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Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés : Mémoire présenté par le Sénégal |
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ANNEXE : METHODOLOGIE D’IDENTIFICATION DES PAYS LES MOINS AVANCES Depuis 1991, le CPD
utilise trois critères d’identification des PMA, auxquels s’ajoute un plafond
de population (75 millions), ce dernier signifiant qu’aucun nouveau pays qui
aurait une population supérieure à ce plafond ne pourrait être ajouté à la
liste (cette mesure n’a jamais été appliquée rétroactivement au Bangladesh). En vertu des
critères qui furent adoptés en 1991, et qui à cette date (remplaçant à cette
date les critères initiaux de 1971) et conservés lors des révisions de la liste
en 1994 et 1997, les PMA étaient avant 2000 définis comme des pays à bas
revenu, souffrant de retards importants dans le développement de leur capital
humain et d’une faible diversification économique. Ces trois notions
étaient quantitativement saisies par le biais des trois indicateurs suivants: . le produit intérieur brut par habitant
(moyenne des trois années les plus récentes pour lesquelles les statistiques du
PIB sont disponibles); . un indice composite de qualité de
vie, qui regroupe 4 indicateurs de santé, de nutrition et d’éducation; . un indice composite de diversification
économique, également basé sur 4 indicateurs. Le CPD
recommandait, en avril 1999, que l’indice composite de diversification
économique soit remplacé par un indice de vulnérabilité économique, ce dernier
étant basé sur cinq composantes statistiques qui reflètent les principales
dimensions de la vulnérabilité économique des pays. Le Comité recommandait en
même temps que soient apportées quelques modifications à l’autre indice
composite, qui concrétise le critère de capital humain ou de qualité de vie. Ainsi,
le CPD faisait évoluer la définition des PMA de la notion soulignée ci-dessus à
la notion nouvelle de pays à bas revenu, souffrant de retards importants
dans le développement de leur capital humain et d’un degré élevé de
vulnérabilité économique. Ces recommandations concernant l’évolution des
critères ont été “appréciées” par le Conseil Economique et Social lors de sa
session substantive de juillet 2000, mais n’ont pas été formellement ratifiées
par le Conseil, qui a demandé au Comité de poursuivre le travail relatif à
l’amélioration de la méthodologie d’identification des PMA, et de présenter au
Conseil en 2002 le résultat de ce travail, c’est-à-dire une proposition
définitive en vue de la révision triennale de la liste des PMA en 2003[1]. 1. critère de revenu par
habitant Le nouveau seuil
d’inclusion dans la catégorie des PMA, établi en avril 2000, est de $900. 2. critère de retard dans le développement du
capital humain Le critère de faiblesse dans le développement
du capital humain est basé sur un indice composite d’indicateurs sociaux,
l’Indice Révisé de Qualité de Vie Physique (APQLI dans son sigle
anglais). L’écart entre le niveau du Sénégal et le seuil d’admissibilité dans
la catégorie était de 36% lors de la précédente révision de la liste des PMA en
1997. Il est maintenant de 33% à la lumière de la performance du pays dans ses
indicateurs de santé, de nutrition et d’éducation. Cela veut dire que la
situation sociale du pays est inférieure d’un tiers au seuil en-dessous duquel
le « critère social » d’entrée dans la catégorie des PMA est
satisfait. Dans la méthodologie relative à la
constitution de cet indice composite, deux des indicateurs de qualité de vie
(le taux de scolarisation primaire et secondaire, et le taux d’alphabétisation
des adultes) sont restés inchangés depuis la révision des critères de 1997. Le
CPD a proposé en revanche une modification de l’indicateur de nutrition,
l’apport journalier en calories étant remplacé par l’apport en proportion des
besoins locaux. Enfin, l’espérance de vie à la naissance, qui constituait
auparavant l’indicateur démographique de santé, a été remplacé par le taux de
mortalité des enfants de moins de cinq ans. 3. critère de
vulnérabilité économique L’indice de
vulnérabilité économique (IVE) proposé par le CDP se substitue à l’ancien
indice de diversification économique tout en conservant certains aspects de ce
dernier. Les cinq indicateurs constituant les composantes de base de l’IVE
sont: (i) la part du secteur manufacturier et des services non-gouvernementaux
dans le PIB; (ii) l’indice de concentration des exportations de marchandises de
la CNUCED; (iii) un indicateur d’instabilité de la production agricole; (iv) un
indicateur d’instabilité des exportations de biens et de services; et (v) la
population du pays (en logarithme). La part du secteur
manufacturier et des services non-gouvernementaux dans le PIB se substitue à la
part du seul secteur manufacturier dans le PIB, qui était une des composantes
de l’indice de diversification économique. Ce nouveau ratio s’inscrit mieux que
le précédent dans la logique de saisie de la vulnérabilité, car en apportant
une mesure de la diversification économique du pays, le ratio est inversement
proportionnel à l’exposition structurelle de l’économie aux chocs extérieurs:
plus un pays a réussi à diversifier son économie vers des domaines à valeur
ajoutée plus élevée, moins il est exposé aux principaux chocs extérieurs
naturels et économiques qui guettent la plupart des pays en développement. S’il
est vrai que les industries et les services modernes sont peu affectés par les
chocs climatiques et les chocs de prix internationaux, il convient cependant de
