République du Sénégal
Accueil | Actualités | Contact | Publications | Recherche | Plan du site | Autres serveurs

TROISIEME PARTIE

QUE FAIRE POUR LES COUCHES DEFAVORISEES ?

 

 

I. RECOMMANDATIONS DE CIBLAGE POUR ATTEINDRE LES PAUVRES DANS DIFFERENTS PROGRAMMES DE DEVELOPPEMENT :

 

Tableau 12 : Ciblage en milieu rural

Département

 

 

GROUPES cibles

Vélingara

Kolda

Sédhiou

J

E

U

N

E

S

-          Equiper les paysans,

-          Faciliter aux jeunes l’accès aux de semences

-          Faciliter l’accès aux intrants agricoles

-          Rapprochements des élus locaux aux villages enclavés,

-          Faciliter l’obtention de pièces administratives,

 

- Micro projets générateurs de revenus (PME PMI petit commerce)

-Formation en techniques maraîchères

-Equipement agricole (tracteur et motorisés)

-sensibilisation pour freiner l’exode des jeunes

-distribution des semences de qualité à tous les producteurs sans distinction

-distribution d intrants

-encadrement pour l exploitation de champs collectifs         

-construction de digues anti-sel pour la riziculture et l abreuvement du bétail

-construction de ponts et de pistes de production

-construction de forage

-lutte contre les feux de brousse  

-          appui à l’émergence de télé services

-          création d’industries

-          assurer la sécurité des populations

-          renforcement des capacités en alphabétisation

-          construction de cases de santé et affectation d’ambulances aux chef lieux des CR

-          dégager des parcours pour le bétail

-          électrification et téléphonie des villages

-          mettre en place des structures de commercialisation pour encourager les cultures maraîchères

-          édification d’aires de jeux et d’espaces de loisir pour les jeunes dans les villages

-          meilleur rapprochement des services de l’élevage aux CR

-          lutte contre les feux de brousse

-          Barrage de retenue,

-          Accès aux semences,

-          Accès au matériel agricole,

-          Accès au crédit,

-          Renforcement des capacités,

-          Désenclaver les villages

 

F

E

M

M

E

S

-Moulin à mil

-barrage de retenue

-Equipement maraîcher (traction clôture animaux de traite)

Access au crédit à des conditions avantageuses

-construction de cases de santé

-Relèvement du niveau d encadrement des femmes

 

 

-faciliter l accès au crédit aux couches vulnérables

-Equiper la paysannerie féminine

-Renforcer les capacités féminines

-moulins à mil et batteuse

- financement de GPF

-construction de forage

-rendre les semences accessibles aux femmes

-bassin de rétention

-          Digue anti sel,

-          Accès des femmes aux semences d’arachide,

-          Accès pauvres aux micro crédits,

-          Distribution de vivres de soudure

H

O

M

M

E

S

 

-          accès à l’équipement agricole

-          baisse des prix des denrées de première nécessité

-          rendre le crédit accessible aux pauvres

-          Equipement agricole (Tracteurs, charrue, semoir, Houe sine, etc. )

-          Fourniture d’intrants à des coûts subventionnés par l’Etat,

-          Multiplier les bassins de rétention,

-          Faciliter l’accès aux services de santé,

-          Réductions des prix des denrées de premières nécessité

 

-          Edification de digue anti sel,

-          Equiper le paysannat

-          Faciliter l’accès aux intrants agricoles

-          Construction de puits forages

-          Ouverture de nouveaux fronts pionniers pour les villages coincés par des forêts classées

 

Tableau 13. Ciblage en milieu urbain

Département

 

GROUPES cibles

Vélingara

Kolda

Sédhiou

J

E

U

N

E

S

 

-         Création d’unités industrielles

-         équipement agricole (traction animale et motorisée)

-         accessibilité aux intrants agricoles

-         baisse des prix des denrées de première nécessité

-         micro projets (embouche, maraîchage’ enlèvement d’ordures, petit commerce)

-         achèvement du lotissement des quartiers périphériques

-         délocalisation de l’abattoir

-         électrification des quartiers pauvres

-         édification d’aires de jeux

-         construction de centre de formation professionnelle

-         intervention des ONG dans la commune

-         bibliothèque publique

-         recrutement des jeunes à la SODEFITEX

-         Décentralisation des documents administratifs (passeport casier judiciaire certificat de conformité)

