an. De 941.151 habitants en 1988, la
population régionale est estimée en 2000 à 1.310.933 habitants .
La densité de population est de 198 habitants
au km2 en 2000. La population urbaine est estimée selon le PNAT* de 39% en
2000. Plus de la moitié de la population est composée de wolofs ( 54%), de
séréres (30%), de halpular (14%), diola (1%), autres 1%.
Cette population est marquée par la prédominance de sa
jeunesse : 58,2% ont moins de 20ans, 35,9% entre 20 et 59 ans et 5,8% ont
plus de 60ans. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes (51,6%, 48,4%)
avec un rapport de masculinité de 94 hommes pour 100femmes. La population
régionale est aussi marquée par un taux élevé d’analphabétisme général de
50,15% dont plus de 60% chez les femmes.
v Au plan de la répartition
spatiale :
La population de la région est inégalement
répartie à travers les 3 départements, les résultats du recensement général de
la population et de l’habitat (RGPH) de 1988 ont montré que les communautés
rurales de la région de Thiés présentent toutes des densités supérieures à la moyenne nationale qui est de 35
habitants/km2. Les communautés rurales de Djender Guedj, de Ngoundiane et de
Touba Toul dans le département de Thiés présentent les plus fortes densités
comprises entre 160 et 190 hbts/km2, la communauté rurale de Notto entre 90 et
109 hbts/km2, celle de Tivaouane au nord avoisinant entre 75 à 85 hbts/km2,
alors que celle de Mboro au nord-ouest a le poids démographique le plus
important avec plus de 40000hbts.
Suite au déclin de l’activité traditionnelle
dans le bassin arachidier la répartition géographique révèle la tendance au
regroupement des habitants de la région vers les zones permettant une plus
grande flexibilité dans les activités économiques comme la pêche, le
maraîchage, l’arboriculture et le commerce.
Cette tendance à pour conséquence un
accroissement de la population et des extensions anarchiques et irrégulières
sur le plan de l’habitat et au plan agricole une très forte pression sur les
terres agricoles rares et fragilisées par la sécheresse et la monoculture
arachidière.
v Au plan des mouvements
migratoires :
On constate un exode rural important des
populations en direction des centres urbains exode dû à la dégradation des
conditions de vie en milieu rural et aux disparités existants entre les
départements d’une part et entre les zones rurales et urbaines d’autre part.
Selon le recensement de 1988, 15,4% de la
population régionale ont changé de résidence. Les départements de Thiés et
Mbour beaucoup plus attractifs ont attiré respectivement 47,6% et 37,2% d’entre
eux, Tivaouane seulement 15,2% du fait de son potentiel économique réduit et de
l’enclavement de certaines de ces zones.
la région de Thiés du fait de sa position de carrefour est une zone
d’immigration. L’afflux de migrants attirés par la région est dû entre autres à
la proximité de Dakar, au poids économique de Thiés et au coût de la vie plus
abordable dans la région.
Sur le plan de l’émigration la région de Dakar
accueille plus de la moitié des départs de Thiés (jeunes à la recherche
d’emplois) ensuite viennent les autres régions que les thiéssois explorent à
cause de la recherche de terres de culture (sine saloum) ou pour des motifs
religieux (Diourbel, Touba).
L’émigration dans la région sous sa forme
internationale (France, Italie, Allemagne et les Etats Unis), bien que mal
connue (par rapport aux régions de Diourbel et de Louga) prend de plus en plus
de l’ampleur.
v Environnement et cadre de vie
La région de Thiés compte des communes qui
sont des pôles attractifs marqués par un accroissement rapide de leur
population et des extensions anarchiques et irrégulières. La densification de
la population autour des foyers d’activités a des répercussions sur le cadre de
vie. Ainsi la pollution est un fait commun dans les trois départements :
la pollution industrielle sévit à Mboro, Taïba, Darou Khoudoss….les terres
agricoles et les productions font ainsi les frais de cette atteinte
environnementale dont les effets sont comparables aux séquelles de la
sécheresse.
