République du Sénégal
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IV.              Le programme économique et financier pour 2003

2.             Le programme économique et financier pour 2003 s’appuie sur un taux de croissance du PIB de 6,6 pour cent, reflétant l’attente d’un retour partiel de la production agricole à son niveau tendanciel, menant à un taux de croissance réel du secteur primaire de 10,8 pour cent, et une croissance soutenue de l’économie non agricole de 5,7 pour cent, à la faveur notamment des investissements importants dans l’extension de la capacité de production chimique et électrique des dernières années et un niveau soutenu du secteur de la construction en liaison avec les programmes d’investissements publics. L’inflation devrait rester modérée, le déflateur du PIB atteignant un taux de croissance de l’ordre de 2,5 pour cent.

3.             Durant la première année du programme, le gouvernement se concentrera sur l’accélération de son programme de renforcement de la gestion des dépenses publiques et sur la mise en œuvre des réformes institutionnelles dans les secteurs qui ont fait peser, par le passé, des risques particuliers sur son aptitude à atteindre ses objectifs de finances publiques, en particulier les secteurs de l’électricité et de l’arachide, et la Poste. Des réformes fiscales de l’administration publique devant être introduites à compter de 2004 seront étudiées en 2003. Enfin, le gouvernement procèdera au lancement de ses programmes de renforcement du secteur judiciaire, de développement du secteur privé et de bonne gouvernance.

A.  Politique budgétaire

4.             Le budget 2003 traduit une politique prudente, visant à assurer la soutenabilité des finances publiques à long terme et garantir une marge de manœuvre en cas de chocs exogènes défavorables. Avec un surplus de base de 0,3 pour cent du PIB, et une forte croissance des dépenses en capital sur financement extérieur, le déficit global dons compris s’élèvera à 1,3 pour cent du PIB en 2003, après un surplus de 0,4 pour cent en 2002.

5.             En ce qui concerne la fiscalité, la politique du gouvernement en 2003 se concentrera sur la simplification de la fiscalité des petites et moyennes entreprises, la poursuite de l’effort de renforcement des administrations fiscales et douanières, et la préparation d’une réforme de la fiscalité des entreprises dans le cadre de la promotion de l’investissement. La pression fiscale en 2003 sera maintenue à un niveau supérieur à 18 pour cent. Le gouvernement prendra éventuellement des mesures fiscales complémentaires à la modulation des dépenses budgétaires, en cas de mobilisation des recettes à un niveau très inférieur aux prévisions.

6.             Le gouvernement prendra les dispositions législatives relatives à la création d’un impôt synthétique pour les petites entreprises, libératoire de l’impôt sur le revenu, de la TVA et de la patente, tout en veillant à définir un mécanisme d’application et d’administration simple, et en calibrant son seuil de manière à rendre la réforme neutre au niveau des finances publiques. Cet impôt devrait permettre un élargissement de la base fiscale en même temps qu’une simplification du régime fiscal applicable à ces entreprises.

7.             En matière de dépenses, la politique en 2003 visera, outre le renforcement de la gestion des dépenses pour une plus grande efficacité et transparence, l’accroissement des dépenses prioritaires au profit des secteurs sociaux et infrastructure de base, en ligne avec la mise en œuvre de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté décrite dans le DSRP, à assurer la couverture des coûts temporaires des réformes structurelles et à élaborer un programme de renforcement des effectifs dans les secteurs prioritaires, les administrations financières et la sécurité intérieure qui sera mis en œuvre à partir de 2004. Les dépenses de l’Etat hors dépenses d’investissement sur financement extérieur devraient connaître une croissance appréciable, les dépenses courantes augmentant de l’ordre de 10 pour cent, et les dépenses d’investissement sur financement intérieur enregistrant une croissance de 13,4 pour cent. La politique en matière de dépenses de personnel restera prudente, le ratio masse salariale sur recettes fiscale restant bien en deçà de la norme de l’UEMOA de 35 pour cent. La masse salariale devrait croître de 4 pour cent en raison principalement de recrutements courants et exceptionnels de fonctionnaires et contractuels, principalement dans l’éducation et la santé, les salaires restant inchangés en 2003. Concernant les autres dépenses courantes, les dépenses en matériel augmenteront légèrement, en ligne avec les efforts d’investissement. Aucun nouveau transfert de la SONACOS n’est prévu. Seul un transfert de 5,7 milliards est prévu pour la SENELEC .