-         Contrôle des exploitants charbonniers

-         Revoir le système de distribution des semences

-         Régénération du sol dégradé

-         Equipement en matériel agricole

-         Trouver de l’emploi aux jeunes

-         Assainissement des quartiers

-         Electrification des quartiers pauvres,

-         Renforcer les capacité des jeunes et des femmes,

-         Faciliter aux pauvres l’accès aux crédit,

-         De l’aide publique aux personnes les plus défavorisées,

 

Améliorer le réseau de communication ( RTS radios privées Réseau GSM

-renforcement des capacités des jeunes avec CFP

-Retour de l  encadrement Paysan

-Conserverie de poisson

-Un centre culturel

-Une université

-Création d'un espace de loisir des jeunes

-Campagne de sensibilisation sur l’hygiène et la santé des populations

-création de PMI de transformation des fruits domestiques (mangues, oranges, etc.) et sauvages (madd, nete, ditax, etc.)

-         équipement agricole (traction animale et motorisée)

-         accessibilité aux intrants

-         édification de barrages de retenue et de digue anti sel

-         construction de routes pour désenclaver la région

-         financement du GIE « Sobeya »

-         électrifier la ville et les quartiers défavorisés

 

 

F

E

M

M

E

S

-         résorber le chômage des jeunes

-         formation en entreprenariat féminin (formation professionnelle en couture, coiffure, …)

-         Faciliter l’accès au crédit

-         Encadrement dans les activités de maraîchage

-         renforcement des capacités

-         trouver un cadre d’encadrement pour les veuves

-Création d’industries pour résorber le chômage des jeunes

-création de PME de transformation de mangue

-Renforcement des capacités des femmes ( gestion et comptabilité, technique de maraîchage, )

-Aménagement du fleuve Casamance pour l exploitation de cultures maraîchères en toute saison

- Encadrement dans l’exploitation et la valorisation de produits de cueillette,

-Usine de fabrication de plastique

Assainissement des quartiers périphériques

-Electrification

-Rendre accessible le crédit aux pauvres

-Mise en place de banque de céréales

-Installation de moulin de quartier, décortiqueuse, torréfacteur

-mutuel de santé

- appui aux handicapés

 

-         Construction de digne anti sel et de barrage de retenue,

-         Financements de micro entreprise (maraîchage, petit commerce, transformation des mangues, des fruits de cueillette sauvage ; etc. )

-         Créations d’industries pour l’emploi des jeunes,

-         Faciliter l’accès aux équipements agricoles,

-         Distribuer aux femmes des intrants

H

O

M

M

E

S

- Equipements agricoles aux défavorisés

-         Baisse des prix des denrées de première nécessité

-         construction de poste de santé

-         assainissement des quartiers périphériques

-         achever le lotissement des quartiers périphériques

-         électrification des quartiers pauvres

-         encadrement des pauvres pour la mise sur pied de micro projets

-         distribution de vivres de soudure

-         baisse des prix des médicaments

-         achèvement des travaux de raccordement de bornes fontaines

-         construction de postes de santé

-         construction d’un hôpital

-         Accès des pauvres aux micro crédits

-         renforcement des capacités des pauvres

-         Reclassement des exclus

-         Réintégration des marginaux

-         Revalorisation de la pension de retraite

-         Accès des retraités à des crédits appropriés

 

-         Ramener l’usine de décorticage d’arachide qui était transférée à Zinguinchor,

-         Monter une usine de transformation de mangues

-         Rendre accessible le matériel agricole

-         Rendre accessible les intrants,

-         Lotissement des quartiers défavorisés

-         Faciliter l’accès au crédit,

-         Créer des s emplois pour les jeunes,

Restitution et génération du capital sol dégradé

-Baisse du prix des denrées de première nécessité

-Distribution des vivres de soudure

-Moyens de commercialisation de produits agricoles et de cueillette

-Amélioration des conditions de vie des retraités

-Programme d amélioration génétique des races bovines

-         appui aux micro projets :  aviculture, commerce, pêche, embouche ovine et bovine, maraîchage, prestation de services