En ce qui concerne l’érosion elle est
multiforme : il y a d’abord l’érosion marine avec l’avancée de la mer, de
Joal à Tilène, due à un recul du littoral qui subit un excès de prélèvements du
sable de construction (toutes les carrières de sable sont concentrées le long
du littoral).
L’érosion est aussi continentale avec la
dégradation des sols et de l’habitat par les eaux de ruissellement. Le
phénomène de l’insalubrité est toujours tenace dans la région. L’encombrement
des rues, des canaux (parfois inexistants), des évacuations des eaux usées, des
plages, des dépôts d’ordures (qui souffrent d’un défaut d’enlèvement), sont des
facteurs qui ajoute à la précarité des conditions sanitaires de la région.
2°/-Structures socio économiques de la
région de Thiés
La région de Thiés
est perçue aujourd’hui comme deuxième pôle socio économique national après la
capitale. Ce dynamisme s’explique par sa position de carrefour et centre
régional proche de Dakar et ses réseaux structurants et par un certain nombre
de facteurs dont la situation géographique côtière de la région la diversité et
l’importance des ressources (minières et agricoles) mais surtout grâce à une
mise en valeur des ressources et des potentialités.
Chacun de ces aspects renferme une dynamique
propre qui confère à la région un enjeu réel au regard du processus de
développement.
En ce qui concerne les activités économiques,
la région de Thiés occupe une place importante dans plusieurs secteurs de la
vie économique : la pêche, les industries et mines, le tourisme, le transport,
l’élevage, l’agriculture, les télécommunications.
v
La
pêche :
La région de Thiés occupe la première place en
matière de pêche artisanale (40% de la production nationale) et dispose :
-
D’une façade maritime
qui s’étend de Cayar à Diogo (120km) comprenant cinq centres de pêche et
caractérisée par deux saisons de pêche : la campagne de pêche de Cayar
(Janvier-Juin) et celle de Mboro et de Fass Boye (Juin-Août).
-
D’une façade maritime
sud appelée petite côte (75km) qui comprend 15 sites de pêche et où cette
activité est pratiquée toute l’année.
La quasi-totalité de la flotte régionale est
motorisée. Il faut noter aussi la présence en aval de structures intervenant
dans le traitement, la conservation et
la fabrique de glace (capacité de stockage de 150t/jour).
v Industries et Mines :
La présence des gisements du chemin de fer
comprend un statut avantageux à la région de Thiés. Elle bénéficie d’un
potentiel de gisements de tourbe de plus de 40 millions de m3 dans la zone des
Niayes, de sables titanifères de gaz naturel et de nombreux sites renfermant de
la latérite du grés, du calcaire, de l’argile, du basalte. La région compte en
outre 11 unités industrielles dont :
-
4 unités extractives (
CSPT, SSPT, PROCHIMAT, SENEGAL MINE)
-
2 unités chimiques
(ICS, SIGELEC)
-
3 unités textiles de
base (MSAD – NSTS – FTT)
-
2 unités mécaniques
(SIMAR – SOREM)
-
1 unité de matériaux de
construction (SENAC – ETERNIT)
Ces industries sont concentrées essentiellement dans la commune de Thiés et le département de Tivaouane.
v Le tourisme
Il occupe le 2ème rang dans
l’économie régionale après la pêche. De par sa position géographique, la région
de Thiés offre d’importantes ressources et potentialités touristiques
caractérisées par un climat favorable :
-
Une façade maritime de
200km et un ensoleillement de 24j/mois
-
La proximité de
l’aéroport de Dakar est un accès facile
-
Une richesse culturelle
et historique
-
Des infrastructures
hôtelières et touristiques de grande qualité
-
Une grande possibilité
de diversification touristique (balnéaire, découverte, chasse).
