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Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés : Mémoire présenté par le Sénégal |
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1. Pourquoi le Sénégal est-il un PMA? Jusqu’en 2000, le
Sénégal n’avait jamais été cité comme étant admissible dans la catégorie des
PMA lors des précédentes révisions triennales de la liste. Même la chute de son
produit intérieur brut converti en dollars des Etats-Unis à la suite de la
dévaluation du franc CFA de 1994 n’entraîna pas une admissibilité du pays dans
la catégorie lors de la révision de la liste des PMA en 1997. Ce sont
principalement la faiblesse de ses résultats et en particulier, une
détérioration continue de ses indicateurs socio-économiques, ainsi que
l’évolution des critères de détermination de la liste des PMA [1]qui
ont fait apparaître le Sénégal comme pouvant rejoindre la catégorie. Ces
critères sont le revenu par habitant , le retard dans le développement du
capital humain, la vulnérabilité économique. La situation du
Sénégal en considération de ces critères, a évolué comme suit. 1.1. Le Sénégal et le critère de revenu par
habitant Le Sénégal continue
à souffrir d’un niveau de revenu moyen très inférieur au seuil d’inclusion. Son
PIB moyen par habitant était de $545 au cours des trois dernières années
(1996-1998), c’est-à-dire inférieur de 39% au nouveau seuil d’inclusion de $900
établi en avril 2000. 1.2 Le Sénégal et le critère de retard
dans le développement du capital humain Le critère de faiblesse dans le développement du capital humain
est basé sur l’Indice Révisé de Qualité de Vie Physique (APQLI dans son
sigle anglais), un indice composite d’indicateurs sociaux : le taux de
scolarisation primaire et secondaire, et le taux d’alphabétisation des adultes,
l’apport calorifique moyen journalier en proportion des besoins en 1997, le
taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. L’écart entre le niveau du
Sénégal et le seuil d’admissibilité dans la catégorie était de 36% lors de la
précédente révision de la liste des PMA en 1997. Il est maintenant de 33% à la
lumière de la performance du pays dans ses indicateurs de santé, de nutrition
et d’éducation. Cela veut dire que la situation sociale du pays est inférieure
d’un tiers au seuil en-dessous duquel le « critère social » d’entrée
dans la catégorie des PMA est satisfait. Avec un taux de
mortalité des enfants de 115 pour mille en moyenne annuelle depuis 1995, le
Sénégal n’est dépassé en Afrique de l’ouest que par le Ghana (101 pour mille;
pour mémoire, Cap-Vert: 64 pour mille, Maroc: 68 pour mille). Les trois pays de
la région qui se rapprochent le plus de la performance sénégalaise sont le Togo
(129 pour mille), le Bénin (133 pour mille) et la Côte d’Ivoire (136 pour
mille). Les taux les plus élevés dans la région sont ceux de la Sierra Leone
(263 pour mille), du Mali (236 pour mille) et de la Guinée (207 pour mille). Sur le plan du
niveau nutritionnel (apport calorique journalier moyen en proportion des
besoins en 1997), le Sénégal, avec un taux de 115,1%, est dépassé par sept pays d’Afrique de
l’ouest continentale (Nigeria: 130,2; Mauritanie: 124,8%; Ghana: 124,3%; Côte
d’Ivoire: 124,3%; Bénin: 118,4%; Togo: 117,6%; Guinée-Bissau: 115,7%), ainsi
que par le Cap-Vert (143,6%), dont la production agricole, très modeste, doit
être complétée par une aide alimentaire. Le taux de
scolarisation primaire et secondaire du Sénégal (43% en 1996) est dépassé,
en Afrique de l’ouest, par ceux du Cap-Vert (83%), du Togo (75%), du Libéria
(72,3%), du Nigéria (69%), du Ghana (60%), de la Guinée-Bissau (55,1%), de la
Gambie (54%), de la Sierra Leone (52,2%), de la Mauritanie (49%), du Bénin
(48%) et de la Côte d’Ivoire (48%). Seuls le Niger (19%), le Burkina Faso
(25%), le Mali (27%) et la Guinée (31%), dans la même région, ont connu une
performance de scolarisation plus mauvaise que celle du Sénégal. Le taux
d’alphabétisation des adultes, en 1996, était de 33,1% au Sénégal, et était
inférieur à ceux de 8 pays d’Afrique de l’ouest, dont 5 PMA: le Cap-Vert
(69,4%), le Ghana (63,9%), le Nigéria (57,1%), le Togo (50,7%), le Liberia
(45,2%), la Côte d’Ivoire (40,1%), la Mauritanie (37,7%), et la Guinée (35,9%).
