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La proposition du Sénégal, consiste dans son premier
volet en la réalisation d’une Plateforme multifonctionnelle appelée Plateforme du
Millénaire, sur un site de 2500 ha, à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres
de Dakar. La Plateforme est destinée à accueillir de nouvelles activités
industrielles ou commerciales
En plus de la fourniture de sites industriels aménagés,
le programme vise aussi la mise en place
d’un cadre propice à la réalisation d’équipements marchands en partenariat avec
le secteur privé tant en ce qui concerne leur financement que leur exploitation.
Le second volet du programme concerne l’amélioration des dessertes
routières entre le site d’implantation de la Plateforme et les principaux pôles
économiques du pays à savoir Dakar – Thiès – Diourbel – Kaolack et Fatick. Pour ce faire, il
s’agira, dans un premier temps, de réaliser des infrastructures routières ayant
un impact significatif sur l’amélioration de la mobilité des biens et des personnes dans l’agglomération dakaroise
et dans un second temps la facilitation des liaisons interurbaines entre la
Plateforme et les principaux pôles économiques du pays (Dakar, Thiès, Kaolack,
Diourbel, Fatick).
L’offre
a pour objectif de lever les obstacles à l’accélération de la
croissance précédemment mis en exergue et sa réalisation s’inscrit dans le
cadre de la mise en œuvre du plan d’action associé à la Stratégie de
Développement du Secteur Privé (SDSP). La Plateforme et les voies d’accès
fluides favoriseront la mise en place de la nouvelle capitale politique et
administrative dont l’emplacement est prévu à moins de 70 km de Diamniadio et
la création de nouveaux pôles de développement
recommandés par la SDSP.
Le coût de ce vaste programme est estimé à près de 696
millions de USD et environ 548 millions de USD sont attendus du MCA, le
reliquat concernant des projets en cours d’exécution ou dont le financement est
déjà obtenu. Le programme devrait s’étaler sur quatre (4) ans.
TABLEAU DE FINANCEMENT (en US dollars )
|
Volet |
Total |
Disponible |
MCA |
|||
|
Etat |
Fonds Kowétien[1] |
Autres bailleurs |
Sous total |
|||
|
Plateforme |
223 048 327 |
- |
- |
- |
- |
223 048 327 |
|
Mobilité
urbaine |
328 810 409 |
26 951 673 |
63 197 026 |
- |
90 148 699 |
238 661 710 |
|
Liaisons
interurbaines |
144 052 045 |
- |
- |
58 550 186 |
58 550 186 |
85 501 859 |
|
Total
général |
695 910 781 |
26 951 673 |
63 197 026 |
58 550 186 |
148 698 885 |
547 211 896 |

II.2.1 Justification du programme
Comme mentionné précédemment, une hypothèque majeure pèse
sur la concrétisation du potentiel de croissance en raison de l’hypertrophie de
Dakar qui concentre près du quart de la population et plus de 80% des activités
économiques et industrielles sur moins de 0,3% du territoire. Par ailleurs, la quasi totalité des services administratifs et commerciaux
est concentrée à l’extrême ouest de Dakar. Ces choix ont engendré un important
mouvement pendulaire aux heures de pointe.

Aujourd’hui,
Dakar n’a plus la réponse aux exigences du niveau de développement économique
qu’elle a atteint au plan de la fonctionnalité et de la fluidité de la
circulation. Les difficultés notoires qui en résultent notamment la non
disponibilité de sites industriels aménagés et la congestion quasi permanente
de la circulation des biens et des personnes annihile toute possibilité
d’accélération de la croissance économique.
La raréfaction de
terrains à aménager à Dakar entraîne une
spéculation foncière qui atteint aujourd’hui des niveaux vertigineux mais
surtout incompatibles avec l’installation de certaines activités industrielles
ou commerciales. Cette insuffisance de foncier aménagé à proximité des grandes
infrastructures portuaires et aéroportuaires a été perçue comme un des
principaux freins à la réalisation des
investissements agréés par l’APIX (plus de la moitié des investissements agréés
ne sont pas réalisés). Au total, il y a actuellement un portefeuille de
plusieurs centaines de millions de USD
d’investissements qui ne peuvent être implantés par manque de sites
industriels aménagés à Dakar.