On note cependant une grande disparité dans
l’implantation des infrastructures hôtelières concentrées pour l’essentiel dans
le département de Mbour sur la petite côte.
v
Le
transport :
La région de Thiés est dotée d’un réseau
routier assez important et est un point de rencontre de toutes les lignes de
voies ferrées nationales et internationales.
Malgré les récents investissements routiers
(réhabilitation de la Nationale et la réalisation de quelques tronçons) les
besoins en matière de routes et de pistes de la région de Thiés sont encore
importants.
Les déplacements à l’intérieur de la région
soulèvent quelques problèmes du fait de la nature de certaines pistes de
production et des conditions difficiles de transport.
Quand au transport ferroviaire
bien que très florissant ces dernières années, il connaît une léthargie suite à
la suppression de la ligne Dakar – Sain-Louis.
v
L’agriculture :
Bien que diversifiée du fait de l’importance
des zones éco-géographiques, elle reste
cependant caractérisée par une baisse progressive des emblavures et par la
dégradation des sols. Les principales cultures sont les céréales, l’arachide,
les cultures horticoles et fruitières ; mais les productions agricoles
sont fortement dépendantes de la pluviométrie et de la disponibilité des
intrants.
La culture maraîchère place la région à
la deuxième place nationale avec une
production estimée à 30,25% de la production nationale. L’oignon constitue la
culture la plus importante suivie de la pomme de terre , des choux et de la
tomate.
Le département de Tivaouane fournit plus des ¾
de la production maraîchère et plus du quart de la production régionale, Thiés
est la seconde région productrice de fruits après la casamance.
v
L’élevage :
Cette activité se note surtout à Mbour où se
retrouve plus de la moitié du cheptel, 61,7% des bovins notamment. Trois modes
d’élevage coexistent dans la région. L’élevage de case (qui concerne des petits
ruminants) ; l’élevage semi-intensif (qui concerne surtout les bovins et
est caractérisé par une mobilité tributaire des saisons et des
pâturages) ; l’élevage transhumant (concerne aussi les bovins mais reste
l’apanage des peulhs).
La production de viande est relativement faible (entre
1500 à 2000T/an) mais le lait génère des recettes de l’ordre de plus d’un ½
milliard pour le département de Thiés (moyenne 94-96). Dans les grandes villes
(Mbour – Thies – Tivaouane), 15 fermes laitières abritent un effectif variant
entre 4 et 40 sujets à haut rendement.
Trois petites
unités fromagères sont aussi installées dans les départements de Mbour et de
Thiés. L’aviculture de ponte et de chair met sur le marché quelques 900.000
poulets de chair et environ 26 millions d’œufs issus d’un million de pondeuses.
Tous les ans la commercialisation des animaux sur pied (20000 bovins et 35000
petits ruminants par an) se fait au niveau des « loumas » marchés
hebdomadaires et des forails vers les
grands centres de consommation.
v
L’artisanat
Est un secteur pourvoyeur d’emplois (3883 inscrits au répertoire
des métiers en 2000 (1250 en artisanat d’art 942 en artisanat de service, 1691
en artisanat de production) ), et un milieu propice à l’apprentissage des
jeunes. Mais du fait de son caractère informel cette activité manque de
lisibilité et d’organisation. Néanmoins l’existence d’un village artisanal
dynamique et de localités phares comme Méckhé sont des acquis pour le
développement de l’artisanat dans la région.
v Postes et Télécommunications :
La région de Thiés est assez bien couverte par
le réseau postal (avec 17 bureaux de poste répartis dans les trois
départements), qui constitue l’un des secteurs les plus importants dans la vie
économique et sociale de Thiés. Les postes de la région feraient des recettes
de l’ordre de 6 à 7 milliards de francs par an.
