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TROISIEME PARTIE
QUE
FAIRE POUR LES COUCHES DEFAVORISEES ?
I. RECOMMANDATIONS DE CIBLAGE POUR ATTEINDRE LES PAUVRES DANS
DIFFERENTS PROGRAMMES DE DEVELOPPEMENT :
Tableau 12 : Ciblage en
milieu rural
|
GROUPES cibles |
Vélingara
|
Kolda |
Sédhiou |
|
J E U N E S |
-
Equiper les paysans, -
Faciliter aux jeunes
l’accès aux de semences -
Faciliter l’accès aux
intrants agricoles -
Rapprochements des élus
locaux aux villages enclavés, -
Faciliter l’obtention de
pièces administratives, |
-
Micro projets générateurs de revenus (PME PMI petit commerce) -Formation
en techniques maraîchères -Equipement
agricole (tracteur et motorisés) -sensibilisation
pour freiner l’exode des jeunes -distribution
des semences de qualité à tous les producteurs sans distinction -distribution
d intrants -encadrement
pour l exploitation de champs collectifs -construction
de digues anti-sel pour la riziculture et l abreuvement du bétail -construction
de ponts et de pistes de production -construction
de forage -lutte
contre les feux de brousse -
appui à l’émergence de
télé services -
création d’industries -
assurer la sécurité des
populations -
renforcement des
capacités en alphabétisation -
construction de cases de
santé et affectation d’ambulances aux chef lieux des CR -
dégager des parcours pour
le bétail -
électrification et
téléphonie des villages -
mettre en place des
structures de commercialisation pour encourager les cultures maraîchères -
édification d’aires de
jeux et d’espaces de loisir pour les jeunes dans les villages -
meilleur rapprochement
des services de l’élevage aux CR -
lutte contre les feux de
brousse |
-
Barrage de retenue, -
Accès aux semences, -
Accès au matériel
agricole, -
Accès au crédit, -
Renforcement des capacités,
-
Désenclaver les villages |
|
F E M M E S |
-Moulin
à mil -barrage
de retenue -Equipement
maraîcher (traction clôture animaux de traite) Access
au crédit à des conditions avantageuses -construction
de cases de santé -Relèvement
du niveau d encadrement des femmes |
-faciliter
l accès au crédit aux couches vulnérables -Equiper
la paysannerie féminine -Renforcer
les capacités féminines -moulins
à mil et batteuse -
financement de GPF -construction
de forage -rendre
les semences accessibles aux femmes -bassin
de rétention |
-
Digue anti sel, -
Accès des femmes aux
semences d’arachide, -
Accès pauvres aux micro
crédits, -
Distribution de vivres de
soudure |
|
H O M M E S |
-
accès à l’équipement
agricole -
baisse des prix des
denrées de première nécessité -
rendre le crédit accessible
aux pauvres |
-
Equipement agricole
(Tracteurs, charrue, semoir, Houe sine, etc. ) -
Fourniture d’intrants à
des coûts subventionnés par l’Etat, -
Multiplier les bassins de
rétention, -
Faciliter l’accès aux
services de santé, -
Réductions des prix des
denrées de premières nécessité |
-
Edification de digue anti
sel, -
Equiper le paysannat -
Faciliter l’accès aux
intrants agricoles -
Construction de puits
forages -
Ouverture de nouveaux
fronts pionniers pour les villages coincés par des forêts classées |
Tableau
13. Ciblage en milieu urbain|
Département GROUPES
cibles |
Vélingara |
Kolda
|
Sédhiou |
|
J E U N E S |
-
Création d’unités industrielles -
équipement agricole (traction animale et
motorisée) -
accessibilité aux intrants agricoles -
baisse des prix des denrées de première
nécessité -
micro projets (embouche, maraîchage’ enlèvement
d’ordures, petit commerce) -
achèvement du lotissement des quartiers
périphériques -
délocalisation de l’abattoir -
électrification des quartiers pauvres -
édification d’aires de jeux -
construction de centre de formation
professionnelle -
intervention des ONG dans la commune -
bibliothèque publique -
recrutement des jeunes à la SODEFITEX -
Décentralisation des documents administratifs
(passeport casier judiciaire certificat de conformité) -
Contrôle des exploitants charbonniers -
Revoir le système de distribution des semences |
-