En ce qui
concerne la congestion à Dakar, son coût
était déjà évalué en 1998 à 200 millions
de USD, soit 4.6% du PIB. Aujourd’hui, la situation s’est davantage dégradée
avec l’insuffisance de la capacité
nominale des voies combinée au fait qu’il n’existe qu’une voie de sortie de
Dakar. Ce manque de mobilité urbaine est unanimement décrié par le
patronat comme étant une source
importante de perte de productivité des
entreprises sénégalaises.
II.2.2 Justification du choix du site
De ce qui précède il apparaît évident que pour lever la
contrainte majeure de l’accès à un foncier aménagé pour la réalisation
d’activités industrielles et commerciales, il faudra agir sur deux leviers essentiellement, notamment:
·
La réalisation d’un aménagement concerté sur un site
assez éloigné du cœur historique de Dakar pour échapper à son influence
spéculative mais tout en restant proche de ce cœur historique pour rester
attractif aux investisseurs. Cette zone devrait aussi se situer assez loin du
coeur historique de Dakar pour avoir un impact positif sur la mobilité urbaine par
l’inversion d’une partie du trafic de pointe.
·
L’amélioration de la mobilité urbaine de Dakar par la
réalisation d’infrastructures structurantes qui ont, en même temps, un effet
d’amélioration des conditions de desserte de cette nouvelle plateforme.
La résolution de l’équation posée par les deux
contraintes précédemment énoncées aboutit au choix du site de Diamniadio, à
l’extrémité orientale de la région de Dakar et à la croisée des deux routes
nationales les plus importantes, en termes de trafic entre Dakar et le reste du
pays.
Par ailleurs, en plus de répondre à ces exigences, le
site de Diamniadio, grâce à sa proximité avec la principale zone maraîchère du
pays et des principaux quais de débarquement des produits halieutiques offre
d’intéressantes possibilités de stockage et de traitement de ces produits
essentiellement destinés à l’exportation. En outre, il contribuera à stimuler
les activités liées au tourisme, notamment dans les zones à vocation
touristique assez proches (Mbour, Fatick).
,
Le choix du site est aussi guidé par la nécessité, dans
une stratégie de mise en place de pôles régionaux de développement économique
recommandés par la stratégie de développent du secteur privé, de créer une zone
tampon d’installation d’activités industrielles et commerciales ou de
redéploiement.
Il est aussi intéressant de noter que Diamniadio a toujours
été un carrefour d’échanges. Ainsi la réalisation de la Plateforme le
confirmera dans ce rôle en l’amplifiant. En effet, de par sa position
géographique, Diamniadio est à l’intersection des deux routes régionales
inscrites au programme du NEPAD. Il s’agit, de la transaharienne Dakar – Tanger dont le seul tronçon manquant,
Nouakchott - Nouhadibou (en Mauritanie) est en cours d’achèvement et de la
transahélienne Dakar – Djibouti dont la première section, Dakar – Bamako est
cours de réalisation. Cette position géographique justifie la volonté du
Gouvernement Sénégalais de faire de Diamniadio un pôle d’échanges à la fois
régional, national et sous-régional.
L’objectif global poursuivi dans la mise en place de la
Plateforme et la réalisation de voies d’accès fluides vers les principaux pôles
économiques du pays est d’accélérer la croissance économique aux fins de lutter
contre la pauvreté par la mise à disposition d’un foncier aménagé et sécurisé
aux investisseurs privés. C’est dans la poursuite de cet objectif de croissance
qu’il faut inscrire la nécessité d’améliorer la mobilité des biens et des
personnes dans l’agglomération dakaroise.
En effet, les différents choix de politiques de
développement économique et social
depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale ont abouti à
la l’hypertrophie de la ville de Dakar. Ces errements dans la politique d’aménagement
du territoire ont eu pour conséquence une très forte congestion de la circulation dont le coût
était évalué en 1998 à 200 millions de USD soit 4.6% du PIB.