-         PME de transformation des produits de cueillette

-         Facilité l’accès à l’équipement agricole

-         Financement de projets de bananeraies

-         Financement du GIE « Sobeya »

-         Construction de piste de production pour améliorer le transport

-         Facilité l’accès au crédit par la réduction des taux d’intérêt, l’allègement des conditions d’éligibilité


II. RECOMMANDATIONS GENERALES

Tableau 14 : Actions à mener par secteur

SECTEURS

PROBLEMES

CAUSES

IMPACT SUR LA VIE DES POPULATIONS

RECOMMANDATIONS

AGRICULTURE

-Manque de matériel agricole

 

 

 

 

 

 

 

 

-Obsolescence de l’équipement

 

 

 

-Forte utilisation d’un matériel

agricole rudimentaire (daba, « kubadur »,…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Coût élevé des facteurs de production : intrants (semences, engrais, pesticides, herbicides, fongicides,…) et de l’équipement (charrues, houes, semoirs, butteurs, pompes pesticide, charrettes, tracteurs, motopompes,…)

 

 

 

-Baisse de la fertilité des terres exploitées

 

 

 

 

 

 

-Salinisation des rizières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Récurrence des cycles de sécheresse

 

 

 

 

 

-Insécurité du statut foncier chez les colons

 

 

 

 

 

 

 

-Dysfonctionnement de l’encadrement rural (caution solidaire à la SODEFITEX, retard dans le démarrage des campagnes cotonnière et arachidière, irrégularités dans la distribution des semences d’arachide, dans la commercialisation, retard de payement des producteurs)

 

-          Suppression du PA[1], marginalisation des producteurs non cotonniers par la SODEFITEX

 

 

 

 

 

-          Non renouvellement du matériel d’âge compris entre 15 et 30 ans

 

 

 

-          Non accès au matériel agricole moderne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Détérioration des termes de l’échange, désengagement de l’Etat, dévaluation du franc CFA

 

 

 

 

 

 

-          Surexploitation, processus culturaux inadaptés, faible utilisation d’engrais, faible interrelation agricuture/élevage, réduction de la durée des jachères

 

-          Baisse de la pluviométrie, intrusion marine

 

 

 

 

 

 

 

 

-          Déforestation, péjorations climatiques

 

 

 

 

-          Colonisation irrégulière de terres, rigidités des Conseils Ruraux, lenteurs administratives, timide intégration sociale et culturelle

 

 

 

 

-          Désengagement de l’Etat, politiques d’ajustement structurel, effritement de l’autorité de l’Etat, agissements controversés des acteurs

Faiblesse des superficies cultivées, allongement des temps de travaux agricoles, baisse des rendements agricoles

 

 

 

-          Idem

 

 

 

-          Faiblesse des superficies cultivées, allongement des temps de travaux agricoles, baisse des rendements agricoles et complications sanitaires (courbatures, maux de dos, …)

 

 

 

 

-          Sous équipement des producteurs, ²faible production, recours à l’emprunt ou la location de matériel, échanges force de travail/matériel agricole, retards dans les travaux agricoles

 

-          Baisse des rendements, déficit vivrier, allongement de la soudure, recours aux prêts usuraires

 

 

-          Perturbation du système de production rizicole traditionnelle, déficit chronique de la production rizicole, fragilisation de l’économie domestique (en milieu mandingue notamment)

 

-          Perturbation des systèmes de production culturaux et pastoraux, disettes, décimations de bétail

 

-          Conflits fonciers entre allochtones et autochtones, déforestation, occupation des forêts classées

 

 

-          Désorientation et frustration du paysannat, abandon de la culture cotonnière, insécurité du statut du paysan, recours à la pluriactivité

 

- Favoriser l’éclosion de politiques d’équipement des petites exploitations familiales, subvention de l’Etat et mise en place d’une structure chargée d’équiper les couches vulnérables.

 

 

-          Améliorer les aptitudes techniques des forges rurales ; Renouvellement permanent du matériel

 

-          Permettre aux pauvres sans ressources de disposer d’équipement agricole à des conditions d’éligibilité très souples.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Poursuivre le programme de phosphatage avec au préalable une sensibilisation sur l’utilité et l’utilisation des produits 

 

 

 

Edification de barrages de retenus et de digues anti sel

 

 

 

 

 

 

 

 

Suivi dans le reboisement des quotataires de coupe,

 

 

 

 

Contrôler l’installations de populations dans les forêts et une large concertation sur la problèmatique de nouveaux fronts pionniers n’entamant pas les intérêts des couches locales vulnérables.

