République du Sénégal
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III Mise en œuvre ET SUIVI EVALUATION

 

1.     La mise en œuvre d’un projet de cette envergure qui s’étale sur un horizon de 10 ans (4 ans pour la phase de mise en place de la plateforme et 10 ans pour la phase d’investissements productifs dans la plateforme), nécessite un schéma d’organisation performant aussi bien dans les procédures de passation et de gestion des marchés de travaux que dans le suivi de leur mise en œuvre dans l’optique du respect d’un certain nombre de normes de délais et de qualité. Pour ce faire, l’administration a opté pour le « faire faire ». En d’autres termes il, s’agit pour le Gouvernement du Sénégal de procéder une délégation de la maîtrise d’ouvrage de ce projet au profit de structures mieux adaptées pour la réalisation de projets de cette envergure tout en contenant les délais dans des limites raisonnables.

 

 

III.1 CADRE INSTITUTIONNEL DE MISE EN OEUVRE

 

2.     Le Gouvernement, en rapport avec les bailleurs de fonds, a adopté en juin 2003 un plan d’actions relatif aux procédures budgétaires et de passation des marchés publics à la suite des rapports CFAA et CPAR. La mise en œuvre de ces actions dont le suivi est assuré par un Comité conjoint Etat – Bailleurs de fonds, devrait nous rapprocher des meilleures pratiques internationales, notamment les procédures optimales qui garantissent les principes de concurrence, de transparence et de traçabilité dans la gestion des ressources.

 

3.      Par ailleurs, le Gouvernement et les bailleurs de fonds se sont entendus sur une liste de 18 indicateurs de performance en termes de mise en oeuvre du DSRP sur lesquels les bailleurs devraient se fonder pour l’appui au titre de l’aide budgétaire. En attendant la finalisation de ces travaux et au regard des limites actuelles des procédures budgétaires, le Gouvernement propose l’USAID qui dispose déjà de compétences avérées en matière de comptabilité, suivi évaluation et passation de marchés, comme Agent fiduciaire chargé de la gestion financière du projet. Elle devra à cet égard rendre compte au Ministère de l’Economie et des Finances qui signe l’accord de rétrocession.

 

 

4.     Les travaux prévus seront pilotés par des agences d’exécution, sur la base de convention de maîtrise d’ouvrage délégué avec les Ministères techniques impliqués dans la gestion du Compact, notamment le Ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire (MUAT), le Ministère des Infrastructures, de l’Equipement, des Transports Terrestres et des Transport Maritimes Intérieurs (MIETTMI)  selon les principes de bonne gestion communément admis. Les Agences d’exécution prépareraient les dossiers d’appels d’offres et le suivi des travaux qui leurs sont confiés, sous la supervision des Ministères techniques concernés.

 

Encadré 1 : PROCESSUS CONSULTATIF

 

Le Sénégal possède une large expérience en matière de processus participatif pour la définition de politique économique et sociale. Déjà, bien avant son  l’éligibilité au MCA, il avait engagé sur le site de Diamniadio une concertation active avec les acteurs de la zone dans le cadre de la définition du Programme d’Urbanisation de Diamniadio. Ce large processus avait abouti à l’érection de l’ancienne Communauté rurale de Diamniadio en Commune et l’adoption de textes pour la sécurisation des terres en vue de nombreux projets qui y sont prévu.

 

Evénements et date

Ordre du jour

Nombre de participants

CRD tenue en Février 2002 à Diamniadio

Discussion sur l’ancien PUD de Diamniadio

Plus de 100 personnes représentants, les sociétés parapubliques, publiques, Privés, les collectivités locales et la société civile

Réunion Groupe de Travail le 29 Juillet 2002 au Novotel Dakar

Constitution de 3 groupes de travail :

1-        Organisation et Gestion des espaces et préservation de l’environnement

2-        Fonction industrielle et Commerciale de Diamniadio

3-        Fonction transport de Diamniadio

 

 

Secteur Privé

Société Civile

Collectivité locale

Démembrements de l’Etat

Réunion de présentation des rapports des groupes de travail à l’hôtel Ngor Diarama le 5 mars 2003

Présentation des rapports des 3 groupes de travail constitué le 29 juillet 2002

Secteur Privé

Société Civile

Collectivité locale

Démembrements de l’Etat

CRD du 12 Mai 2004 pour validation du Nouveau PUD de Diamniadio

Validation du nouveau PUD de Diamniadio

Questions Diverses

Plus de 100 personnes représentants, les sociétés parapubliques, publiques, Privés, les collectivités locales et la société civile

 

