République du Sénégal
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RECOMMANDATIONS GENERALES

 

Les populations en retraçant leur vécu quotidien ont fait soulevé les contraintes qui portent un coup sur leur bien être.

Parallèlement des actions et stratégies sont proposées par les populations elles mêmes en fonction de leurs besoins ou priorités.

Des outils comme l’arbre à problèmes, la priorisation des besoins, les classements par paire ont permis aux populations d’exprimer leur vision de la réduction de la pauvreté.

 

Chez les populations rurales

Le phénomène qui structure la pauvreté en milieu rural c’est l’accès difficile à l’eau potable qui a comme corollaires négatifs : le ralentissement des autres activités de la vie sociale, la baisse de la production agricole et animale, la soif, l’exode des jeunes.

Au niveau de tous les villages visités le constat est la même : il y a une pénurie d’eau et une raréfication croissante de ce liquide précieux. Les gens disent souvent : « fi lufi yaaxu ñaak ndox mo tax » en d’autres termes, le manque d’eau est à l’origine de beaucoup de dégâts.

Ce tableau suivant récapitule les besoins spécifiques et les solutions idoines par ordre d’importance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Problèmes soulevés

Solutions proposées

1.       eau potable

q       boisson des hommes et le bétail

q       cultures maraîchères

q       Fixer les populations sur place

q       Allègement des travaux domestiques des femmes.

q       Construire des forages avec des pompes mécaniques (trawoo)

q       Pompes à eau implantées dans le village ou bornes payantes

 

q       Fonçage des puits déjà  existants et qui tarissent par  la profondeur de la nappe d’eau ou par vétusté des installations.

Apport endogène

Dans la plus part des cas les populations acceptent de se constituer en main d’œuvre et de fournir nourriture et hébergement à la main d’œuvre qualifiée que l’Etat ou les partenaires au développement vont prendre en charge du point de vue des honoraires.

Viabilisation

Animation ,Concertation et sensibilisation pour viabiliser et approprier l’infrastructure a travers l’approche zone de pôlarisation.

2.       Matériels agricole (semoirs, houes, moulins à mil (pour l’allégement des travaux des femmes qui travaillent à mains nues

q       Fournir des crédits d’équipement aux associations et groupements organisés ou aux acteurs pris individuellement selon des conditionnalités à négocier.

Infrastructures routières : yoon

 pour sortir certains villages de leur enclavement. Les véhicules de transport « horaires » refusent de prendre les itinéraires sinueuses. Il y’a aussi un manque notoire de pistes de production.

 

Santé : absence de cases de santé, éloignement des postes de santé, problème d’évacuation des malades

 

 

 

 

 

 

Education

q       Manque de salles de classe ou absence

q       Abandons scolaires notamment les filles

 

 

L’Etat doit tracer des routes bitumées qui relient les villages afin de faciliter les échanges. A ce niveau les populations pensent que seul l’Etat a les moyens de le faire face à un tel investissement

 

 

Construire une case de santé dans les villages polarisants

Renforcement des capacités d’intervention du personnel ( ASC et maronnes) afin qu’il puisse faire certains types d’interventions comme la piqûre. 

Impliquer d’avantage les populations à la gestion des cases de santé

 

 

Multiplier les écoles communautaires de base où les enfants et les femmes apprennent et contribuent à la gestion (cotisation, activités génératrices de revenus, artisanat et embouche)

Création de cours moyen secondaires pour fixer les élèves sources de plusieurs abandons.

 

3.      Electrification

q       Problèmes liés au vol de bétail, principal type d’épargne en milieu rural et de matériel agricole la nuit

 

q       Insécurité liée à l’obscurité et ralentissement des activités

 

Sous développement du commerce de denrées périssable

Absence de bien être liée par exemple du fait de ne pas boire de l’eau fraîche en période de canicule

électrifier le village. Le PNIR est entrain d’instruire un grand programme d’électrification rurale dans cette zone

 

Fournir l’énergie aux ménages qui peuvent payer les factures

Avec l’électricité ceux qui ont les moyens peuvent ouvrir une boutique et payer ainsi la facture

les consommateurs bénéficient de cet avantage car il y a une solidarité au niveau communautaire

4.       Accès aux semences et engrais

Semences (retard dans les prêts et remboursement difficile)

 

 

 

Engrais (les prix élevés ne sont pas à la portée de tous les paysans)

 

Crédits semences en quantité pour une récolte conséquente afin de rembourser. Contrôler les convois d’arachide vers l’usine car « il y a magouilles opérées lors du pesage »

 

Pour fertiliser les terres surexploitées et lessivées il faut baisser les prix des engrais ainsi l’accès sera facile pour les cultivateurs ou bien proposer des crédits – engrais remboursable après la vente des récoltes

 

Chez les pauvres des quartiers urbains

Il a déjà été montré que les pauvres des 3 villes de la région du Baol se concentrent plus dans la périphérie. Ils proviennent des zones rurales pour venir reconstituer en ville des habitations précaires dans un environnement insalubre avec un manque d’eau potable de combustibles et l’absence d’électricité.