8.             Ces objectifs devraient s’appuyer sur une réforme des administrations fiscales et douanières et une gestion plus transparente et saine des dépenses publiques.

9.             Administrations fiscales et douanières. La mise en œuvre de l’identifiant unique se poursuivra et son champ d’utilisation sera progressivement étendu à toutes les administrations, en commençant par l’IPRES et la sécurité sociale à l’horizon de la fin du 1er semestre 2003. En matière d’informatisation de la collecte des recettes, les systèmes informatiques de la Direction des Impôts, de la Direction des Douanes et de la Direction du Trésor seront intégrés d’ici la fin de 2003, afin d’améliorer le calcul des assiettes et partager les informations disponibles sur les contribuables. Cette intégration sera généralisée aux services déconcentrés à l’horizon à partir de 2003. L’informatisation des procédures sera étendue aux activités de vérification fiscale, à l’horizon de la fin 2003. Enfin, l’objectif à plus long terme consistera à fusionner ce logiciel avec celui de la gestion de la dépense en cours d’application au ministère des finances.

10.         Gestion des dépenses publiques. Le gouvernement est parvenu dans les années récentes, grâce à un contrôle central très fort, à maîtriser son budget et à rétablir l’équilibre financier de l’Etat. Il entend utiliser cette procédure au cours des prochaines années pour rendre le système de gestion de la dépense publique plus transparent et plus efficace. Le diagnostic des opérations financières de l’Etat en cours en collaboration avec la Banque mondiale, la Banque Africaine de Développement et l’Union Européenne devrait déboucher sur un plan d’actions dès avril 2003. L’agenda de réforme sera complété sur cette base.

11.         Dans l’intervalle, les efforts se sont concentrés sur la mise en conformité des nomenclatures budgétaire et comptable et sur l’extension progressive d’un système informatique intégré de suivi de la chaîne de la dépense. Les mesures détaillées sont décrites dans l’annexe I et comprennent l’adoption des trois dernières directives de gestion des finances publiques de l’UEMOA d’ici la fin du 1er trimestre 2003. En 2003, l’application du plan comptable UEMOA et l’intégration des opérations de règlement du Trésor dans le logiciel intégré de suivi de la dépense sera testée. De la sorte, dès le début de l’exercice fiscal 2004, il sera possible de suivre l’exécution de la dépense jusqu’au paiement à partir de ce logiciel.

12.         Le gouvernement prendra les dispositions permettant la diffusion de l’information financière et le contrôle. Ainsi, seront produits : en mars 2003, une balance de sortie de la gestion 2002; mensuellement une balance des comptes; trimestriellement un TOFE ; et en juin 2003 les comptes de gestion et le compte de l’Administration de l’année 2002. Ce calendrier sera également effectif pour les années suivantes. Le retard constaté dans l’adoption des lois de règlement des budgets 1997 à 2001 sera résorbé durant le premier semestre 2003 (comptes 1997 à 2000) et dans le second semestre (comptes 2001), pour se conformer aux dispositions communautaires de l’UEMOA. Enfin, le gouvernement entend remplir d’ici à mars 2003 le questionnaire relatif à une mission possible du module de finances publiques du Rapport sur l’Observation des Normes et Codes (RONC) du FMI.