A la suite de l’éligibilité au MCA, le Gouvernement a mis en place un Comité de Coordination chargé de la préparation de la proposition du Sénégal. Ce Comité qui rassemble en son sein des représentants de l’Administration et du Secteur privé a adopté un processus de large concertation tout au long de ses travaux. La proposition dégagée au terme de ses nombreuses séances de travail ont permis de partager  au cours d’un premier atelier  qui s’est tenu le 1er juillet 2004 les orientations et le contenu du compact proposé dans le cadre du MCA. Durant cet atelier  une restitution globale des orientations du Compact à la Société Civile, au Patronat, à l’Administration et à l’ensemble des autres acteurs a été faite. L’objectif de cette restitution etait d’abord de donner aux acteurs concernés des informations sur le Millenium Challenge Account et ensuite de présenter les orientations du Compact que le Sénégal soumettra au Millenium Challenge Corporation. L’accent a été particulièrement mis sur la nature et les objectifs du Compact qui est un projet économique destiné à accélérer le rythme de  croissance économique pour améliorer les conditions de vie des populations.

 

A l’initiative de l’une des principales organisations du Patronat représentée dans le Comité de Coordination, une grande station de radio de la place  a consacré un long débat autour de la proposition du Sénégal.

 

Un second atelier organisé le 14 septembre 2004 a abouti à un consensus sur les modalités de mise en œuvre du programme et de définition d’un cadre institutionnel approprié impliquant tous les acteurs (Etat, secteur privé, société civile et bailleurs de fonds). Les travaux ont essentiellement porté sur le schéma de mise en œuvre, le choix de l’Agent Fiduciaire et la position des organes de Pilotage et de Suivi. Ce sont les conclusions de l’atelier qui fondent le schéma de mise en œuvre proposé dans ce document.

 

Un atelier de validation du document final a été organisé le mercredi 22 décembre 2004. Il s’agissait d’assurer les différents acteurs de la prise en compte de leurs préoccupations exprimées au cours des précédents ateliers et de l’enquête de perception.

En effet, une enquête de perception a été organisée au sein du secteur privé afin de recueillir les opinions, motivations et craintes du secteur privé par rapport au Compact.

 

Cette enquête de perception révèle que le secteur privé était fortement concerné et impliqué dans le projet de mise en place d’une plateforme multifonctionnelle à Diamniadio. Toutefois, les opérateurs privés sont unanimes à demander une administration privée de la plateforme.

 

L’enquête révèle également que les entreprises concernées par les délocalisations sont prêtes à se déplacer moyennant des mesures incitatives à définir et convenir avec elles. L’AFD est prête à participer au financement de la délocalisation des entreprises situées sur la Baie de Hann.

 

 

Tableau N° 1 : Liste des Organisations

 

Nom des Organismes

 

Nombre d’Entreprises membres

 

Nom du Président

 

Noms et Fonctions des personnes rencontrées

CNES

1800 adhérents

 

Mansour CAMA

Mor Talla Kane

Directeur Exécutif

CNP

800 adhérents

 

 

Baidy AGNE

Papa Nalla Fall

Président de la commission économique financière

SPIDS

100 dont 92 entreprises industrielles adhérentes

 

Christian BASSE

Philippe Barry

Secrétaire Général

MEDES

 

_

Mbagnik DIOP

Bureau et 20 membres dans une réunion de groupe

SNBTP

300 entreprises

Abdel Kader NDIAYE

Abdel Kader NDIAYE, président

Chambre des Métiers de Dakar

14200 répertoriés

Maguette MBOW

Président

Maguette MBOW ,

Président

Chambre des métiers de THIES

4500 répartis dans les 3 départements

Habib DIOP

Président

Habib DIOP

Président

APIX

1681 Entreprises agréées au code des investissements entre 2000 et 2003

Madame Aminata Niane Directrice Générale

Mr Lamothe Mbaye économiste

Mme Aissatou Nelly NDIAYE Coordonnateur du Guichet Unique

Mme Rita Da Costa FALL, responsable Résolution des problèmes

Mme Mariane NDIAYE, responsable du Centre de Suivi de la Documentation

 

APPROSI

Programme de 270 bâtiments industriels ainsi que des terrains viabilisés sur un site de 92 ha dans le périmètre de la plateforme de Diamniadio en cours de réalisation

 

Monsieur Fara Ndiaye TALL Directeur Général

Mr Moustapha Kane Secrétaire Général

Mme Mbengue responsable Marketing

 

Il faut souligner que les documents relatifs au MCA, des critères qui ont sous tendu l’éligibilité du Sénégal à la proposition, en passant par le rapport de différents ateliers sont affichés sur le site du Ministère de l’Economie et des Finances (www.finances.gouv.n).