 

-Engager une concertation sur la caution solidaire regroupant  la SODEFITEX et les organisations paysannes.

 

MARAICHAGE

-          Accès à l’eau

 

 

 

 

-          Accès aux intrants

 

-          Accès au crédit

 

 

-          Ecoulement des produits

-          Profondeur de la nappe, assèchement précoce des marigots temporaires

 

 

-          Cherté des intrants

 

-          Inadéquation du système de crédit

 

-          Enclavement, absences de réseau routier, de piste de production

-          Réduction des surfaces exploitées

 

 

 

-          Des rendements  faibles

 

-          Modicité des investissements

 

-          Non rentabilité de la production, baisse du pouvoir d’achat des femmes

 

 

-          Permettre aux femmes démunies d’avoir accès à l’eau pour le développement de la culture maraîchère

-          - Subvention des intrants

 

-          - Reconsidération de l’accès au micro crédit

 

-          - Désenclaver la zone par des pistes de production praticables en toute saison

 

 

 

 

ELEVAGE

-          Problème d’abreuvement du bétail

 

-          Déficit de pâturage en une certaine période de l’année

 

 

-          Santé animale fragile et fréquentes endoties

 

 

 

-          Absence d’économie fondé sur l’agropastoralisme système « intégré » complémentaire entre l’agriculture et l’élevage.

 

 

 

-          Baisse et irrégularité de la pluviométrie

-          Alimentation difficile du troupeau

 

 

 

-          Maladies parasitaires , maladies infectieuses , maladies telluriques , existence de « champs maudits »

-          Mauvaise organisation su système de commercialisation du bétail

-          Assèchement précoce des marres

-          Bazardage des plus faibles

 

 

-          Diminution du

cheptel, déclassement

social

 

 

 

- Bradage des animaux

-          Multiplier les bassins de rétention, juguler le déficit de forage

 

 

 

-          -Sensibiliser, former et éduquer les éleveurs,

 

 

 

-          Organisation d’une foire à bétail, intensification , sensibilisation sur la rentabilisation économique du bétail

PECHE

-          la salinisation des eaux douces,

 

 

-          Matériel de pêche rudimentaire

 

 

 

 

-          Sous exploitation du potentiel halieutique

-          l’intrusion marine

 

 

-          manque de moyens pour moderniser la filière

 

 

 

-          Faible importance de la pêche dans la tradition socioéconomique

 

-          Perturbation des écosystèmes,

 

-          Pratique d’une pêche artisanale, faiblesse des mises à terre.

 

 

-          Faible engouement dans l’activité de pêche, faiblesse des mises à terre

-          -Edification de digues anti sel

 

-          - Modernisation de la pêche continentale

 

 

 

-          - Equiper les pêcheurs

 

HYDRAULIQUE

 

 

 

-          Profondeur de la nappe phréatique dans certaines zones

 

 

 

 

-          Déficit de forages et de puits  forages pour l’alimentation des hommes et du bétail

 

 

 

 

-          Difficultés liées à l’exhaure

 

 

-          sécheresse, baisse de la pluviométrie , cuirassement

 

 

 

 

-          Insuffisances des investissements de l’Etat dans la politique de l’eau, problème de maintenance des ouvrages

 

 

 

-          Profondeur de la nappe phréatique, inadaptation de la région pour les équins plus aptes à faire remontée l’eau. 