Seuls le Niger (13,4%) et le Burkina Faso (19,2%) ont enregistré des taux
d’alphabétisation sensiblement inférieurs à ceux du Sénégal, alors que quatre
autres pays de la région observaient, comme le Sénégal, des taux proches du
tiers: la Gambie (30,9%), la Sierra Leone (31,4%), la Guinée-Bissau (31,5%) et
le Bénin (31,6%). 1.3 Le Sénégal et le
critère de vulnérabilité économique L’indice de
vulnérabilité économique (IVE) proposé par le CDP se compose de cinq
indicateurs: (i) la part du secteur manufacturier et des services non-gouvernementaux
dans le PIB; (ii) l’indice de concentration des exportations de marchandises de
la CNUCED; (iii) un indicateur d’instabilité de la production agricole; (iv) un
indicateur d’instabilité des exportations de biens et de services; (v) la population du pays (en logarithme). Pour le Sénégal, le
CPD a observé un ratio du secteur manufacturier et des services privés par
rapport au PIB de 47,4% en 1997, qui situe le pays au 41ème rang d’un
échantillon de 128 pays en développement, dans lequel Singapour et l’Argentine
arrivent en tête, et Myanmar (Birmanie) et l’Afghanistan en queue. Il convient
de noter que le Sénégal, en 1997, se situait en tête de l’ensemble de l’Afrique
de l’ouest sur le plan de cet indicateur, avec un ratio proche de celui du Maroc
(49,5%). Les ratios les plus faibles de la sous-région étaient ceux du Nigéria
(18,5%) et de la Guinée-Bissau (22,0%), et les ratios les plus proches de celui
du Sénégal étaient ceux de la Côte d’Ivoire (41,3%) et de la Gambie (37,5%). Le calcul de l’indice
composite de vulnérabilité économique a retenu l’année 1998 pour l’indice de
concentration des exportations de marchandises, qui a l’inconvénient d’être
limité aux exportations de marchandises (sans comprendre les exportations de
services). Avec un niveau de 0,286 dans l’indice de concentration de ses
exportations, le Sénégal apparaît comme l’économie la moins concentrée (la plus
diversifiée) d’Afrique de l’ouest: les deux pays se rapprochant le plus de son
niveau étaient le Ghana (0,380) et le Togo (0,393), et les deux économies les
plus éloignées du niveau –peu élevé-- de concentration des exportations du
Sénégal, c’est à dire présentant les structures d’exportation de marchandises
les plus concentrées, étaient le Nigéria (0,897) et le Mali (0,790). L’instabilité de la
production agricole du Sénégal, sur la base des calculs du CPD, est très
élevée, se situant au 124ème rang de l’échantillon des 128 pays en
développement (le 128ème --le Cap-Vert-- est le plus instable). En Afrique de
l’ouest, seule la Gambie semble avoir souffert d’une instabilité comparable à
celle du Sénégal (seulement de 1% supérieure), les mêmes chocs naturels ayant
entraîné la même instabilité compte tenu de la superposition géographique des
deux pays. Les deux autres nations d’Afrique de l’ouest ayant le plus souffert
au cours de la même période de 20 ans sont le Niger (114ème rang, de 14% moins
instable que le Sénégal) et le Libéria (111ème rang, de 21% moins instable). Il
convient de noter que la Mauritanie, dont la production agricole est beaucoup
plus modeste que celle du Sénégal, ne se situe qu’au 31ème rang de
l’échantillon de 128 pays, alors que le Maroc, au 123ème rang, a souffert d’une
instabilité inférieure de seulement 3% à celle du Sénégal. Alors qu’il se
situe parmi les pays en développement ayant souffert de la plus forte
instabilité de la production agricole, le Sénégal a enregistré une moins forte
instabilité de ses recettes d’exportations de biens et de services, un
indicateur pour le lequel il se situe seulement au 43ème rang sur 128 pays (le
128ème –la République Démocratique du Congo—étant le plus instable). Cette
observation résulte de l’absence d’une forte vulnérabilité, tant par rapport
aux prix internationaux que par rapport à la demande mondiale, des biens et
services exportés par le Sénégal. En Afrique de l’ouest, tous les autres pays
ont manifesté une plus grande instabilité de leurs exportations de biens et
services, les quatre pays les moins éloignés de la performance sénégalaise
étant la Mauritanie (44ème rang, de 1,5% plus instable que le Sénégal), la
Guinée (48ème rang, de 7,5% plus instable), la Côte d’Ivoire (49ème rang, de 8%
plus instable), et le Mali (53ème rang, de 16% plus instable). Il convient de
noter que le Maroc, au 23ème rang et avec un degré d’instabilité de 23%
inférieur à celui du Sénégal, se situe, notamment grâce à la stabilité de ses
exportations de services touristiques et de transport, dans le quartile des
pays en développement les moins instables sur le plan de leurs recettes d’exportation. Enfin, avec une
population de près de 9 millions d’habitants en 1997, le Sénégal arrivait au
56ème rang des pays en développement, la Chine étant au premier rang de
l’échantillon et Tuvalu (10.000 habitants) au 128ème rang. Il ressort de ces observations qu’au total le Sénégal satisfait à la fois aux trois critère d’admissibilité dans les PMA. On note également que l’introduction d’un critère de vulnérabilité économique dans la méthodologie d’identification des PMA a révélé une forte vulnérabilité du Sénégal, le principal élément révélateur de cette situation étant l’instabilité de la production agricole. La substitution d’un indice de vulnérabilité économique (IVE) à l’indice de diversification économique (IDE) a donc eu un impact déterminant sur l’admissibilité du Sénégal dans la catégorie des PMA. Celle-ci n’avait pas été prononcée en 1997 parce que le critère de faible diversification économique n’était pas satisfait (le Sénégal se situait très près du seuil d’inclusion au titre de l’IDE: 26,7 pour un seuil de 26, en-dessous duquel le pays aurait été considéré comme peu diversifié). L’admissibilité est intervenue en 2000 parce que le nouveau critère de vulnérabilité économique (avec une marge supérieure à celle de 1997) était satisfait: le Sénégal apparaît comme étant le deuxième pays au-dessus de ce seuil (après Kiribati), manifestant un degré de vulnérabilité économique de 12% supérieur au seuil d’inclusion. [1] Voir en annexe note méthodologique sur les
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