 

 

5.     Les travaux seront exécutés sous la supervision d’un Comité de Pilotage présidé par le Premier Ministre et comprenant  l’Etat, les Bailleurs de Fonds et la Société civile.  Ce Comité  se réunira deux fois dans l’année.

 

6.     Un Comité de Coordination et de Suivi présidé par le Ministre de l’Economie et des Finances et comprenant les mêmes acteurs mentionnés plus haut sera mis en place et  se réunira régulièrement (mensuellement ou trimestriellement). Ce Comité veillera à la bonne exécution du Compact, notamment sa mise en œuvre selon l’échéancier et les orientations retenus. Il veillera également à l’atteinte des objectifs en s’appuyant notamment sur les indicateurs de suivi. La coordination des interventions des bailleurs de fonds se fera au sein de cette structure où seront également discutés et initiés en rapport avec les services techniques les textes réglementaires (actes administratifs) qui doivent accompagner l’exécution du Compact.

 

 

III.2  LES RISQUES LIES AUX MODALITES DE MISE EN ŒUVRE

 

7.     Comme tout programme de  développement, il existe des risques liés à la mise œuvre qu’il convient de déceler dès la phase de conception afin d’intégrer dans la stratégie des mesures d’atténuation voire d’élimination ou de transformation de ces risques, en  atouts. Les risques majeurs identifiés portent essentiellement sur l’occupation actuelle de l’espace, sur la maintenance des infrastructures et les difficultés éventuelles d’accès au financement.

 

8.     Toutefois, les risques sur l’occupation actuelle de l’espace devraient être amenuisés par le processus participatif qui a sous tendu le Plan d’Urbanisme de Diamniadio, mais également par le processus de validation du programme par l’Etat, la Société Civile et les Bailleurs de fonds. Par ailleurs, le Gouvernement a sécurisé le site par décret présidentiel n° 2002-574 du 6 juin 2002 actualisé par le décret n°2004 1006 du 19 Juillet 2004 qui institue le secteur de Diamniadio en zone spéciale d’aménagement. Aucun titre de propriété délivré après le 06 juin 2002 n’est valable. Pour les titres fonciers privés déjà octroyés avant le décret et se situant dans les emprises frappées de servitude, une procédure de déplacement volontaire est en cours.

 

9.     S’agissant de la maintenance des infrastructures, le Gouvernement a opté pour une administration privée de la plateforme. A cet égard, il explorera l’expérience de Dubaï, Bahrein et Putrayaja (Malaisie). Des visites ont déjà été organisées en Egypte et en Tunisie.

 

10.S’agissant des difficultés d’accès au financement, elles devraient être considérablement réduites, voire éliminées avec la mise en place d’une facilité de financement de l’ordre de 60.1 millions USD et l’orientation essentielle des ressources issues des ventes de parcelles au renforcement de ladite facilité de financement.

 

 

III.3 SUIVI ET EVALUATION

 

III.3.1 Le suivi de la gestion de l’exécution du projet

 

11.L’Agent fiduciaire chargé de l’exécution financière du Compact tiendra la comptabilité du projet selon les différentes optiques :

-         Comptabilité budgétaire pour le suivi de l’exécution financière des budgets mis en place dans le cadre du projet.

 

-         Comptabilité Analytique : avec pour objet de déterminer des coûts selon différents points d’analyse, notamment par structures, par fonction ou par activité du plan d’action.

 

-         Suivi des engagements et décaissements pour un suivi complet du cycle des opérations financières du Projet (Cycle fondamental DELP : Dotation budgétaire, Engagement,  Liquidation - ordonnancement, Paiement), afin de connaître à tout moment le niveau des engagements et celui des décaissements.

 

12.Pour assurer un bon suivi du projet, des rapports périodiques seront produits à la sanction des organes de pilotage du programme, en vue de contrôler le niveau d’exécution technique, financière et administrative des différentes composantes. Le tableau suivant décrit les types de rapports et leur fréquence. Les rapports seront fournis et présentés sur le site du Projet ou celui du  Ministère de l’Economie et des Finances afin d’assurer la transparence de la gestion.