13.         Le gouvernement s’engage également à réduire au maximum le recours aux procédures budgétaires exceptionnelles. A cet effet, il procèdera à la régularisation intégrale des encours d’avances de trésorerie (AT) et de paiements par anticipation (PPA) - dépenses de fonctionnement et d’investissement confondues-, accordé au cours de l’exercice 2002 à l’issue de la période complémentaire (février 2003). A partir de l’exercice 2003, le stock total d’AT et PPA ne devrait pas dépasser 15 pour cent du montant de l’allocation budgétaire de la Loi de finances trimestrialisée [1], hors comptes spéciaux du Trésor et investissements sur ressources extérieures. Dans la mesure où l’accumulation de montants importants dans les comptes de dépôts tels que définis dans le protocole d’accord technique réduit la lisibilité de l’exécution effective de la dépense, le gouvernement entend ne pas dépasser un solde agrégé de plus de CFAF 20 milliards à la fin de chaque mois pour ces comptes.

14.         Enfin, dans la mesure où la mise en œuvre de réformes structurelles pourrait impliquer des coûts à la charge de l’Etat, le gouvernement veillera à leur bonne évaluation ainsi qu’aux inscriptions budgétaires requises, si nécessaire par une Loi de Finances rectificative après consultation avec les services du FMI. A mesure que le programme de réforme sera mis en œuvre, ces coûts, de même que les produits des privatisations, pourront être évalués de manière plus précise. Ceci concerne en particulier : (i) une recapitalisation partielle du fonds de pension géré par l’IPRES au titre des arriérés de contributions d’entreprises en liquidation, de la Poste et de l’Université de Dakar et la recapitalisation que la Banque mondiale envisage de financer dans le cadre de son appui à la réforme des pensions ; (ii) les coûts éventuels de la privatisation de la SENELEC et de la SONACOS, éventuellement au titre d’un plan social, et (iii) les opérations d’apurement des dettes et créances croisées de la Poste et du Trésor au titre de la compensation des chèques postaux, ainsi que le besoin possible d’une recapitalisation de cette société en vue de la filialisation de ses activités financières.

B.  Politique monétaire et du secteur financier

15.         La politique de la monnaie et du crédit en 2003 restera prudente. La masse monétaire augmenterait de 8,8 pour cent en 2003. La Position Nette du Gouvernement s’améliorerait à concurrence de 0,3 pourcent de la masse monétaire de début de période tandis que le crédit à l’économie progresseraient de 6,7 pour cent de la masse monétaire de début de période. Pour accompagner le développement de la micro-finance, qui connaît une croissance rapide, le gouvernement, en coopération avec les bailleurs de fonds, publiera un document d’orientation pour la stratégie à mettre en œuvre dans ce secteur. Ce document fixera les responsabilités respectives de la cellule AT-CPEC du Ministère de l’économie et des finances, du nouveau ministère de l’entrepreneuriat féminin et du micro-crédit, ainsi que de la BCEAO. Il précisera en outre les tâches qui seront dévolues à titre principal à ces institutions en veillant à une séparation entre les fonctions de supervision et régulation d’une part, de celles de développement et de promotion d’autre part.

C.  Entreprises publiques

16.         En vue d’éviter tout déséquilibre financier majeur d’origine parapublique, l’Etat prendra les mesures nécessaires pour assurer un suivi plus rapproché des entreprises publiques en difficulté (SONACOS et la SENELEC) sur la base d’informations financières et comptables produites mensuellement.

D.  Réformes structurelles

 

17.         Arachide : le gouvernement continuera en 2003 à suivre de manière rapprochée la gestion de la SONACOS et se tiendra prêt à prendre toute mesure susceptible d’éviter une aggravation de sa situation financière. En outre, il continuera le processus de privatisation de l’entreprise, en annonçant avant fin juillet 2003 les modalités de sa stratégie de privatisation et en lançant un appel d’offres international selon le schéma retenu. Dans la mesure où la mise en œuvre de la privatisation entraîne des charges pour l’Etat au titre, par exemple, d’un plan social le coût estimatif de ces charges fera l’objet d’une inscription budgétaire si nécessaire dans une Loi de Finances rectificative en 2003, afin de ne pas retarder le processus. En outre, le gouvernement entend publier, parallèlement au processus de privatisation, un document de politique couvrant notamment la réglementation fiscale et douanière du secteur, le financement des producteurs, les aspects institutionnels de la gestion de la filière, les fonds spéciaux, le mode de fixation du prix indicatif aux producteurs, et le fonctionnement de la campagne de collecte sous le nouveau système carreau usine. Ce document décrira aussi les grandes lignes de la politique du gouvernement dans le sous-secteur arachidier, axé sur la diversification de la production dans le bassin arachidier, le renforcement des organisations de producteurs et l’amélioration des rendements.

