République du Sénégal
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II. Programme d’infrastructures soumis au financement du MCA

 

II.1 PRESENTATION RESUMEE DE LA PROPOSITION DU SENEGAL

 

La proposition du Sénégal, consiste dans son premier volet en la réalisation d’une Plateforme multifonctionnelle appelée Plateforme du Millénaire, sur un site de 2500 ha, à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar. La Plateforme est destinée à accueillir de nouvelles activités industrielles ou commerciales

 

En plus de la fourniture de sites industriels aménagés, le programme  vise aussi la mise en place d’un cadre propice à la réalisation d’équipements marchands en partenariat avec le secteur privé tant en ce qui concerne leur financement que leur exploitation.

 

Le second volet du programme  concerne l’amélioration des dessertes routières entre le site d’implantation de la Plateforme et les principaux pôles économiques du pays à savoir Dakar – Thiès – Diourbel – Kaolack et Fatick. Pour ce faire, il s’agira, dans un premier temps, de réaliser des infrastructures routières ayant un impact significatif sur l’amélioration de la mobilité des biens et  des personnes dans l’agglomération dakaroise et dans un second temps la facilitation des liaisons interurbaines entre la Plateforme et les principaux pôles économiques du pays (Dakar, Thiès, Kaolack, Diourbel, Fatick).

 

L’offre a  pour objectif de lever  les obstacles à l’accélération de la croissance précédemment mis en exergue et sa réalisation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action associé à la Stratégie de Développement du Secteur Privé (SDSP). La Plateforme et les voies d’accès fluides favoriseront la mise en place de la nouvelle capitale politique et administrative dont l’emplacement est prévu à moins de 70 km de Diamniadio et la création de nouveaux pôles de développement  recommandés par la SDSP.

 

Le coût de ce vaste programme est estimé à près de 696 millions de USD et environ 548 millions de USD sont attendus du MCA, le reliquat concernant des projets en cours d’exécution ou dont le financement est déjà obtenu. Le programme devrait s’étaler sur quatre (4) ans.

 

TABLEAU DE FINANCEMENT (en US dollars )

 

Volet

Total

Disponible

MCA

Etat

Fonds Kowétien[1]

Autres bailleurs

Sous total

Plateforme

  223 048 327  

                   -     

                   -    

                   -    

                   -    

    223 048 327  

Mobilité urbaine

  328 810 409  

    26 951 673  

    63 197 026  

                   -    

    90 148 699  

    238 661 710  

Liaisons interurbaines

  144 052 045  

                   -    

                   -    

    58 550 186  

    58 550 186  

      85 501 859  

Total général

  695 910 781  

    26 951 673  

    63 197 026  

    58 550 186  

  148 698 885  

    547 211 896  

 

 

 

II.2 JUSTIFICATION

 

II.2.1 Justification du programme

 

Comme mentionné précédemment, une hypothèque majeure pèse sur la concrétisation du potentiel de croissance en raison de l’hypertrophie de Dakar qui concentre près du quart de la population et plus de 80% des activités économiques et industrielles sur moins de 0,3% du territoire. Par ailleurs, la quasi totalité des services administratifs et commerciaux est concentrée à l’extrême ouest de Dakar. Ces choix ont engendré un important mouvement pendulaire aux heures de pointe.

 

                                           

 

 

Aujourd’hui, Dakar n’a plus la réponse aux exigences du niveau de développement économique qu’elle a atteint au plan de la fonctionnalité et de la fluidité de la circulation. Les difficultés notoires qui en résultent notamment la non disponibilité de sites industriels aménagés et la congestion quasi permanente de la circulation des biens et des personnes annihile toute possibilité d’accélération de la croissance économique.

 

 La raréfaction de terrains à aménager à Dakar entraîne  une spéculation foncière qui atteint aujourd’hui des niveaux vertigineux mais surtout incompatibles avec l’installation de certaines activités industrielles ou commerciales. Cette insuffisance de foncier aménagé à proximité des grandes infrastructures portuaires et aéroportuaires a été perçue comme un des principaux  freins à la réalisation des investissements agréés par l’APIX (plus de la moitié des investissements agréés ne sont pas réalisés). Au total, il y a actuellement un portefeuille de plusieurs centaines de millions de USD  d’investissements qui ne peuvent être implantés par manque de sites industriels aménagés à Dakar.