S’agissant des télécommunications, malgré la faiblesse de la téléphonie rurale,
la région de Thiés compte un parc téléphonique assez dense. Elle est la 3ème
(après Dakar et Diourbel) en matière de parc, et la deuxième (après Dakar pour
le trafic). Le chiffre d’affaires enregistré évolue entre 4 et 6 milliards
annuels.
3°/- Accès aux services sociaux de base
Sur le plan de la couverture sanitaire, il existe une
disparité importante entre milieu urbain et rural, aussi bien au plan
infrastructurel qu’au plan des ressources humaines. La situation des
infrastructures en 2000 dans la région de Thiés se présente comme suit :
-
02 hôpitaux régionaux
-
09 centres de santé
-
103 postes de santé
-
222 cases de santé
-
05 centres de promotion
et de réinsertion sociale
-
01 centre de santé
psychiatrique Dalal Xel
Ses infrastructures
sont caractérisées par une répartition inéquitable entre les trois
départements.
La situation du
personnel de santé est aussi caractérisée par son insuffisance et sa mauvaise
répartition.
L’effectif
du personnel est de 537 en 2000 avec les ratios suivants :
-
1 médecin pour 17976
hbts
-
1 infirmier pour 4240
hbts
-
1 sage-femme pour 3562
hbts
-
1 médecin généraliste
pour 78.443 hbts
-
1 chirurgien pour
392.218 hbts
Le personnel médical est surtout concentré dans
les zones urbaines, en particulier les médecins et les sages-femmes. Concernant
la morbidité, sur la base des consultations en 1996 le paludisme vient en
première position avec 30%, suivi des maladies diarrhéiques 22%, des affections
cutanées 20%, des infections respiratoires 18% et des infections urogénitales
moins de 10%.
Eau potable
Chaque résident de la région consomme annuellement
7.2m3 d’eau en 1999 pour ses divers
besoins soit 19.8l/hbt/, ce qui couvre à peine 56% des besoins définis par l’OMS
(35l/j). Cela montre l’ampleur du déficit de la couverture des besoins en eau
de la région. En effet 20,7% des ménages de la région seulement sont concernés
par les branchements SONES (SDE).
Tableau : Pourcentage des ménages selon la source
d’approvisionnement en eau par lieu de résidence (Région de Thiés).
|
Source d’approvisionnement en eau |
Département Thiés Mbour Tivaouane |
Ensemble |
|
Robinet int Robinet ext Total Forage/
pompe Puits int, Puits ext, Total Autres Total |
21.6 9.3 7.4 38.3 33.8 28.6 59.9 43.1 36.0 2.7 7.8 1.9 1.5 1.7 1.1 32.4 42.2 57.8 33.9 43.9 58.7 3.5 5.2 3.4 100 100 100 |
13.4 34.0 47.4 4.1 1.4 43.1 44.5 4.0 100 |
Source : RGPH / 88
La situation des ouvrages hydrauliques en 2000
fait état de 251 forages et puits-forages installés dans 384 villages (Mbour
98, Thiés 90 et Tivaouane 201). Les branchements individuels effectués par la
SDE en 1999 sont de 44.459 dans la région de Thiés (16.358 à Mbour, 19.665 à
Thiés, 5136 à Tivaouane). La région de Thiès compte une usine d’eau Minérale
(Eau minérale de Thiaye à Mont Rolland dans le département de Tivaoune.
Malgré tous ses efforts, force est de constater qu’il
existe encore des écarts relativement importants entre l’offre et les besoins
d’alimentation en eau potable des populations.
De même l’accès à l’électricité est encore un
luxe pour la majorité de la population régionale surtout rurale (moins de 5%
des villages seulement sont raccordés au réseau).
En 1998, sur près
de 2000 localités, seules 71 localités bénéficieraient de l’électricité avec
40677 abandonnés pour une consommation de 135370kw.
v Education et formation
S’agissant du volet éducation, le taux brut de
scolarisation de la région est estimé à près de 70% en 1999, ce qui fait de
Thiés l’une des régions les plus scolarisées, avec cependant des parités
intra-régionales importantes.
