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Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés : Mémoire présenté par le Sénégal |
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2. Les objectifs, stratégies et politiques de
croissance économique et de réduction de la pauvreté Sur la période 1996-2000, le
Sénégal a enregistré des taux de croissance du PIB de 5 % en moyenne,
essentiellement portée par le secteur tertiaire et le secteur secondaire. En
revanche, le secteur primaire a connu une évolution très différenciée, avec des
replis en 1997 et en 1998, suivi d’une reprise en 1999 et en 2000. La reprise
de l’activité économique s’est faite dans un contexte de maîtrise de
l’inflation ressortie, à 0,7% en 2000, et de réduction des déficits financiers. En particulier, la
politique budgétaire a permis de dégager au cours de ces dernières années un
excédent budgétaire de base (environ 1,5% du PIB en l’an 2000) grâce à une
forte progression des recettes, en
dépit du désarmement douanier intervenu dans le cadre de l’Union Economique et
Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et une plus grande maîtrise des dépenses
courantes. Les performances économiques enregistrées, bien que globalement appréciables, n’ont pas fait reculer le chômage, ni permis d’ améliorer les conditions de vie des populations de manière significative avec un niveau de pauvreté préoccupante . En effet, L’Enquête Sur les Priorités (ESP) de 1991 a montré que 33% des individus étaient pauvres avec un seuil de pauvreté par individu de 110,8 F CFA par jour, permettant un apport énergétique 2400 calories. En 1995, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM), a montré que selon la même méthodologie, 65% des individus étaient pauvres avec un seuil estimé à 392 F CFA par jour et par équivalent adulte. Au regard de ces constats, le Gouvernement du Sénégal
s’est engagé au cours des prochaines années à la réalisation d’une croissance
plus forte et durable et à l’intensification des actions de réduction de la
pauvreté en mettant en place une stratégie globale dont l'objectif est de
réduire de 50% l'incidence de la pauvreté des ménages d'ici l'an 2015. De façon opérationnelle, la stratégie
de croissance et de réduction de la pauvreté prend appui sur la mise en œuvre
des principales orientations suivantes : 2.1. Stratégies de croissance
Le Gouvernement entend poursuivre la mise en œuvre cohérente de mesures de stabilisation du cadre macro-économique et d’un ensemble de réformes structurelles et sectorielles dans le but de lever les contraintes qui affectent l’offre, de relever la compétitivité des productions nationales, d’assurer une ouverture accrue et efficiente de l’économie nationale sur la région et sur le reste du monde. Une autre option stratégique du Gouvernement consiste renforcer le poids du secteur privé appelé à jouer un rôle prépondérant dans les secteurs économiques concomitamment et à un recentrage des activités de l’Etat sur ses missions premières afin de mieux satisfaire la demande sociale. La stratégie de croissance s’articulera autour des orientations suivantes : - la promotion de l’investissement, notamment des exportations; - d’une amélioration de la qualité de la dépense publique qui tient compte des engagements pour l’initiative 20/20 ; - le développement local qui implique un partenariat plus actif entre l’Etat, les groupements socioprofessionnels et les collectivités locales ; - la gestion rationnelle de l’environnement qui atténue l’impact des aléas climatiques et des actions anthropiques induites par la dégradation des conditions de vie et qui permet de restaurer l’équilibre des milieux naturels. 2.2. Stratégie de
réduction de la pauvreté En matière de lutte contre la pauvreté, la priorité est mis sur le renforcement des capacités des populations concernées, ceci à travers la constitution de capital physique (avoirs financiers et biens de production), d’un capital humain par un meilleur accès à une alimentation de qualité, aux services de santé et d’éducation, d’un capital social. La mise en œuvre de la stratégie globale de réduction de la pauvreté , s’articulera autour des orientations stratégiques suivantes: §
l’approche par la
demande : §
la démarche
participative/responsabilisante : §
la stratégie du faire –
faire et le partenariat : §
la mise en place d’un
cadre de coordination stratégique tant au niveau national que local; §
le ciblage des zones
vulnérables en vue d’un développement de micro – réalisations mieux articulé
aux politiques et réformes sectorielles et leur mise en œuvre sous forme de
paquets d’activités permettant de créer les changements sociaux et d’améliorer