noter que les secteurs modernes de l’économie ne sont pas épargnés par les
chocs économiques qui concernent l’évolution de la demande internationale. Dans
le contexte de la mondialisation, l’intensification de la concurrence
internationale affecte aussi fortement les secteurs secondaire et tertiaire que
le secteur primaire, et de nombreux pays en développement qui ont bénéficié de
traitements préférentiels pour l’accès à d’importants marchés observent une
érosion des préférences existantes au profit de concurrents plus compétitifs. L’indice de
concentration des exportations de marchandises (calculé par la CNUCED)
constitue une autre mesure de l’exposition de l’économie aux chocs extérieurs:
plus la structure des gains en devises est concentrée, plus est grand le risque
de fragilité de l’économie si les quelques secteurs dans lesquels cette
concentration est observée sont sensibles aux chocs considérés. Le calcul de
l’indice composite de vulnérabilité économique a retenu l’année 1998 pour cet
indicateur fourni par la CNUCED, qui a l’inconvénient d’être limité aux
exportations de marchandises sans comprendre les exportations de services. En introduisant
dans l’indice composite de vulnérabilité économique un indicateur d’instabilité
de la production agricole, les experts du CPD ont voulu fournir une mesure
approximative de l’impact des chocs extérieurs naturels, par rapport auxquels
on considère que l’agriculture est, de tous les secteurs économiques, le plus
vulnérable. En Afrique de l’ouest comme dans plusieurs autres pays en
développement, la sécheresse est un type de choc fréquent et un facteur
d’instabilité économique aisément mesurable sur le plan de la production
agricole (y compris vivrière). D’autres régions souffrent plus ou moins
fréquemment d’ouragans, d’inondations, de raz de marée, de tremblements de
terre ou d’éruptions volcaniques. L’indicateur demeure pertinent pour les
économies en développement dominées par des activités autres que l’agriculture
(ex: le Cap-Vert), car on peut considérer (bien qu’il s’agisse ici d’un degré
supplémentaire d’approximation) que les autres secteurs de l’économie seront
également affectés par d’éventuels chocs naturels. Cela peut être vrai dans le
domaine des infrastructures touristiques pour des pays subissant fréquemment
des ouragans. L’indicateur utilisé pour mesurer l’instabilité de la production
agricole est basé sur une période rétrospective de 20 ans (1979-1998), qui
constitue une base crédible pour apprécier la fréquence et l’ampleur de
l’instabilité. L’instabilité
des exportations de biens et de services constitue l’autre volet de la
mesure de l’instabilité économique considérée par les experts du CPD comme un
important critère de vulnérabilité. Elle reflète en théorie l’impact de
l’ensemble des chocs extérieurs sur l’économie, y compris les chocs naturels
que le précédent indicateur d’instabilité saisissait déjà. Toutefois, c’est
pour jeter une lumière particulière sur les chocs économiques non-naturels que
les experts ont souhaité introduire cet indicateur, qui reflète principalement
les facteurs d’instabilité liés aux marchés internationaux. Ces facteurs
comprennent notamment les fluctuations des prix internationaux des produits de
base, et plus généralement, les effets de la libéralisation du commerce et de
la mondialisation, en particulier, les difficultés dont souffrent de nombreux
pays en développement sur le plan de la concurrence internationale, tant pour
les exportations de produits primaires que pour les exportations de produits
manufacturés et de services. Dans ce dernier secteur, au premier rang duquel se
situent les services internationaux de transport et le tourisme, les PMA et les
autres pays en développement sont confrontés à une rude concurrence, compte
tenu de la difficulté qu’ils ont, notamment dans une même région, à offrir des
services différents et de meilleure qualité que ceux des nations voisines. Afin
de refléter les chocs économiques extérieurs qui se manifestent sur le plan des
termes de l’échange, l’indicateur d’instabilité qu’a calculé le CPD (sur la
base de la période 1979-1997) est basé sur une déflation des recettes
d’exportation en dollars par un indice des valeurs unitaires importées
(statistiques du FMI). Enfin, la population
considérée en logarithme apporte à l’indice composite de vulnérabilité
économique une dimension structurelle importante, en permettant d’introduire la
notion de déséconomie d’échelle qui sous-tend la vulnérabilité des
petites économies, ces dernières étant généralement handicapées dans leurs
efforts de diversification, d’amélioration de la spécialisation, et en
définitive, de réduction des causes structurelles de vulnérabilité. Plus les
pays sont petits, plus ils ont tendance à être affectés par les handicaps qui
empêchent une amélioration des structures économiques et une moindre
vulnérabilité. Le “lissage” en logarithme de la série statistique correspondant
à cet indicateur simple est nécessaire compte tenu des écarts de population
trop vastes, au sein de l’échantillon de 128 pays en développement, entre les
pays les plus grands (Chine, Inde) et les pays les plus petits (Tuvalu,
Kiribati). [1] Il convient de noter ici une contradiction, de la
part du Conseil Economique et Social des Nations Unies, entre la non-adoption
définitive des nouveaux critères et l’acceptation sans ambiguïté (et bien
définitive aussi) de la recommandation d’une inclusion du Sénégal,
l’admissibilité de ce dernier étant entièrement fondée sur l’utilisation des
mêmes nouveaux critères. << Retour
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