 

 En ce qui concerne  la congestion à Dakar, son coût était  déjà évalué en 1998 à 200 millions de USD, soit 4.6% du PIB. Aujourd’hui, la situation s’est davantage dégradée avec  l’insuffisance de la capacité nominale des voies combinée au fait qu’il n’existe qu’une voie de sortie de Dakar. Ce manque de mobilité urbaine est unanimement décrié par le patronat  comme étant une source importante de  perte de productivité des entreprises sénégalaises.

 

 

II.2.2 Justification du choix du site

 

De ce qui précède il apparaît évident que pour lever la contrainte majeure de l’accès à un foncier aménagé pour la réalisation d’activités industrielles et commerciales, il faudra agir sur deux  leviers essentiellement, notamment:  

 

·        La réalisation d’un aménagement concerté sur un site assez éloigné du cœur historique de Dakar pour échapper à son influence spéculative mais tout en restant proche de ce cœur historique pour rester attractif aux investisseurs. Cette zone devrait aussi se situer assez loin du coeur historique de Dakar pour avoir un impact positif sur la mobilité urbaine par l’inversion d’une partie du trafic de pointe.

·        L’amélioration de la mobilité urbaine de Dakar par la réalisation d’infrastructures structurantes qui ont, en même temps, un effet d’amélioration des conditions de desserte de cette nouvelle plateforme.

 

La résolution de l’équation posée par les deux contraintes précédemment énoncées aboutit au choix du site de Diamniadio, à l’extrémité orientale de la région de Dakar et à la croisée des deux routes nationales les plus importantes, en termes de trafic entre Dakar et le reste du pays.

                         

Par ailleurs, en plus de répondre à ces exigences, le site de Diamniadio, grâce à sa proximité avec la principale zone maraîchère du pays et des principaux quais de débarquement des produits halieutiques offre d’intéressantes possibilités de stockage et de traitement de ces produits essentiellement destinés à l’exportation. En outre, il contribuera à stimuler les activités liées au tourisme, notamment dans les zones à vocation touristique assez proches (Mbour, Fatick).

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Le choix du site est aussi guidé par la nécessité, dans une stratégie de mise en place de pôles régionaux de développement économique recommandés par la stratégie de développent du secteur privé, de créer une zone tampon d’installation d’activités industrielles et commerciales ou de redéploiement.

 

Il est aussi intéressant de noter que Diamniadio a toujours été un carrefour d’échanges. Ainsi la réalisation de la Plateforme le confirmera dans ce rôle en l’amplifiant. En effet, de par sa position géographique, Diamniadio est à l’intersection des deux routes régionales inscrites au programme du NEPAD. Il s’agit, de la transaharienne  Dakar – Tanger dont le seul tronçon manquant, Nouakchott - Nouhadibou (en Mauritanie) est en cours d’achèvement et de la transahélienne Dakar – Djibouti dont la première section, Dakar – Bamako est cours de réalisation. Cette position géographique justifie la volonté du Gouvernement Sénégalais de faire de Diamniadio un pôle d’échanges à la fois régional, national et sous-régional.

 

 

II.3 OBJECTIF GLOBAL

 

L’objectif global poursuivi dans la mise en place de la Plateforme et la réalisation de voies d’accès fluides vers les principaux pôles économiques du pays est d’accélérer la croissance économique aux fins de lutter contre la pauvreté par la mise à disposition d’un foncier aménagé et sécurisé aux investisseurs privés. C’est dans la poursuite de cet objectif de croissance qu’il faut inscrire la nécessité d’améliorer la mobilité des biens et des personnes dans l’agglomération dakaroise.

 

En effet, les différents choix de politiques de développement économique et social  depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale ont abouti à la l’hypertrophie de la ville de Dakar. Ces errements dans la politique d’aménagement du territoire ont eu pour conséquence une très forte  congestion de la circulation dont le coût était évalué en 1998 à 200 millions de USD soit 4.6% du PIB.