 

-          déficit en eau en saison sèche, perturbations des activités jardinatoires

 

 

-          migrations temporaires du bétail vers des points d’eau, corvées dans la recherche de l’eau

 

 

 

-           difficile accès à l’eau

 

 

-          - Puits / Forages

           puits hydrauliques

 

 

 

 

-          Multiplication des points d’eau

 

 

COMMUNICATION

-          Déconnexion géographique

-          Déconnexion communicationnelle

-          enclavement de la région

-           

 

-          Désenclavement de la région

-          Connexion au réseau GSM

FORESTERIE

-          Déforestation

 

 

 

 

 

-          Empiètement sur les aires classées

 

-          Cycles de sécheresse, facteurs anthropiques (abattages, émondage abusifs de certaines essences comme le ven)

 

 

-          Surexploitation des terres cultivées et faiblesse du maintien de la fertilité

-  

-          Contrôle des coupes et association des Présidents des communautés rurales aux affectations des quotas aux exploitants charbonniers

-          - Meilleure intégration

EDUCATION/

FORMATION

Présence de nombreuses écoles à cycle incomplet

Faible capacité d’initiative des populations pauvres

Faible taux de scolarisation des filles

Faible engouement des populations pour l’école

Faible taux de scolarisation

-Une politique d’incitation à l’inscription à l’école

-Construction de classes dans les zones enclavées

-Construction de nouveaux lycées

SANTE

Faible densité des structures sanitaires

Manque de structure sanitaire spécialisées

La cherté des médicaments

Insuffisance des investissements dans le secteur de la santé

Etat grabataire des populations, déplacements des populations dans d’autres régions (Tambacounda, Ziguinchor)

Multiplication des infrastructures sanitaires

 

CER

Sous utilisation du potentiel technique et de l’expertise des Chefs de CER

Le manque de moyens et la restriction de leur mission aux seconds rôles

La fragilisation de l’encadrement rural

Réhabilitation des CER et leurs dotations en moyens suffisants. En faire les partenaires privilégiés et le coordonnateur des activités de toutes les structures de développement intervenant dans leurs zones

Société civile

Déficit de concertation

Superposition d’activités, manque de complémentarité des actions dans un cadre unitaire afin de développer des pôles de croissance économique

Inéfficacité des actions, impacts faibles, pérénisation hypothétique, deconnexion des populations et manque d’engouement sincère par rapport aux actions au « suivi incertain »

Cadre de concertation fonctionnelle, définition de politiques d’intervention complémentaires permettant de rendre mieux visibles leurs actions et leur pérénisation.

CREDIT

Inadaptation du système de micro-crédit actuel dans le ciblage des pauvres

Conditions d’éligibilité ne les favorisent

Marginalisation des pauvres dans l’octroi de crédit

Créer des banques de crédit pour les pauvres

Collectivités locales

Incapacité des collectivités locales à prendre en charge leurs compétences transférées

 

Insuffisance de moyens des politiques des collectivités locales,

 

Paralysie

-          Renforcement des capacités des élus locaux,

-          Appui de l’Etat aux communes rurales,

-          trouver les moyens de recouvrer la taxe rurale

EMPLOI

Chômage endémique des jeunes et sous emploi prononcé des couches vulnérables

Insuffisance d’entreprises pourvoyeuses d’emploi et insuffisances des capacités d’initiatives des pauvres ,

I’Accès difficile des pauvres au crédit

Paupérisation prononcée des masses

Favoriser la mise en place de Pme/Pmi de transformation de fruits domestiques et sauvages, création de micro projets de maraîchage,

Renforcement des capacités des jeunes et des femmes, faciliter l’accès des pauvres au micro crédit

ENERGIE

Faible niveau d’électrification aussi bien rurale qu’urbaine

Faible investissement dans le secteur de l’énergie, incapacité des collectivités locales à prendre en charge ce volet du fait de la faiblesse de leurs ressources ;

Communes mal éclairées ; électrification rurale très faible

Extension du réseau électrique en milieu rural ;

Appui aux communes dans leurs politiques d’éclairage public


 

CONCLUSION

 

Au sortir de cette étude, il apparaît que la pauvreté liée aux matérialités est partout présente dans la Région. Les populations de la Région de Kolda souffrent de plusieurs manques  qui se reflètent dans l’expression populaire : «  baasdo ko mbo alaa ko ñaami, mbo selaani, mbo alaa nguure, baasdo woni mbo alaa naï, alaa mbaali, alaa bei,  baasdo wuurat e toroyaade , baasal ko angal rafi.hakile. .» La pauvreté est dans ce contexte liée à l’alimentation, à la santé, au troupeau et à un ensemble de déficits pour ne pas dire de manques.