Régénération du sol dégradé -
Equipement en matériel agricole -
Trouver de l’emploi aux jeunes -
Assainissement des quartiers -
Electrification des quartiers pauvres, -
Renforcer les capacité des jeunes et des femmes,
-
Faciliter aux pauvres l’accès aux crédit, -
De l’aide publique aux personnes les plus
défavorisées, |
Améliorer le réseau de
communication ( RTS radios privées Réseau GSM -renforcement des capacités
des jeunes avec CFP -Retour de l encadrement Paysan -Conserverie de poisson -Un centre culturel -Une université -Création d'un espace de
loisir des jeunes -Campagne de sensibilisation
sur l’hygiène et la santé des populations -création de PMI de
transformation des fruits domestiques (mangues, oranges, etc.) et sauvages
(madd, nete, ditax, etc.) -
équipement agricole (traction animale et
motorisée) -
accessibilité aux intrants -
édification de barrages de retenue et de digue
anti sel -
construction de routes pour désenclaver la
région -
financement du GIE « Sobeya » -
électrifier la ville et les quartiers
défavorisés |
|
F E M M E S |
-
résorber le chômage des jeunes -
formation en entreprenariat féminin (formation
professionnelle en couture, coiffure, …) -
Faciliter l’accès au crédit -
Encadrement dans les activités de maraîchage -
renforcement des capacités -
trouver un cadre d’encadrement pour les veuves |
-Création d’industries pour
résorber le chômage des jeunes -création de PME de
transformation de mangue -Renforcement des capacités
des femmes ( gestion et comptabilité, technique de maraîchage, ) -Aménagement du fleuve
Casamance pour l exploitation de cultures maraîchères en toute saison - Encadrement dans
l’exploitation et la valorisation de produits de cueillette, -Usine de fabrication de
plastique Assainissement des quartiers
périphériques -Electrification -Rendre accessible le crédit
aux pauvres -Mise en place de banque de
céréales -Installation de moulin de
quartier, décortiqueuse, torréfacteur -mutuel de santé - appui aux handicapés |
-
Construction de digne anti sel et de barrage de
retenue, -
Financements de micro entreprise (maraîchage,
petit commerce, transformation des mangues, des fruits de cueillette
sauvage ; etc. ) -
Créations d’industries pour l’emploi des jeunes,
-
Faciliter l’accès aux équipements agricoles, -
Distribuer aux femmes des intrants |
|
H O M M E S |
- Equipements agricoles aux
défavorisés -
Baisse des prix des denrées de première
nécessité -
construction de poste de santé -
assainissement des quartiers périphériques -
achever le lotissement des quartiers périphériques -
électrification des quartiers pauvres -
encadrement des pauvres pour la mise sur pied de
micro projets -
distribution de vivres de soudure -
baisse des prix des médicaments -
achèvement des travaux de raccordement de bornes
fontaines -
construction de postes de santé -
construction d’un hôpital -
Accès des pauvres aux micro crédits -
renforcement des capacités des pauvres -
Reclassement des exclus -
Réintégration des marginaux -
Revalorisation de la pension de retraite -
Accès des retraités à des crédits appropriés |
-
Ramener l’usine de décorticage d’arachide qui
était transférée à Zinguinchor, -
Monter une usine de transformation de mangues -
Rendre accessible le matériel agricole -
Rendre accessible les intrants, -
Lotissement des quartiers défavorisés -
Faciliter l’accès au crédit, -
Créer des s emplois pour les jeunes, |
Restitution et génération du
capital sol dégradé -Baisse du prix des denrées
de première nécessité -Distribution des vivres de
soudure -Moyens de commercialisation
de produits agricoles et de cueillette -Amélioration des conditions
de vie des retraités -Programme d amélioration
génétique des races bovines -
appui aux micro projets : aviculture, commerce, pêche, embouche
ovine et bovine, maraîchage, prestation de services -
PME de transformation des produits de cueillette -
Facilité l’accès à l’équipement agricole -
Financement de projets de bananeraies -
Financement du GIE « Sobeya » -