 

TYPES

FREQUENCE

Gestion administrative

 

o        Rapport de passation des marchés (consultants, fournitures et travaux)

Trimestrielle

Gestion financière

 

o        Rapport financier

Trimestrielle

o        Rapport des états financiers

Annuelle

o        Rapport d’audit des comptes

Annuelle

o        Rapport financier de fin d’exécution du projet

Fin du projet

Gestion technique

 

o        Rapport sur l’état d’avancement des activités (par composante)

Trimestrielle

o        Rapport global d’activités (pour toutes les composantes)

Semestrielle

o        Rapport de revue à mi-parcours

Suivant le phasage du projet

o        Rapport d’achèvement des activités du projet

Fin du projet

 

 

 

 

III.3.2 Les indicateurs de suivi de l’exécution du projet

 

13.L’objectif global du programme qui a été décomposé en trois composantes principales se décline en plusieurs objectifs spécifiques. Pour l’atteinte de ces objectifs spécifiques, les activités sont clairement identifiées, les indicateurs de suivi définis (voir annexe).

 

14.Parmi les indicateurs de suivi, on rappellera les indicateurs de moyens, les indicateurs de résultat et les indicateurs d’impact. En ce qui concerne les indicateurs d’impact, on distinguera ceux qui mesurent les effets mécaniques sur la croissance et la réduction de la pauvreté de ceux qui mesurent les effets à moyen terme.

 

15.Il convient de noter que la réalisation de ce projet aura à moyen et long terme un effet catalyseur et incitatif sur la création de nouveaux pôles de développement.  Ces effets seront identifiés et mesurés à l’aide d’indicateurs.

 

 

 

Encadré 2 : ENGAGEMENT SUR LES INDICATEURS DU MCA

Le Gouvernement a retenu la création de richesse comme premier levier de la lutte contre la pauvreté dans le DSRP élaboré en 2001 dans le cadre d’un large processus participatif. Ce document est le cadre de référence en termes de conduite des politiques économiques et sociales. Le DSRP pose la nécessité de la stabilité du cadre macroéconomique, notamment la stabilité des prix et un déficit des finances publiques soutenable qui font par ailleurs l’objet d’un suivi particulier dans le cadre de nos relations avec le Fonds Monétaire International et dans le cadre du suivi des indicateurs de la surveillance multilatérale au sein de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.

 

L’amélioration de l’environnement des affaires fait également l’objet d’un suivi rapproché à travers le Conseil Présidentiel sur l’Investissement dans le cadre de la mise en oeuvre de la Stratégie de Développement du Secteur Privé.

 

Au total, le Sénégal devrait au moins maintenir ses performances sur les indicateurs relatifs à liberté économique. A cet égard, le nombre de jours pour créer une entreprise a été réduit à moins de 30 jours et le processus de réduction se devrait se poursuivre avec la centralisation à l’APIX des multiples guichets jalonnant le parcours de l’investisseur.

 

Par ailleurs, le DSRP de Sénégal a identifié l’investissement dans le capital humain et le capital social, la bonne gouvernance notamment comme des déterminants fondamentaux à la croissance à moyen et long terme de l’économie.

 

Aussi, le Gouvernement poursuit-il son effort d’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la santé qui vont absorber 50% du budget de fonctionnement de l’Etat en 2005. Parallèlement à cet effort, le Gouvernement veillera à l’efficacité de la dépense dans ces secteurs, notamment l’amélioration du taux d’immunisation contre les trois principales maladies qui a dépassé 80% en 2003et le redressement du taux d’achèvement de l’école primaire, plus spécifiquement pour les filles. Ce taux qui n’était pas suivi dans le cadre du Programme Décennal pour l’Education et la formation fait dorénavant partie avec le taux de scolarisation des indicateurs prioritaires de suivi du Gouvernement pour l’éducation primaire.

 

Dans le domaine de la gouvernance, en plus des droits garantis par la Constitution, l’Etat a lancé en juin 2004 la mise en oeuvre de son Programme National de Bonne Gouvernance élaboré dans le cadre d’un large processus participatif et une table ronde des bailleurs de fonds devrait être organisé d’ici début 2005 aux fins de boucler le financement de ce programme qui renforcera les libertés civiques et politiques ainsi que l’efficacité de l’administration. En ce qui concerne plus spécifiquement la lutte contre la corruption, l’Assemblée Nationale a voté en novembre 2003 une loi portant création de la Commission Nationale de lutte contre la non transparence, la corruption et la concussion dont les membres ont été nommés. Les activités de cette commission démarreront effectivement en 2005.

 

 

16.  Le suivi des impacts sur les principaux bénéficiaires du Compact sera placé au cœur du dispositif de suivi qui sera mise en place. A cet égard, le déploiement du secteur privé qui en reste le principal bénéficiaire fera l’objet d’une attention particulière en vue de déterminer en tout moment les réalisations dans la zone d’emprise du projet et dans les pôles de développement induits, notamment dans les zones de Mbour, Thiès, Fatick et Kaolack,  en terme d’unités implantées, d’investissement, d’emplois créés et de valeur ajoutée générée.

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