Pour l’enseignement élémentaire la région de Thiés abrite en 1999-2000, 2292 classes pour un effectif de 149757 élèves, le ratio élève/classe reste très important (plus de 60 élèves / classe) surtout pour Thiés commune (près de 100 élèves / classes).
L’enseignement moyen public est représenté
dans la région en 1998 par 25 établissements (Thiés commune et Mbour regroupent
des infrastructures 76% des écoles et des élèves), 76,1% qui accueillent 17.685
élèves avec un taux de 37,3% de filles.
L’enseignement secondaire est dispensé dans 10
écoles réparties entre le public et le privé (moins de 10% des effectifs pour
ce dernier). L’équipement scolaire public supporte la lourde charge humaine,
129% de taux d’occupation des classes en 97-98. Les lycées Malick Sy et Demba
Diop souffrent le plus des distorsions entre l’infrastructure et l’effectif.
Les classes pléthoriques entraînent une altération de la qualité de
l’enseignement et un fort taux de déperdition scolaire, surtout les classes de
rupture (cm2, 3ème ,terminale).
Pour l’enseignement supérieur, Thiés est bien doté en
structure. Elle abrite l’école polytechnique de Thiés (EPT), l’école nationale
supérieure d’agriculture (ENSA), l’école nationale des officiers d’active
(ENOA).
S’agissant de la formation des ressources
humaines, la région dispose aussi de diverses écoles de formation :
l’école de formation des instituteurs (EFI), l’école de pédiatrie sociale
(EPS), l’école nationale de développement sanitaire et social (ENDSS),
l’institut santé et développement (IDS) ; ainsi l’académie de Thiés vient
en 2ème position après Dakar avec 22 centres d’enseignement
technique et de formation professionnelle (dont 8 du public et 14 du privé) avec
un effectif total de 2292 classes.
v Alphabétisation
Pour ce qui a trait à l’alphabétisation, le
taux d’analphabétisme est de 52% pour les 9-15ans selon l’EOI de 1996, ce qui
place Thiés au 4ème rang du pays, malgré l’intervention de plusieurs
programmes et projets dans la région. Néanmoins l’action combinée de ces
derniers a permis de faire reculer le taux d’analphabétisme (tout âge confondu)
de 68.5% en 1988 à 64.6% en 1996.
v Daara
L’instruction coranique pratiquée par les « daara » et les classes villageoises revêt une forme non formelle. En l’absence d’une quantification de la couverture de ce volet, on peut seulement noter que c’est à Tivaouane et dans certains villages que les « daara » (écoles coraniques)sont plus implantés. Dans ces zones les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans les daara ; plutôt que dans les écoles modernes.
v Habitat
Avec sa position de carrefour routier et ferroviaire et ses zones à fortes potentialités touristiques, minières, industrielles la région de Thiés fait objet d’une forte demande au niveau de l’habitat. La création de logements relève généralement d’initiatives individuelles. La prise d’acquisition du logement OHLM est passé du simple au double (35000F/mois) à plus de 70.000F/mois).
Les sociétés, telles que les ICS et la SNCS ont réalisé à leur actif des logements sociaux pour leur coopérative d’habitat. La seule ville de Thiés compte 11 coopératives dont les procédures de réalisation des logements sociaux sont en cours. Cependant les matériaux de construction restent inaccessibles du fait de leur cherté en dépit de l’existence de certains matériaux locaux (latérite, argile, sable ….).
La majorité des populations n’a pas accès à un
logement d’où l’entassement dans les maisons et la promiscuité.
L’habitat spontané s’est développé et s’est
accentué dans les communes où de nombreux quartiers non lotis se retrouvent en
plein centre-ville. Ces derniers ont abordé les limites de leur périmètre
communal et par manque de réserve foncière ne peuvent s’étendre que dans les
surfaces des communautés rurales limitrophes créant ainsi des conflits et des
frustrations chez les ruraux qui se retrouvent sans terre (champs).