Construction de piste de production pour
améliorer le transport -
Facilité l’accès au crédit par la réduction des
taux d’intérêt, l’allègement des conditions d’éligibilité |
SECTEURS
|
PROBLEMES |
CAUSES |
IMPACT
SUR LA VIE DES POPULATIONS |
RECOMMANDATIONS |
AGRICULTURE
|
-Manque de matériel agricole -Obsolescence de l’équipement -Forte utilisation d’un matériel agricole rudimentaire (daba,
« kubadur »,…) -Coût élevé des facteurs de production :
intrants (semences, engrais, pesticides, herbicides, fongicides,…) et de
l’équipement (charrues, houes, semoirs, butteurs, pompes pesticide,
charrettes, tracteurs, motopompes,…) -Baisse de la fertilité des terres exploitées -Salinisation des rizières -Récurrence des cycles de sécheresse -Insécurité du statut foncier chez les colons -Dysfonctionnement de l’encadrement rural
(caution solidaire à la SODEFITEX, retard dans le démarrage des campagnes
cotonnière et arachidière, irrégularités dans la distribution des semences
d’arachide, dans la commercialisation, retard de payement des producteurs) |
-
Suppression du PA[1],
marginalisation des producteurs non cotonniers par la SODEFITEX -
Non renouvellement
du matériel d’âge compris entre 15 et 30 ans -
Non accès au
matériel agricole moderne -Détérioration des termes de l’échange, désengagement
de l’Etat, dévaluation du franc CFA -
Surexploitation,
processus culturaux inadaptés, faible utilisation d’engrais, faible
interrelation agricuture/élevage, réduction de la durée des jachères -
Baisse de la
pluviométrie, intrusion marine -
Déforestation,
péjorations climatiques -
Colonisation
irrégulière de terres, rigidités des Conseils Ruraux, lenteurs
administratives, timide intégration sociale et culturelle -
Désengagement de
l’Etat, politiques d’ajustement structurel, effritement de l’autorité de
l’Etat, agissements controversés des acteurs |
Faiblesse des superficies cultivées, allongement
des temps de travaux agricoles, baisse des rendements agricoles -
Idem -
Faiblesse des
superficies cultivées, allongement des temps de travaux agricoles, baisse des
rendements agricoles et complications sanitaires (courbatures, maux de dos,
…) -
Sous équipement
des producteurs, ²faible production, recours à l’emprunt ou la location de
matériel, échanges force de travail/matériel agricole, retards dans les
travaux agricoles -
Baisse des
rendements, déficit vivrier, allongement de la soudure, recours aux prêts
usuraires -
Perturbation du
système de production rizicole traditionnelle, déficit chronique de la
production rizicole, fragilisation de l’économie domestique (en milieu
mandingue notamment) -
Perturbation des
systèmes de production culturaux et pastoraux, disettes, décimations de
bétail -
Conflits fonciers
entre allochtones et autochtones, déforestation, occupation des forêts
classées -
Désorientation et
frustration du paysannat, abandon de la culture cotonnière, insécurité du
statut du paysan, recours à la pluriactivité |
- Favoriser l’éclosion de politiques
d’équipement des petites exploitations familiales, subvention de l’Etat et
mise en place d’une structure chargée d’équiper les couches vulnérables. -
Améliorer les
aptitudes techniques des forges rurales ; Renouvellement permanent du
matériel -
Permettre aux
pauvres sans ressources de disposer d’équipement agricole à des conditions
d’éligibilité très souples. -Poursuivre le programme de phosphatage avec au
préalable une sensibilisation sur l’utilité et l’utilisation des
produits Edification de barrages de retenus et de digues
anti sel Suivi dans le reboisement des quotataires de
coupe, Contrôler l’installations de populations dans
les forêts et une large concertation sur la problèmatique de nouveaux fronts
pionniers n’entamant pas les intérêts des couches locales vulnérables. -Engager une concertation sur la caution
solidaire regroupant la SODEFITEX et
les organisations paysannes. |
|
MARAICHAGE |
-
Accès à l’eau -
Accès aux intrants
-
Accès au crédit -
Ecoulement des