 

L'enquête sur les perceptions de la pauvreté dans la région de Kolda révèle plusieurs aspects de la précarité des conditions de vie des populations. Les couches les plus démunies sont celles qui sont devenues incapables de prendre leur destin en main. L’incapacité dans laquelle elles sont plongées les relègue au bas de l’échelle sociale. Elles ne vivent qu’aux dépens des autres et, par ce fait, sont devenus « des déchets humains ». Cette catégorie représenterait plus des 2/5 de la population. Les pauvres sont moins affectés que les très pauvres mais vivent dans un état de délabrement mental et psychologique. Ce sont des hommes et des femmes capables encore de réagir mais qui vivent si profondément la crise qu’ils accusent tout le monde (l’Etat, les sociétés de développement, etc.) d’être responsable de leur situation de précarité. L’équilibre de leur vécu quotidien est longtemps rompu. Ce dénuement ne leur a pas encore pour autant empêcher de recourir à des stratégies de captation de ressources très variées (le maraîchage, le petit commerce, la cueillette, …). Le maraîchage est devenu une activité qui prend de l’allure au Fouladou et au Pakao mais le déficit en eau, le manque d’encadrement, la vétusté du matériel agricole, la difficulté d’écoulement des produits sont autant de facteurs qui limitent son développement. Le petit commerce pratiqué grâce aux prêts des structures de crédit et d’encadrement telles que le CMS, le CAPEC ou le CRS etc. est victime des conditionnalités pas très appropriées pour des couches si vulnérables. Que cela soit à Sédhiou, à Vélingara ou à Kolda les femmes qui en sont en général les principales bénéficiaires déplorent les conditions d’éligibilités et de remboursement. Il n’y a pas encore de structure de crédit pour pauvres dans la région. Les moins touchés par la précarité n’en sont pas moins totalement épargnés à cause du mode de fonctionnement des relations sociales. Leur situation de « favorisés » en fait une source de projection sociale mais aussi de principal recours à tout moment. Ce qui affaiblit ces moyennement aisés obligés de recourir à des stratégies de barricadement pour échapper aux multiples « agressions » dont ils sont victimes. Dans leur façon de solliciter de l’aide les pauvres semblent  culpabiliser les plus nantis qui, parfois à contrecœur, répondent favorablement même si c’est à moitié. Ils se résignent à donner. La cueillette est quant à elle freinée par l’enclavement de la région. Les cueilleurs ne trouvent de débouchés et n’ont pas de pistes de production viables au-delà des contraintes liées à l’encadrement de cette filière à fort taux de rentabilité.

 

Habitée par des populations vivant essentiellement de l'agriculture, Kolda dégage une spécificité qui réside dans le fait que ruraux et urbains partagent les mêmes préoccupations. Du diagnostic de la pauvreté dans la région se dégagent les points suivants :

 

·    L’agriculture ne nourrit plus son homme, la soudure devient précoce et tire en longueur (4 à 6 mois.). La  forte dépendance des populations à l'agriculture sous pluie accélère leur paupérisation du fait des nombreux aléas qui frappent cette activité ( baisse de la pluviométrie, cherté des intrants agricoles, caution solidaire de la Sodefitex, etc.). En plus l’agriculture et l’élevage ne sont pas bien intégrés et semblent être exclusifs dans le fonctionnement du système économique. Ainsi on assiste à un système fonctionnant aux antipodes des règles économiques résultant des formes de représentations mentales locales.

·    En effet en cas de soudure l'agropasteur « bazarde » ses céréales qu’il vend aussitôt après les récoltes à vil prix défiant toute concurrence ( 50 francs à 60 francs le kilogramme de mil ou de maïs) pour couvrir ses dépenses alors que c’est le bétail qui présente une meilleure rentabilité durant cette période (Janvier février). C’est quand les céréales s’épuisent et que la soudure intervient (juillet août) que l’agropasteur Peulh accepte de céder une vache qui se vendrait  à la fin de l'hivernage entre 100 000 et 150 000 F à 60 000 f et 30 000 f pour acheter des céréales à leurs prix les plus élevés de l’année, c’est à dire 125, 150, voire 175 F le kilogramme de mil ou de maïs.

 

Cette pression conduit parfois à recourir à  l'emprunt. Mais ce dernier se fait à des taux usuraires qui accentuent par ailleurs la fragilisation du paysan.