18.         Le gouvernement est conscient que, comme l’expérience internationale l’a montré, la phase de pré-privatisation requiert une vigilance particulière pour éviter une aggravation subite de la solvabilité de l’entreprise. Dans ce but, afin de faciliter la validation des comptes de l’entreprise qui constituera une préoccupation importante des investisseurs potentiels, le Gouvernement entend s’assurer que l’entreprise conduise un appel public largement diffusé pour que tout détenteur de créances résiduelles sur la SONACOS se manifeste dans un délai fixé au terme duquel la SONACOS, en accord avec le cabinet conseil financier, procédera à l’inventaire exhaustif de ces créances. La SONACOS veillera à ne pas procéder à un apurement partiel de ces créances avant la conclusion de cet inventaire et sa validation. Les termes de référence du cabinet conseil financier dans la privatisation intégreront le suivi comptable de l’entreprise dans la période de pré-privatisation.

19.          Electricité. Pour assurer une performance soutenue à long terme du secteur, le gouvernement envisage d’assurer dès 2003 l’entrée du secteur privé selon deux axes. Premièrement, il fera appel à l’investissement privé dans un schéma IPP (Independent Power Producer) pour une extension de la capacité de production d’environ 60 MW, équivalent à environ 20 pourcent de la capacité disponible à fin 2002, dont l’entrée en service devrait intervenir à fin 2004/en début 2005. Un cahier de charge est en préparation et un appel d’offres international compétitif devrait être lancé en juin 2003. Deuxièmement, le gouvernement précisera les options et modalités de la privatisation de la SENELEC, en mars 2003, dans le cadre d’une lettre de politique sectorielle de développement pour l’énergie (sous secteur de l’électricité).

20.         Dans l’intervalle, le gouvernement prendra toutes les mesures permettant d’assurer que la gestion  courante de la SENELEC garantisse une performance satisfaisante aussi bien technique que financière. En particulier, le gouvernement s’assurera que :

·                    La SENELEC procède à l’apurement complet de ses arriérés;

·                    les investissements dans le cadre du Programme d’Urgence de la SENELEC se limitent à l’essentiel exigé par les impératifs techniques, en accord avec les recommandations des bailleurs de fonds impliqués dans le secteur, à savoir la Banque mondiale et l’Agence Française de Développement. La Banque mondiale a déjà indiqué ses dispositions à apporter un appui financier à l’Etat. Ce programme devra être compatible avec la capacité future du secteur de supporter les charges de financement des coûts de ces investissements, ainsi que devrait le démontrer la modélisation financière à moyen terme en préparation ;

·                    les dispositions contractuelles sur les prix de l’électricité incluant la formule de contrôle de revenu soient appliquées sans changement en 2003. En effet, la fixation des tarifs de l’électricité est gouvernée principalement par les dispositions du contrat de concession entre l’Etat et la SENELEC. Il ressort de l’application de la formule de contrôle du revenu à fin 2002 qu’il n’ y a pas lieu de procéder à une augmentation des prix de l’électricité. Par ailleurs, un changement structurel de la régulation des prix sera envisagé lors de la mise en œuvre de la réforme institutionnelle du secteur ;

·                    enfin, la gestion financière de l’entreprise soit suivie par les services du Ministère de l’Economie et des Finances de manière rapprochée, sur base d’informations financières et comptables régulières produites par la SENELEC. Un audit des comptes arrêtés à fin juin 2003 par les commissaires aux comptes sera réalisé et dont les résultats seront disponibles à fin septembre 2003.