produits |
-
Profondeur de la
nappe, assèchement précoce des marigots temporaires -
Cherté des
intrants -
Inadéquation du
système de crédit -
Enclavement,
absences de réseau routier, de piste de production |
-
Réduction des
surfaces exploitées -
Des
rendements faibles -
Modicité des
investissements -
Non rentabilité de
la production, baisse du pouvoir d’achat des femmes |
-
Permettre aux
femmes démunies d’avoir accès à l’eau pour le développement de la culture
maraîchère -
- Subvention des
intrants -
- Reconsidération
de l’accès au micro crédit -
- Désenclaver la
zone par des pistes de production praticables en toute saison |
|
ELEVAGE |
-
Problème
d’abreuvement du bétail -
Déficit de
pâturage en une certaine période de l’année -
Santé animale
fragile et fréquentes endoties -
Absence d’économie
fondé sur l’agropastoralisme système « intégré » complémentaire entre
l’agriculture et l’élevage. |
-
Baisse et
irrégularité de la pluviométrie -
Alimentation
difficile du troupeau -
Maladies
parasitaires , maladies infectieuses , maladies telluriques , existence de
« champs maudits » -
Mauvaise
organisation su système de commercialisation du bétail |
-
Assèchement
précoce des marres -
Bazardage des plus
faibles -
Diminution du cheptel, déclassement social - Bradage des animaux |
-
Multiplier les
bassins de rétention, juguler le déficit de forage -
-Sensibiliser,
former et éduquer les éleveurs, -
Organisation d’une
foire à bétail, intensification , sensibilisation sur la rentabilisation
économique du bétail |
|
PECHE |
-
la salinisation
des eaux douces, -
Matériel de pêche
rudimentaire -
Sous exploitation
du potentiel halieutique |
-
l’intrusion marine
-
manque de moyens
pour moderniser la filière -
Faible importance
de la pêche dans la tradition socioéconomique |
-
Perturbation des
écosystèmes, -
Pratique d’une
pêche artisanale, faiblesse des mises à terre. -
Faible engouement dans
l’activité de pêche, faiblesse des mises à terre |
-
-Edification de
digues anti sel -
- Modernisation de
la pêche continentale -
- Equiper les
pêcheurs |
|
HYDRAULIQUE |
-
Profondeur de la
nappe phréatique dans certaines zones -
Déficit de forages
et de puits forages pour
l’alimentation des hommes et du bétail -
Difficultés liées
à l’exhaure |
-
sécheresse, baisse
de la pluviométrie , cuirassement -
Insuffisances des
investissements de l’Etat dans la politique de l’eau, problème de maintenance
des ouvrages -
Profondeur de la
nappe phréatique, inadaptation de la région pour les équins plus aptes à
faire remontée l’eau. |
-
déficit en eau en
saison sèche, perturbations des activités jardinatoires -
migrations
temporaires du bétail vers des points d’eau, corvées dans la recherche de
l’eau -
difficile accès à l’eau |
-
- Puits /
Forages
puits hydrauliques -
Multiplication des
points d’eau |
|
COMMUNICATION |
-
Déconnexion
géographique -
Déconnexion
communicationnelle |
-
enclavement de la
région -
|
|
-
Désenclavement de
la région -
Connexion au
réseau GSM |
|
FORESTERIE |
-
Déforestation -
Empiètement sur
les aires classées |
-
Cycles de
sécheresse, facteurs anthropiques (abattages, émondage abusifs de certaines
essences comme le ven) -
Surexploitation
des terres cultivées et faiblesse du maintien de la fertilité |
- |
-
Contrôle des
coupes et association des Présidents des communautés rurales aux affectations
des quotas aux exploitants charbonniers -
- Meilleure
intégration |
|
EDUCATION/ FORMATION |
Présence de nombreuses écoles à cycle incomplet Faible capacité d’initiative des populations
pauvres Faible taux de scolarisation des filles |
Faible engouement des populations pour l’école |
Faible taux de scolarisation |
-Une politique d’incitation à l’inscription à
l’école -Construction de classes dans les zones
enclavées -Construction de nouveaux lycées |
|
SANTE |
Faible densité des structures sanitaires Manque de structure sanitaire spécialisées La cherté des médicaments |
Insuffisance des investissements dans le secteur
de la santé |