Ils visent à lever les contraintes qui hypothèquent qui hypothèquent l’accélération de la
croissance et se déclinent en trois
composantes:
Les objectifs spécifiquement poursuivis consistent
en l’exécution de travaux d’aménagement et de viabilisation de 2500 ha de
terrain dont les 80% (soit 2000 ha) seront destinés à accueillir des activités
industrielles, artisanales, commerciales et touristiques. Les aménagements
envisagés devront aller jusqu’au niveau tertiaire en ce qui concerne les
réseaux. Pour améliorer la valeur ajoutée locale et réduire le plus possible
l’incidence d’un tel projet sur la balance commerciale du pays, le parti
d’aménagement retenu consistera, autant que faire se pourra, à utiliser les
matériaux locaux et à faire appel à la main d’œuvre pour la réalisation des
infrastructures.
Cela se traduit concrètement par une utilisation massive
du béton tant dans les réseaux (supports
de lignes électriques et téléphoniques, tuyaux d’adduction d’eau et d’assainissement, etc.) que dans les
voiries, pavés pour chaussées et trottoirs et par une utilisation des
techniques à Haute Intensité de Main d’œuvre
(HIMO). Les travaux d’aménagement de la Plateforme produiront les bases
nécessaires à l’installation d’activités industrielles, artisanales,
commerciales et touristiques tout comme la construction d’équipements
marchands spécifiques destinés à potentialiser les effets de la Plateforme.
Les manifestations d’intérêt déjà enregistrées aussi bien
pour une participation au financement de certaines des infrastructures dont les
équipements marchands ou l’installation d’activités industrielles dépassent
déjà les capacités d’accueil du site et totalisent, pour les plus avancées, un
montant d’investissement supérieur à un milliard de USD correspondant à une
création de plus de 45.000 emplois directs. (Les emplois du secteur privé
moderne font moins de 150 000). En
d’autres termes, le Sénégal pourrait atteindre dans un horizon de 4 à 5 ans des
taux d’investissement de 25% (contre 21% actuellement) et réaliser durablement
l’objectif de croissance de 7 à 8%.
Dans ce volet du programme, il est spécifiquement visé la réalisation
d’infrastructures routières devant
faciliter la liaison entre Dakar et
Diamniadio.
Il n’existe pour l’heure qu’une seule voie de sortie de
Dakar. Cet axe qui est très achalandé contribue
pour près de 50% aux externalités
négatives générées par la congestion de la circulation urbaine
(ralentissements, accidents, pollution, etc.).
L’aménagement de
cet axe y compris la construction d’échangeurs au niveau des carrefours les
plus chargés aura donc un impact positif très important sur la mobilité
urbaine.
Parallèlement, deux autres liaisons seront établies avec
Diamniadio, notamment à partir du Nord de la Capitale (pour contourner deux
villes situées entre Dakar et Diamniadio) et en longeant la mer.
Plusieurs petits
projets ayant un impact réel sur la mobilité urbaine dans l’agglomération de
Dakar ont également été identifiés dans le programme. Ils viennent compléter
des projets en cours de réalisation ou potentialiser les effets de projets déjà
réalisés.
Pour éviter les mêmes résultats négatifs que les
différentes politiques économiques ont eu sur la ville Dakar, il est impérieux,
dan le cadre de la mise en œuvre d’un projet de Plateforme aussi ambitieux que
celui de Diamniadio d’y inclure, dès la phase conceptuelle, la réalisation de
et/ou l’amélioration des voies d’interconnexion entre ce nouveau poumon
économique et les principales zones économiques du pays.
En effet, il est vital pour consacrer le rôle de
carrefour d’échanges que le Gouvernement veut donner à Diamniadio, de faciliter
son interconnexion avec les principales zones peuplées du pays, les zones à fortes
potentialités aussi bien agricoles que touristiques ainsi que les pays
limitrophes. Pour ce faire, il s’agira de réhabiliter quelques tronçons des
quatre principales routes nationales convergeant vers Diamniadio et construire
une route les traversant aux fins d’éviter un engorgement inutile de la ville.
[1] Un montant de 20 millions de USD devrait être approuvé par le Fonds
Kowétien au cours d’un Conseil d’Administration prévu au mois d’août 2004.
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