4°/-Accès des différentes catégories socio économiques
aux ressources et aux services
La région de Thiés
compte 275.466 actifs dont 18.184 chômeurs, soit un chômeur pour 15 actifs.
Cette situation est paradoxale au regard des potentialités économiques de la
région. Mais à l’instar des autres régions, la situation économique de Thiés
est marquée par la persistance d’une crise sans précèdent qui a des
prolongements désastreux dans les traditionnels atouts régionaux. L’agriculture
subit les contre coups de la faible pluviométrie et l’industrie opère ses
mutations à coups de création et de dissolution de certaines entreprises.
Cette situation a des conséquences sur les
jeunes, les femmes les personnes âgées.
Les moins de 20 ans constituent 60% de la
population régionale. De plus en plus soumis aux difficultés croissantes des
conditions de vie, les jeunes voient se réduire l’offre sociale dont ils ont
besoin. Certains éléments de la jeunesse urbaine sont utilisés au niveau de
l’informel (apprentissage, métier commerce).
Les jeunes ruraux quant à eux, face à la
précarité des conditions de subsistance, à la baisse des revenus agricoles,
adoptent l’exode comme seule réponse en l’absence d’autres secteurs économiques
capables d’absorber les actifs que l’agriculture ne pouvait faire vivre. Mais
l’absence d’instruction et le manque de qualification exposent ces jeunes au
chômage ou aux emplois précaires.
Il est à noter aussi le foisonnement des
structures de regroupement (ASC GIE) et autres mouvements de jeunesse. Mais ces
derniers ne bénéficient pas d’appui nécessaire dans la réalisation de leurs
activités. Les problèmes saillants auxquels les jeunes sont confrontés sont le
chômage, le sous-emploi, les difficultés de financements des activités de
jeunesse, l’accès de la terre, au logement, l’insuffisance des structures et
équipements collectifs (écoles, lycée), l’insuffisance d’activités socio
économiques.
Faisant 51.6% de la population régionale, les femmes
malgré les nombreuses corvées domestiques inhérentes à leur statut social,
s’investissent dans plusieurs activités (agriculture, élevage ,pêche, commerce…)
et dans d’autres structures appropriées (groupements féminins, GIE).
Il faut noter aussi que les femmes de la région de
Thiés bénéficient de la sollicitude de multiples agences de crédit CMS, CNCAS,
Fédération des GPF, caisses populaire, des appuis de divers intervenants (ONG,
Projet, Services étatiques), qui contribuent à la mise en œuvre des initiatives
locales (banques céréalières, boutiques communautaires, acquisition
d’équipements), ce qui est d’un grand soutien pour l’amélioration des conditions
de vie de ménage. Malgré tout, il reste que la situation des femmes continue
d’être précaire.
Elles sont faiblement associées au processus
de prise de décision. Le développement des initiatives féminines est
généralement entravé par des pesanteurs socio-culturelles (insuffisance de
qualification liée à leur faible scolarisation, méconnaissance des structures
existantes, discrimination sexuelle nourrie par des tabous et des réflexes
érigés en modèles de comportement quotidien).
Bien que constitu 5.8% de la population, la
promotion des personnes du 3ème âge
( 55ans et plus) n’a pas encore fait l’objet
de programmes d’action spécifiques au niveau régional.
Pourtant cette catégorie est souvent composée de chefs de famille
qui sont encore obligés de supporter les coûts économiques du chômage des
jeunes. Elles sont confrontées à la baisse du pouvoir d’achat, à la non prise
en compte de leurs besoins dans les programmes de développement, à l’absence
d’un système de sécurité sociale surtout celle évoluant dans l’informel, aux
difficultés d’accès aux crédits. En milieu rural et dans certaines zones
urbaines, elles sont avec les femmes, les principales ressources humaines à
cause de la migration des jeunes.
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