Etat grabataire des populations, déplacements
des populations dans d’autres régions (Tambacounda, Ziguinchor) |
Multiplication des infrastructures sanitaires |
|
CER |
Sous utilisation du potentiel technique et de
l’expertise des Chefs de CER |
Le manque de moyens et la restriction de leur
mission aux seconds rôles |
La fragilisation de l’encadrement rural |
Réhabilitation des CER et leurs dotations en
moyens suffisants. En faire les partenaires privilégiés et le coordonnateur
des activités de toutes les structures de développement intervenant dans
leurs zones |
|
Société
civile |
Déficit de concertation |
Superposition d’activités, manque de
complémentarité des actions dans un cadre unitaire afin de développer des
pôles de croissance économique |
Inéfficacité des actions, impacts faibles,
pérénisation hypothétique, deconnexion des populations et manque d’engouement
sincère par rapport aux actions au « suivi incertain » |
Cadre de concertation fonctionnelle, définition
de politiques d’intervention complémentaires permettant de rendre mieux
visibles leurs actions et leur pérénisation. |
|
CREDIT |
Inadaptation du système de micro-crédit actuel
dans le ciblage des pauvres |
Conditions d’éligibilité ne les favorisent |
Marginalisation des pauvres dans l’octroi de
crédit |
Créer des banques de crédit pour les pauvres |
|
Collectivités
locales |
Incapacité des collectivités locales à prendre
en charge leurs compétences transférées |
Insuffisance de moyens des politiques des
collectivités locales, |
Paralysie |
-
Renforcement des
capacités des élus locaux, -
Appui de l’Etat
aux communes rurales, -
trouver les moyens
de recouvrer la taxe rurale |
|
EMPLOI |
Chômage endémique des jeunes et sous emploi
prononcé des couches vulnérables |
Insuffisance d’entreprises pourvoyeuses d’emploi
et insuffisances des capacités d’initiatives des pauvres , I’Accès difficile des pauvres au crédit |
Paupérisation prononcée des masses |
Favoriser la mise en place de Pme/Pmi de
transformation de fruits domestiques et sauvages, création de micro projets
de maraîchage, Renforcement des capacités des jeunes et des
femmes, faciliter l’accès des pauvres au micro crédit |
|
ENERGIE |
Faible niveau d’électrification aussi bien
rurale qu’urbaine |
Faible investissement dans le secteur de
l’énergie, incapacité des collectivités locales à prendre en charge ce volet
du fait de la faiblesse de leurs ressources ; |
Communes mal éclairées ; électrification
rurale très faible |
Extension du réseau électrique en milieu
rural ; Appui aux communes dans leurs politiques
d’éclairage public |
Au
sortir de cette étude, il apparaît que la pauvreté liée aux matérialités est
partout présente dans la Région. Les populations de la Région de Kolda
souffrent de plusieurs manques qui se reflètent dans l’expression
populaire : « baasdo ko mbo
alaa ko ñaami, mbo selaani, mbo alaa nguure, baasdo woni mbo alaa naï, alaa
mbaali, alaa bei, baasdo wuurat e
toroyaade , baasal ko angal
rafi.hakile. .» La pauvreté est dans ce contexte liée à
l’alimentation, à la santé, au troupeau et à un ensemble de déficits pour ne pas
dire de manques.
L'enquête
sur les perceptions de la pauvreté dans la région de Kolda révèle plusieurs
aspects de la précarité des conditions de vie des populations. Les couches les
plus démunies sont celles qui sont devenues incapables de prendre leur destin
en main. L’incapacité dans laquelle elles sont plongées les relègue au bas de
l’échelle sociale. Elles ne vivent qu’aux dépens des autres et, par ce fait,
sont devenus « des déchets humains ». Cette catégorie représenterait
plus des 2/5 de la population. Les pauvres sont moins affectés que les très
pauvres mais vivent dans un état de délabrement mental et psychologique. Ce
sont des hommes et des femmes capables encore de réagir mais qui vivent si
profondément la crise qu’ils accusent tout le monde (l’Etat, les sociétés de
développement, etc.) d’être responsable de leur situation de précarité.