21.         Les dispositions exceptionnelles que le Gouvernement prendra dans le cas d’une hausse du coût du carburant importé, dépassant 30 pour cent sur une période de plus de trois mois par rapport aux prévisions du plan de trésorerie de l’entreprise seraient axées sur le principe suivant : la SENELEC utiliserait d’abord son potentiel de découvert dans les banques locales jusqu’à la limite autorisée de 6,1 milliards, dégageant environ 3 milliards pour absorber les surcoûts. Ensuite le reliquat du déficit de trésorerie serait couvert par l’Etat en recourrant aux seules recettes fiscales additionnelles tirées de cette hausse et, le cas échéant, à un possible appui budgétaire des bailleurs. Enfin, si l’impact sur les coûts de la SENELEC d’une hausse des cours du pétrole dépassait sa capacité de financement bancaire et la subvention prévisible de l’Etat, premièrement, les tarifs seraient ajustés dans le courant de l’année en cours, avant la revue annuelle des tarifs prévues en fin 2003, selon les dispositions d’ajustement exceptionnel des tarifs en vigueur sous le cadre régulatoire existant; et, deuxièmement, cet ajustement serait maintenu pour une période suffisamment longue, même dans un contexte de baisse subséquente des cours du pétrole, de telle sorte qu’il permette d’absorber le coût additionnel dû à la hausse des cours du pétrole financé par facilité bancaire.

22.         Poste : Le souci d’amélioration du fonctionnement de la Poste, eu égard à son rôle important dans le fonctionnement de l’économie et dans l’accès des zones rurales aux moyens de paiement et à l’information, ainsi qu’aux risques financiers pour les finances publiques liés à une mauvaise performance, a conduit le gouvernement à reformuler sa politique pour ce secteur. Les grandes orientations de cette politique incluent l’assainissement de la gestion de l’entreprise et la filialisation des activités financières (Comptes-chèques Postaux (CCP) et Caisse Nationale d’Epargne (CNE)) notamment pour les soumettre à la réglementation des institutions financières et en assurer la supervision comme telle. Ces mesures devraient permettre à terme d’autonomiser la Poste par rapport au Trésor, et de réduire les risques de dérapage financier à supporter par l’Etat. Le gouvernement a publié une Lettre de Politique du Secteur en Février 2003 qui consacre ces orientations et s’attaque d’emblée à sa mise en œuvre. Un appui technique financé par la Banque mondiale est déjà prévu pour renforcer la gestion financière de l’entreprise. Par ailleurs, le Trésor et la Poste procèderont à un apurement de l’encours historique de leurs dettes et créances réciproques au titre de la compensation des chèques postaux. Enfin, si la filialisation des services financiers de la Poste exigeait une recapitalisation de l’entreprise, le gouvernement cherchera à mobiliser des ressources extérieures concessionnelles pour financer cet exercice, et s’assurera d’une inscription budgétaire, si nécessaire dans une Loi de Finances Rectificative en 2003.

E.  Politique du secteur extérieur

23.         Le déficit du compte courant (hors dons) de la balance des paiements devrait passer de 6,3 pour cent du PIB en 2002 à 7,6 pour cent du PIB en 2003, reflétant les mouvements de la balance commerciale. Les projections au titre des capitaux publics en 2003 laissent apparaître un gap de financement qui sera couvert par les décaissements du Fonds monétaire sous le nouvel arrangement au titre de la FRPC, et de ceux de la Banque mondiale sous le scénario de base de sa nouvelle Stratégie d’Appui, et de la Banque africaine de développement ; à moyen terme, les appuis des organisations multilatérales devraient suffire à couvrir le gap anticipé.