 

 

II.4 OBJECTIFS SPECIFIQUES

 

Ils visent à lever les contraintes qui hypothèquent  qui hypothèquent l’accélération de la croissance et se déclinent  en trois composantes:

 

 

II.4.1 Mise en place de la plateforme de Diamniadio

 

Les objectifs spécifiquement poursuivis consistent en  l’exécution de travaux d’aménagement et de viabilisation de 2500 ha de terrain dont les 80% (soit 2000 ha) seront destinés à accueillir des activités industrielles, artisanales, commerciales et touristiques. Les aménagements envisagés devront aller jusqu’au niveau tertiaire en ce qui concerne les réseaux. Pour améliorer la valeur ajoutée locale et réduire le plus possible l’incidence d’un tel projet sur la balance commerciale du pays, le parti d’aménagement retenu consistera, autant que faire se pourra, à utiliser les matériaux locaux et à faire appel à la main d’œuvre pour la réalisation des infrastructures.

 

Cela se traduit concrètement par une utilisation massive du béton tant  dans les réseaux (supports de lignes électriques et téléphoniques, tuyaux d’adduction  d’eau et d’assainissement, etc.) que dans les voiries, pavés pour chaussées et trottoirs et par une utilisation des techniques à Haute Intensité de Main d’œuvre  (HIMO). Les travaux d’aménagement de la Plateforme produiront les bases nécessaires à l’installation d’activités industrielles, artisanales, commerciales et touristiques tout comme la construction d’équipements marchands spécifiques destinés à potentialiser les effets de la Plateforme.

 

Les manifestations d’intérêt déjà enregistrées aussi bien pour une participation au financement de certaines des infrastructures dont les équipements marchands ou l’installation d’activités industrielles dépassent déjà les capacités d’accueil du site et totalisent, pour les plus avancées, un montant d’investissement supérieur à un milliard de USD correspondant à une création de plus de 45.000 emplois directs. (Les emplois du secteur privé moderne font moins de 150 000).  En d’autres termes, le Sénégal pourrait atteindre dans un horizon de 4 à 5 ans des taux d’investissement de 25% (contre 21% actuellement) et réaliser durablement l’objectif de croissance de 7 à 8%.

 

 

II.4.2 Amélioration de la mobilité urbaine

 

Dans ce volet du programme, il est  spécifiquement visé la réalisation d’infrastructures routières devant  faciliter la liaison entre Dakar et  Diamniadio.

 

Il n’existe pour l’heure qu’une seule voie de sortie de Dakar. Cet axe qui est très achalandé contribue  pour près de 50%  aux externalités négatives générées par la congestion de la circulation urbaine (ralentissements, accidents, pollution, etc.).

 

L’aménagement  de cet axe y compris la construction d’échangeurs au niveau des carrefours les plus chargés aura donc un impact positif très important sur la mobilité urbaine.

 

Parallèlement, deux autres liaisons seront établies avec Diamniadio, notamment à partir du Nord de la Capitale (pour contourner deux villes situées entre Dakar et Diamniadio) et en longeant la mer.

 

 

            

 

   

Plusieurs  petits projets ayant un impact réel sur la mobilité urbaine dans l’agglomération de Dakar ont également été identifiés dans le programme. Ils viennent compléter des projets en cours de réalisation ou potentialiser les effets de projets déjà réalisés.

 

 

II.4.3 Contribution à la création de nouveaux pôles de développement

 

 

Pour éviter les mêmes résultats négatifs que les différentes politiques économiques ont eu sur la ville Dakar, il est impérieux, dan le cadre de la mise en œuvre d’un projet de Plateforme aussi ambitieux que celui de Diamniadio d’y inclure, dès la phase conceptuelle, la réalisation de et/ou l’amélioration des voies d’interconnexion entre ce nouveau poumon économique et les principales zones économiques du pays.

 

En effet, il est vital pour consacrer le rôle de carrefour d’échanges que le Gouvernement veut donner à Diamniadio, de faciliter son interconnexion avec les principales zones peuplées du pays, les zones à fortes potentialités aussi bien agricoles que touristiques ainsi que les pays limitrophes. Pour ce faire, il s’agira de réhabiliter quelques tronçons des quatre principales routes nationales convergeant vers Diamniadio et construire une route les traversant aux fins d’éviter un engorgement inutile de la ville.

 



[1] Un montant de 20 millions de USD devrait être approuvé par le Fonds Kowétien au cours d’un Conseil d’Administration prévu au mois d’août 2004.

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