L’équilibre de leur vécu quotidien est longtemps rompu. Ce dénuement ne leur a
pas encore pour autant empêcher de recourir à des stratégies de captation de ressources
très variées (le maraîchage, le petit commerce, la cueillette, …). Le
maraîchage est devenu une activité qui prend de l’allure au Fouladou et au
Pakao mais le déficit en eau, le manque d’encadrement, la vétusté du matériel
agricole, la difficulté d’écoulement des produits sont autant de facteurs qui
limitent son développement. Le petit commerce pratiqué grâce aux prêts des
structures de crédit et d’encadrement telles que le CMS, le CAPEC ou le CRS
etc. est victime des conditionnalités pas très appropriées pour des couches si
vulnérables. Que cela soit à Sédhiou, à Vélingara ou à Kolda les femmes qui en
sont en général les principales bénéficiaires déplorent les conditions
d’éligibilités et de remboursement. Il n’y a pas encore de structure de crédit
pour pauvres dans la région. Les moins touchés par la précarité n’en sont pas
moins totalement épargnés à cause du mode de fonctionnement des relations
sociales. Leur situation de « favorisés » en fait une source de
projection sociale mais aussi de principal recours à tout moment. Ce qui
affaiblit ces moyennement aisés obligés de recourir à des stratégies de
barricadement pour échapper aux multiples « agressions » dont ils
sont victimes. Dans leur façon de solliciter de l’aide les pauvres semblent culpabiliser les plus nantis qui, parfois à
contrecœur, répondent favorablement même si c’est à moitié. Ils se résignent à
donner. La cueillette est quant à elle freinée par l’enclavement de la région.
Les cueilleurs ne trouvent de débouchés et n’ont pas de pistes de production
viables au-delà des contraintes liées à l’encadrement de cette filière à fort
taux de rentabilité.
Habitée
par des populations vivant essentiellement de l'agriculture, Kolda dégage une
spécificité qui réside dans le fait que ruraux et urbains partagent les mêmes
préoccupations. Du diagnostic de la pauvreté dans la région se dégagent les
points suivants :
· L’agriculture
ne nourrit plus son homme, la soudure devient précoce et tire en longueur (4 à
6 mois.). La forte dépendance des
populations à l'agriculture sous pluie accélère leur paupérisation du fait des
nombreux aléas qui frappent cette activité ( baisse de la pluviométrie, cherté
des intrants agricoles, caution solidaire de la Sodefitex, etc.). En plus
l’agriculture et l’élevage ne sont pas bien intégrés et semblent être exclusifs
dans le fonctionnement du système économique. Ainsi on assiste à un système
fonctionnant aux antipodes des règles économiques résultant des formes de
représentations mentales locales.
· En
effet en cas de soudure l'agropasteur « bazarde » ses céréales qu’il
vend aussitôt après les récoltes à vil prix défiant toute concurrence ( 50
francs à 60 francs le kilogramme de mil ou de maïs) pour couvrir ses dépenses
alors que c’est le bétail qui présente une meilleure rentabilité durant cette
période (Janvier février). C’est quand les céréales s’épuisent et que la
soudure intervient (juillet août) que l’agropasteur Peulh accepte de céder une
vache qui se vendrait à la fin de l'hivernage
entre 100 000 et 150 000 F à 60 000 f et 30 000 f pour acheter des céréales à
leurs prix les plus élevés de l’année, c’est à dire 125, 150, voire 175 F le
kilogramme de mil ou de maïs.
Cette
pression conduit parfois à recourir à
l'emprunt. Mais ce dernier se fait à des taux usuraires qui accentuent
par ailleurs la fragilisation du paysan.
A cela
s’ajoute un matériel déjà vieux qui est hypothéqué ou vendu à très bas prix
pour survire. Ainsi débute un processus de paupérisation continu dont
l'aboutissement sera une situation d'incapacité à assurer la survie du ménage.