Ainsi il est aisé de retrouver très souvent les besoins similaires qu’en milieu rural et donc les mêmes actions de sortie de crise prévalent de part et d’autre du point de vue des populations. Toutefois des stratégies spécifiques de réduction de pauvreté restent inhérentes en milieu urbain telles que le montre le tableau ci dessous

 

Besoins

Solutions

 

Eau potable :

Développement de la vente de l’eau ( surenchère des offres.)

 

 

Soins de santé

Déficit d’encadrement médical, de médicaments et d’infrastructures sanitaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Education

q       Empêcher les abandons scolaires

q       Eloignement des structures éducatives surtout les collèges et lycées aux habitats notamment ceux des pauvres

 

q       Formation professionnelle des jeunes

 

q       Adduction d’eau, branchements sociaux dans les ménages qui en font la demande

q       Faire accéder gratuitement l’eau aux ménages les plus démunis

 

q       Rendre accessible les médicaments à ceux qui n’ont aucun pouvoir d’achat

 

q       Faciliter l’accès aux structures et diligenter les interventions en acceptant de prendre en charge les pauvres qui ont besoins de soins mais ne pouvant s’acquitter des frais dans l’immédiat

 

 

 

Fournir aux élèves du matériel pédagogique par le prêt ou le don surtout le don pour stimuler les parents à inscrire les filles par exemple sinon elles vont aider leurs parents dans les tâches

Construire une école dans chaque quartier pour éviter au plus jeunes d’effectuer de longues distances à pied

Création d’instituts de formation

 

 

Emploi

Niveau de chômage et sous emploi élevé chez les jeunes

 

 

 

 

Accès au crédit

Ñakum xaalis :manque ou absence de revenus surtout chez les femmes et les jeunes filles et les retraités

 

Financement de projets (embouche, poulailler…)

Création de GIE par les jeunes et les

Femmes

Recrutement au niveau local pour toute institution qui s’installe

 

 

Crédits pour un démarrage d’activités génératrices de revenus et assurer la sécurité alimentaire

 

Assainissement/lotissement

Latrines au niveau  des ménages

Lotissement des quartiers flottants ou « sanciane »

1.       Fabrication de fosse septique ou puisards dans les ménages

2.       Raccordement à l’égout

 

Moyens de communication

Déficit des moyens de transport (jusqu’à présent la charrette constitue le moyen de transport le plus accessible

 

 

 

 

 

Encourager les groupements de transporteurs à desservir les lieux enclaver

Création de GIE de transport inter – urbain

Goudronner les routes

Installer des cabines téléphoniques que les jeunes pourront gérer

 

En règle générale les populations souhaitent empêcher la prolifération de la pauvreté, cependant elles éprouvent des difficultés à trouver des voies et moyens dans la planification de la réduction du processus de paupérisation.

Toutefois elles reconnaissent le désengagement progressif de l’Etat dans l’assistance aux personnes défavorisées, eu égard à cela les pauvres optent pour la politique des micro-crédits. Cette dernière est pour le moyen le plus accessible pour améliorer les conditions de vie précaires.

 


 

RECOMMANDATIONS DE CIBLAGE

 

Dans un contexte d’une politique publique centrée sur la décentralisation et la concentration et une politique sociale de plus en plus orientée sur le ciblage des groupes les plus vulnérables, toute intervention doit s’inscrire à priori dans une perspective de capacitation des ressources endogènes.

 

Les éléments clés d’une telle approche peuvent être articulés comme suit :

1.     enchâssement des interventions dans une prise en compte conséquente des ressources des acteurs en terme d’idéologie et de culture mais aussi en terme de compétence

2.     il est constaté dans la région de Diourbel notamment au niveau de l’axe Touba, Mbacké, Diourbel que la variable idéologie notamment religieux constitue quasiment une constance. Nécessité s’impose alors de miser sur cette variable dans toute action de mobilisation sociale au lieu de la « diaboliser » c’est une porte d’entrée pour toute intervention dans la localité.

3.     transférer progressif et planifié des composantes des projets/et programmes aux acteurs locaux grâce à un renforcement de capacité en matière de maîtrise d’œuvre dans le cadre de l’exécution de toutes opérations

4.     planifier des interventions à des échelles proportionnées où la validité sociologique est avérée (quartier, sous – quartier, village) et intégrer les acteurs dans toutes les phases de l’intervention avec une démarche de changement planifié

5.     grâce au principe de sélectivité repenser un modèle d’intervention plus accessible aux groupes vulnérables. Un tel type d’intervention devait démarrer par une enquête de connaissance d’aptitude et de pratique (CAP) des acteurs des institutions en terme de situation de référence. De plus il s’agit de miser sur une action concertée des institutions intervenant dans la zone pour éviter les cafouillages, les redondances et les méconnaissances mutuelles. L’ONG World Vision est entrain de travailler dans ce sens, toutefois cette œuvre doit être plus systématique et plus ouvert.