les conditions de vie des populations. § la mise en place d’un programme de renforcement des capacités institutionnelles de tous les acteurs. 2.3. Politiques de promotion de la
croissance et de réduction de la pauvreté
Au plan de la gestion macro-économique,
l’analyse des performances de l’économie sénégalaise, mise en perspective avec
les exigences d’une satisfaction accrue de la demande sociale permet de dégager
des lignes d’action majeures dans l’objectif de réaliser une croissance forte
et durable :
-
la réduction de la
vulnérabilité de l’économie aux chocs exogènes, par une action sur les
structures, pour permettre de rompre avec les fluctuations amples et erratiques
de la croissance ; -
l’enrichissement des
sources de la croissance économique par la promotion d’activités fortement
génératrices d’emplois et de revenus ; -
la mobilisation accrue
de l’épargne nationale grâce à la diversification des instruments financiers,
et la redynamisation de la politique efficiente d’attrait de l’investissement
direct étranger ; -
L’implication du secteur
privé dans la politique de promotion des infrastructures ; -
La mise en œuvre d’un
processus participatif pour renforcer l’acceptabilité sociale des programmes et
politiques de réformes économiques et
sociales ; -
Le renforcement du
capital humain ; -
Le renforcement de
l’efficacité économique des administrations à travers la promotion de la bonne
gouvernance et de l’Etat de droit ; -
L’amélioration de
l’appareil statistique national
essentielle à la conception et au suivi de l’exécution des politiques
économiques et sociales. En ce qui
concerne singulièrement la politique budgétaire, le Sénégal adoptera, en
concert avec les pays de l’UEMOA, des réformes hardies d’amélioration des
recettes et de gestion rigoureuse des dépenses publiques basées sur une
meilleure allocation des ressources. En particulier, l’Etat
veillera à l’amélioration de la liaison
programme/budget en vue d’asseoir une articulation entre le budget
d’investissement et le budget de fonctionnement qui renforce l’efficacité de la
dépense publique. Il continuera également d'accroître les ressources allouées
aux secteurs sociaux en même temps que
des améliorations seraient apportées à
la programmation et à l’exécution des dépenses publiques dans ces secteurs. S’agissant des politiques structurelles et sectorielles l’accent est mis sur la poursuite et le parachèvement des réformes déjà entreprises. Il s’agit en l’occurrence : (i) de l’amélioration du cadre réglementaire et juridique des activités de production et d’échange; (ii) des politiques de réforme dans les secteurs de l’agriculture , de l’élevage et de la pêche ; (iii) des politiques de réforme des secteurs des transports, de l’énergie et des mines., (iv) des politiques de valorisation des ressources humaines et de réduction de la pauvreté. S’agissant du cadre juridique,
En ce qui concerne spécifiquement la stratégie de lutte contre la pauvreté, la réalisation de l’enquête budget-consommation en 2000/2001 permettra la mise à jour et l’affinement des statistiques sur le profil de la pauvreté au Sénégal. Pour assurer l’efficience des politiques de lutte contre la pauvreté, l’expérience des budgets/programmes menée dans les secteurs de la santé et de l’éducation sera étendue aux autres secteurs. Sur cette base, l’élaboration des différents programmes de lutte seront mises en cohérence avec la distribution spatiale des investissements. L’élaboration à cet effet d’une carte numérique devra permettre de retracer dans un même cadre la distribution des investissements dans les secteurs sociaux, la cartographie de la pauvreté ainsi que celle des zones de production en milieu rural . Pour le processus de conception et la conduite à bonne fin du programme, Gouvernement a opté pour une approche participative, ouverte, avec l’implication totale de la société civile et une concertation approfondie avec les partenaires sociaux. Le secteur rural a particulièrement retenu l’attention des pouvoirs publics qui poursuivront les mesures en faveur de : (i) l’accès à l’eau potable en milieu rural avec un objectif de 35l/j/hbt en l’an 2010 grâce à un programme de forages équipés pour les villages de plus de 1.000 habitants qui ne sont pas desservis par des réseaux d’alimentation classique; (ii) l’extension de l’électrification rurale à travers un programme d’équipement qui permettra d’équiper les chefs-lieux de Communautés Rurales (CR), les villages-centres de plus de 2000 habitants; (iii) le développement des pistes rurales dans le cadre d’une stratégie que vont appuyer le Programme Sectoriel des Transports (PST) et le Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR) (iv) le développement du micro-crédit pour les petits producteurs. << Retour
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