Ces
facteurs handicapants renforcent la vulnérabilité des populations et les
exposent à des risques et à des formes d'insécurité alarmants.
La
précarité gagne toutes les couches : hommes, femmes, jeunes. Les adultes
n’ont plus les moyens de supporter les jeunes, les femmes (mandingues ) ne
bénéficient plus de conditions écologiques favorables à leur couverture
alimentaire alors que la femme Peulh ne peut plus compter sur son troupeau de
petits ruminants pour faire face aux périodes difficiles. Les jeunes sans
formation, pour la plupart, restent sans emploi. La terre est devenue
improductive, l’élevage malade du système, la migration saisonnière dans les
grandes villes du pays se heurte à la généralisation de la crise. Ceux qui
parviennent à échapper en Europe ou aux Etats Unis deviennent les modèles de
référence et de réussite sociale.
·
Dans les ménages, la profondeur de la crise a
« foudroyé » les hommes habitués à un mode de vie facile. Les femmes
prennent le relais et sont aujourd’hui à la base de l’économie domestique.
Sur le plan institutionnel l'avènement de la
décentralisation avec le transfert des compétences aux collectivités locales
n'a pas répondu aux espoirs des populations. Au contraire, du fait de leurs
difficultés à générer des ressources, les collectivités sont incapables de
trouver des réponses positives aux compétences transférées. A cela s'ajoute le
manque de formation des élus locaux d'où la nécessité impérieuse du
renforcement de leur capacité.
-
La double déconnexion dont est victime la région :
·
D'une part, une déconnexion institutionnelle qui se
traduit par une faible présence des ONG et des institutions étatiques ;
·
D'autre part, une
déconnexion communicationnelle qui s'explique par un enclavement très prononcé
de la région et par une faible couverture du réseau de télécommunications.
Au
regard de ce tableau sombre, qui manquerait à souligner que Kolda est l'une des
régions les plus pauvres du Sénégal ?
Seulement,
il est ressorti au cours de nos analyses un paradoxe difficile à expliquer :
Kolda, une région aux immenses potentialités mais qui est classée parmi les
plus pauvres. Cette situation est née
de la combinaison de plusieurs facteurs dont les plus prégnants résultent d'un
mode de vie, de comportement et de rapport aux matérialités. En réalité Kolda
n'est pas une région pauvre (cela pourrait surprendre plus d'un), mais elles
abritent les populations les plus pauvres.
Par ailleurs, nous avons noté une redistribution
des rôles qui se matérialise par une forte présence des femmes dans l'économie
domestique grâce à la pluriactivité (agriculture maraîchage, petit commerce,
etc.) dont elles se livrent.
L'ampleur grandissante de la pauvreté et la
politique attentiste de l'Etat vis à vis de leur problèmes sociaux ont cultivé
chez les populations des sentiments de marginalisation et d'exclusion. En
effet, elles se considèrent comme des oubliés des politiques publiques.
Face à
la situation alarmante de la pauvreté et des représentations négativistes que
les populations se font de leur
situation socio-économique, il urge pour l'Etat d'opter pour de nouvelles
initiatives. Il s'agit à cet effet d'œuvrer pour des plans d'action concertés
qui seront le creuset dans lequel l'Etat , les collectivités locales et la
société civile en accord avec les populations s'employeront à identifier les
véritables leviers de développement . Cette démarche participative dans sa
véritable dimension se doit pour réussir :
- d'identifier les besoins des populations,
- d'inventorier les potentialités de la
région,
- de mesurer les capacités de réponse du
milieu.
L'intérêt
de cette démarche réside dans le fait qu'elle constitue un moyen de faire
prendre acte aux populations de la non providence et traduit la nouvelle
situation qui voudrait que la solution aux problèmes des populations soit
l'affaire de tous. Dans l’approche concertée, il reviendra à chaque acteur
d'apporter sa pierre dans l'édification d'une situation meilleure.
Ainsi en
véritables partenaires, les différents acteurs œuvreront ensemble pour la
réalisation d'un véritable
développement.
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