 

A cela s’ajoute un matériel déjà vieux qui est hypothéqué ou vendu à très bas prix pour survire. Ainsi débute un processus de paupérisation continu dont l'aboutissement sera une situation d'incapacité à assurer la survie du ménage.

 

Ces facteurs handicapants renforcent la vulnérabilité des populations et les exposent à des risques et à des formes d'insécurité alarmants.

 

La précarité gagne toutes les couches : hommes, femmes, jeunes. Les adultes n’ont plus les moyens de supporter les jeunes, les femmes (mandingues ) ne bénéficient plus de conditions écologiques favorables à leur couverture alimentaire alors que la femme Peulh ne peut plus compter sur son troupeau de petits ruminants pour faire face aux périodes difficiles. Les jeunes sans formation, pour la plupart, restent sans emploi. La terre est devenue improductive, l’élevage malade du système, la migration saisonnière dans les grandes villes du pays se heurte à la généralisation de la crise. Ceux qui parviennent à échapper en Europe ou aux Etats Unis deviennent les modèles de référence et de réussite sociale.

 

·        Dans les ménages, la profondeur de la crise a « foudroyé » les hommes habitués à un mode de vie facile. Les femmes prennent le relais et sont aujourd’hui à la base de l’économie domestique.

 

Sur le plan institutionnel l'avènement de la décentralisation avec le transfert des compétences aux collectivités locales n'a pas répondu aux espoirs des populations. Au contraire, du fait de leurs difficultés à générer des ressources, les collectivités sont incapables de trouver des réponses positives aux compétences transférées. A cela s'ajoute le manque de formation des élus locaux d'où la nécessité impérieuse du renforcement de leur capacité.

 

-         La double déconnexion dont est victime la région :

·        D'une part, une déconnexion institutionnelle qui se traduit par une faible présence des ONG et des institutions étatiques ;

·         D'autre part, une déconnexion communicationnelle qui s'explique par un enclavement très prononcé de la région et par une faible couverture du réseau de télécommunications.

 

Au regard de ce tableau sombre, qui manquerait à souligner que Kolda est l'une des régions les plus pauvres  du Sénégal ?

 

Seulement, il est ressorti au cours de nos analyses un paradoxe difficile à expliquer : Kolda, une région aux immenses potentialités mais qui est classée parmi les plus pauvres.  Cette situation est née de la combinaison de plusieurs facteurs dont les plus prégnants résultent d'un mode de vie, de comportement et de rapport aux matérialités. En réalité Kolda n'est pas une région pauvre (cela pourrait surprendre plus d'un), mais elles abritent les populations les plus pauvres.

 

Par ailleurs, nous avons noté une redistribution des rôles qui se matérialise par une forte présence des femmes dans l'économie domestique grâce à la pluriactivité (agriculture maraîchage, petit commerce, etc.) dont elles se livrent.

 

L'ampleur grandissante de la pauvreté et la politique attentiste de l'Etat vis à vis de leur problèmes sociaux ont cultivé chez les populations des sentiments de marginalisation et d'exclusion. En effet, elles se considèrent comme des oubliés des politiques publiques.

 

Face à la situation alarmante de la pauvreté et des représentations négativistes que les populations  se font de leur situation socio-économique, il urge pour l'Etat d'opter pour de nouvelles initiatives. Il s'agit à cet effet d'œuvrer pour des plans d'action concertés qui seront le creuset dans lequel l'Etat , les collectivités locales et la société civile en accord avec les populations s'employeront à identifier les véritables leviers de développement . Cette démarche participative dans sa véritable dimension se doit pour réussir :

  - d'identifier les besoins des populations,

  - d'inventorier les potentialités de la région,

  - de mesurer les capacités de réponse du milieu.

 

L'intérêt de cette démarche réside dans le fait qu'elle constitue un moyen de faire prendre acte aux populations de la non providence et traduit la nouvelle situation qui voudrait que la solution aux problèmes des populations soit l'affaire de tous. Dans l’approche concertée, il reviendra à chaque acteur d'apporter sa pierre dans l'édification d'une situation meilleure.

 

 Ainsi en véritables partenaires, les différents acteurs œuvreront ensemble pour la réalisation d'un  véritable développement.



[1] Programme Agricole

<< Retour