24.         D’une manière générale, les projections au niveau de la balance des paiements font plus que jamais apparaître la sensibilité de l’économie aux chocs exogènes, en particulier en ce qui concerne les termes de l’échange (principalement le prix des arachides et du pétrole) et les chocs climatiques. Au vu des fortes incertitudes sur les prix mondiaux du pétrole, le gouvernement consultera les services du FMI, si le prix de ces produits augmente de 30 pour cent par rapport aux hypothèses du programme ou si leur augmentation mettait en danger la réalisation des objectifs du programme.

25.         Le point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE renforcée avant fin 2003 va requérir une mise à jour complète de l’analyse de soutenabilité de la dette (ASD) préparée en Juin 2000 pour le point de décision, et qui devra être conduite conjointement par le gouvernement, la Banque mondiale et le Fonds monétaire à l’approche du point d’achèvement.

F.  Développement du secteur privé, gouvernance et réforme judiciaire

Développement du secteur privé

26.         Une lettre de politique de développement du secteur privé est en cours de préparation. En outre, le gouvernement a mis en place depuis novembre 2002, un Conseil présidentiel de l’investissement pour une politique dynamique d’amélioration de l’investissement. L’adoption de la lettre de politique de développement est prévue au plus tard à fin avril 2003. Un plan d’action accompagnera cette lettre, qui portera sur les principales mesures suivantes : l’amélioration du climat des investisseurs, la facilitation de la participation du secteur privé et le renforcement de la compétitivité, le renforcement des capacités humaines et institutionnelles d’appui au secteur privé, la mise en œuvre de stratégies sectorielles dans des secteurs tels que le tourisme, l’industrie culturelle, les textiles et la confection, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Bonne gouvernance

27.         Le gouvernement a décidé d’organiser l’amélioration de son intervention dans le cadre d’un programme de la bonne gouvernance qui s’articule autour de six composantes dont l’amélioration de la qualité du service public, la gouvernance économique et la gouvernance judiciaire. A l’issue de la réforme, l’administration sera gérée avec rigueur au travers de mécanismes de transparence, de contrôle, de mérite et de sanctions clairement définis, afin d’en accroître l’efficacité et le rendement et d’en atténuer les surcoûts. Le Président de la République a annoncé la création de la Commission de Surveillance de la Bonne Gouvernance. En outre, un nouveau code des marchés a été adopté.

Réforme du système judiciaire

28.         Afin de promouvoir une justice crédible, rapide et efficace, le gouvernement envisage des actions (i) de renforcement des moyens humains, par le recrutements de 15 magistrats et 20 greffiers par an, (ii) de formation continue des magistrats et greffiers, (iii) de modernisation du greffe pour le rendre fonctionnel (réforme structurelle et informatisation) et la réhabilitation des locaux.

L’Amélioration de l’appareil statistique

29.         Le gouvernement du Sénégal a mis en œuvre un nombre de mesures visant à améliorer la qualité et la couverture de l’appareil statistique et la diffusion de l’information économique et sociale. A cet égard, un atelier de validation des comptes nationaux pour la période 1996-2001 selon la méthodologie du Système des Comptes Nationaux des Nations Unies de 1993 (SNA93) s’est tenu en Décembre 2002 avec la participation d’AFRISTAT.

30.         Dans le souci d’accroître la fiabilité des informations statistiques, le gouvernement compte mettre en place un Institut National de la Statistique et de la Démographie. Les textes relatifs au projet de loi et décrets portant création de ces structures ont été préparés et la procédure d’adoption est enclenchée. L’Institut sera créé au plus tard à fin juin 2003.

G.  Suivi du programme

65.            L’exécution du programme du Gouvernement sera suivi à l’aide de critères de réalisation quantitatifs et structurels, d’indicateurs quantitatifs et de repères structurels de réalisation. Ceux-ci sont décrits en détail, en même temps que les actions préalables au démarrage de l’arrangement, dans le protocole technique de suivi du programme joint en annexe.

 



[1] Ce qui correspondrait à 28.2 milliards.

 

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