 

DISPOSITIF D’INTERVENTION :

Renforcer la connaissance et l’aptitude des acteurs à pratiquer les institutions

Il s’agira de permettre aux acteurs les plus vulnérables et souvent les plus déconnectés d’être plus accessibles aux services sociaux. Il s’agira notamment de miser sur une véritable politique de communication externe et ciblée. Les acteurs doivent connaître leurs institutions sont les leurs. Or, dans la plupart des cas, en marge des institutions étatiques les citoyens connaissent que faiblement les autres institutions. De plus, cette connaissance si elle existait reste assimilable à une perception négative « Gadak golo la nepa xonk bet » (ils sont tous là pour leurs propres intérêts).

Une fois ce problème de communication réglé, il s’agira de renforcer la capacité des acteurs à pratiquer les institutions. Il faut parallèlement à une action de sensibilisation, animation, formation rendre le « langage » et les procédures des institutions plus accessibles aux citoyens notamment. C’est le cas par exemple au SP3 à Bambey où des documents de projets sont considérés comme des idées de projets par l’unité de gestion du sous programme (donc inéligible) alors que pour des acteurs locaux des projets ficelés en bonne est due forme ont été déposés. Ce décalage de perception indique aussi problème de décryptage du langage des institutions de la part des acteurs.

 

Axes d’intervention

Toute intervention qui ne permet pas du point de vue de son montage atteindre les plus pauvres est à priori vouée à l’échec.

Aussi, pour atteindre ce type de cible une intervention de type sélective voire discrimination doit – elle être de mise. Pour ce faire, la distance (présumée ou réelle) qui sépare les institutions à ce type de cible, cristallisée par leur déconnexion doit être minorité. L’unité de gestion des programmes doivent être relayés à la base par des agents polyvalents installés au niveau des terroirs. Ces agences sont souples du point de vue des ressources humaines (1 agent par zone). Ils auront pour tâche :

q       la sensibilisation au niveau des zones d’intervention ;

q       l’animation ciblée chez les catégories socio – économiques et socio – professionnelles vulnérables détectée lors des séances de sensibilisation ou de visite ;

q       appui des groupes cibles à l’identification et à la formulation de leurs initiatives/projet ;

q       monter et suivre les dossiers des porteurs d’initiatives (groupement) au niveau de l’unité de gestion du projet (dossier de formation ou de financement) ;

q       Appuyer l’unité de gestion de projet au traitement des dossiers selon des catégories socio – économiques du porteur d’initiative. On pourra par exemple pondérer les taux et les délais de remboursement des crédits octroyés en fonction de la typologie suivante :

 

·        Porteur d’initiative de catégorie moyenne (PICM) ;

·        Porteur d’initiative pauvre (PIP) ;

·        Porteur d’initiative très pauvre (PITP).

 

Un pourcentage de femmes et de jeunes sera fixé à chaque agent pour respecter la parité homme et femme et une bonne ciblage des jeunes.

Le traitement de l’agent sera en fonction des résultats obtenus sur le terrain (nombre de porteurs d’initiatives pour vous identifiés, nombre de dossiers d’appui exécutés…)

Parmi les tâches de cet agent figurera en bonne place la capacitation et l’identification des acteurs aptes à supporter telle ou telle composante du programme/projet à moyen et long terme. Cette démarche permet à l’unité de gestion de mieux asseoir la durabilité des acquis à la fin du projet.


BIBLIOGRAPHIE

 

1.     « Annuaire sur l’environnement et les ressources naturelles au Sénégal, Novembre 2000, Dakar centre de Suivi Ecologique (Ministère de l’environnement).

 

2.     « Etude diagnostic : Problématique environnement – Pauvreté dans les régions de Dakar, Diourbel et Tambacounda » Dakar Novembre 1997, Ministère de l’environnement et la nature, PNUD

 

3.     Plan Local de Développement (PLD) des arrondissements de Baba Garage, Lambaye, Ngoye, Juin 2001 PNUD SP3

 

4.     « Plan du développement du quartier de Ndoyéne – Commune de Diourbel » Mai 2000, PNUD SP2

 

5.     « Plan d’urbanisme de Référence de la ville de Bambey » 2000 République du Sénégal PNUD SP3

 

6.     Fall , A. S., Dia I. “Diagnostic institutionnel de l’ONG « Foddé » 1999, Kolda

 

7.     GUEYE C. « le paradoxe de Touba : une ville produite par les ruraux où quand la gestion foncière rurale est plaquée en milieu urbain » in actes de colloque APAD Saint-Louis Janvier 2000.

 

8.     NDIAYE.A.L « L’axiomatique de l’ailleurs comme stratégie de maintenance de niveau de vie dans le Nord du bassin arachidier sénégalais » in actes de colloque APAD Saint-Louis Janvier 2000.

 

9.     Kabamba K. « L’appropriation ethnique des villes d’Afrique tropicale éléments pour l’étude des relations des ruraux africains à la ville » in actes de colloque APAD, Saint-Louis Janvier 2000

 

10. Boureima A.G. “De la pauvreté rurale à la pauvreté urbaine : vulnérabilité aux aléas climatiques, migration et pauvreté » in actes de colloque APAD, Saint-Louis, Janvier 2000

 

11. Quotidien Walfadjri N° 2660, 24 Janvier P. 6-7

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