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LUTTE CONTRE
LA PAUVRETE
Au plan budgétaire, le Sénégal adoptera, en concert avec les pays de l’UEMOA, des
réformes hardies d’amélioration des recettes et de gestion rigoureuse des
dépenses publiques basées sur une meilleure allocation des ressources de
manière à maintenir un solde budgétaire
de base positif en 2002. A ce titre, l’excédent budgétaire de base, établi à 1,7 % du PIB en 1999, devrait se
stabiliser en moyenne pour les années 2000 et 2001 du fait principalement de
l’entrée en vigueur effective du Tarif Extérieur Commun.
Face aux difficultés constatées au niveau de la consommation des
crédits notamment dans certains
secteurs, le Gouvernement envisage à partir des conclusions de l'étude
sur la revue des dépenses publiques d’instituer en 2001 un système de budgets
par objectifs pour les ministères-tests de la Santé et de l'Education. L’Etat
devra procéder à l’amélioration de la liaison programme/budget en vue d’asseoir
une articulation entre le budget d’investissement et le budget de
fonctionnement qui renforce l’efficacité de la dépense publique. Il continuera
également d'accroître les ressources allouées aux secteurs sociaux en même temps que des améliorations
seraient apportées à la programmation
et à l’exécution des dépenses publiques dans ces secteurs
Les dépenses budgétaires de
fonctionnement du ministère de la santé continueront de s’accroître afin
d'atteindre la norme de 9% des dépenses budgétaires de
fonctionnement en 2002 conformément aux
recommandations de l’OMS. Le relèvement des ressources affectées à l'Education
nationale de base contribuera à l'augmentation du taux de scolarisation.
Au plan monétaire, la Banque Centrale poursuivra une politique vertueuse compatible avec les objectifs de croissance, d'inflation et d’amélioration de la position extérieure du Sénégal, en particulier, et de l’UEMOA, en général. A cet effet, les autorités monétaires s’emploieront à sauvegarder la valeur interne et externe de la monnaie commune de manière, d’une part, à rendre crédible le régime de change en vigueur dans un environnement international marqué par la mondialisation et d’autre part, à favoriser un ancrage effectif du FCFA à l’Euro. La politique monétaire favorisera également une intégration financière accrue au sein des pays de l’UEMOA. Par ailleurs, les banques devraient assurer le financement des investissements productifs, surtout dans les secteurs de l’industrie et des services et soutenir l’effort d’organisation des entreprises à la suite de l’accélération du rythme de libéralisation des échanges avec l’extérieur.
Le gouvernement conduira des politiques structurelles et sectorielles appropriées afin de placer son économie sur un sentier de croissance élevée et durable de manière à faire face avec efficacité à la pression de la demande sociale. A ce titre, il poursuivra les réformes déjà entreprises au niveau : (i) du cadre réglementaire et juridique ; (ii) des politiques agricoles, d’élevage et de la pêche ; (iii) des politiques des transports, de l’énergie et des mines.
Dans le secteur agricole où se trouve la majorité des pauvres, la politique de développement impulsée par l’Etat cherche à assurer la compétitivité des différentes filières et englobe une dimension de lutte contre la pauvreté avec l’implication des populations rurales dans la mise en place des différentes infrastructures économiques et sociales. Les objectifs assignés par les pouvoirs publics à cette politique agricole sont entre autres : (i) la réalisation d’un taux de croissance annuel d’au moins 4% ; (ii) l’amélioration de la sécurité alimentaire par une production locale diversifiée et compétitive ; (iii) la création d’emplois et la génération de revenus suffisants afin de lutter efficacement contre la pauvreté rurale ; (iv) la préservation de l’environnement.
Ces objectifs seront atteints grâce à
l’amélioration des infrastructures rurales (PNIR) et au développement du
micro-crédit pour les petits producteurs.
Le gouvernement
poursuivra l’amélioration des secteurs sociaux vitaux, en particulier
l’éducation et la santé. Les actions visant une meilleure promotion de la femme
et la lutte contre la pauvreté devraient également être renforcées pendant la période
de convergence fixée par l’UEMOA.
Des progrès notoires ont été réalisés dans le
domaine de l’éducation. Cependant,
les efforts fournis seront poursuivis pour atteindre les objectifs prioritaires
définis par le gouvernement dans ce secteur. Ces objectifs vont de l’élévation
du taux de scolarisation dans l’enseignement primaire à 68,6 % en l’an 2000
(65,5 % en 1999) et à 75% en 2001 à l’accroissement du taux de scolarisation
des filles en passant par une amélioration de la qualité du système éducatif
dans tous les cycles.
La bonne exécution du Programme Décennal de l’Education et de la Formation constitue une priorité dans l’objectif de scolarisation universelle en 2008. En plus, la meilleure maîtrise des flux, l’adéquation de l’enseignement technique et professionnel aux besoins locaux et la meilleure allocation des ressources publiques permettront d’améliorer l’efficacité du système éducatif. Le secteur privé continuera d’être mis à contribution pour satisfaire la forte demande existante. A ce titre, l’Etat veillera au renforcement des actions inscrites dans le Projet d’Amélioration de l’Enseignement Supérieur (PAES). En définitive, il s’agit d’atteindre la scolarisation universelle en l’an 2008 (TBS de 95%) en insistant sur la scolarisation de la petite fille et l’éradication de l’analphabétisme particulièrement chez les femmes dans le cadre du Programme Décennal de l’Education et de la Formation (PDEF).
Dans le cadre de la politique nationale
d’alphabétisation, d’éducation de base et de promotion des langues nationales, le
taux d’alphabétisation sera porté à plus de 50% en l’an 2000 (contre 48,2 % en
1999). Les femmes qui constituent la grande majorité des analphabètes feront
l’objet d’une attention accrue surtout en zone rurale. Les partenaires au
développement seront mis à contribution dans cette optique. Un suivi rigoureux
sera instauré pour pérenniser le processus d’alphabétisation.
Au niveau de la politique
de santé et d’action sociale, les actions inscrites dans le Plan National
de Développement Sanitaire (PNDS) qui couvre la période 1998 - 2007 seront
appliquées pour améliorer la situation sanitaire nationale. Le PNDS s’articule
autour d’un ensemble d’orientations stratégiques traduites en priorités dans le
Programme quinquennal (1998 - 2002) de Développement Intégré de la Santé (PDIS)
adopté en 1997.
L’équité dans l’accès aux soins de santé (à
l’horizon 2007 dans le cadre du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS)
) se traduira par une plus grande disponibilité des médicaments essentiels ;
l’accessibilité des services de santé (respect des normes de structure :
ratio couverture structures sanitaires/habitants ; l’amélioration des soins
(garantir un paquet minimum d’activité et relever le plateau technique :
consultation primaire curative, consultation prénatale, couverture vaccinale,
soins obstétricaux d’urgence, urgence chirurgicale, lutte contre
MST/SIDA) ; le contrôle maladies endémiques et surveillance
épidémiologique ; et le respect des normes de personnel (nombre personnel/structure
sanitaire).
Les
objectifs prioritaires de ce Plan sont actuellement en cours de réalisation à
travers le Programme de Développement Intégré de la Santé
(PDIS 1998-2002).
L’exécution
correcte de ce programme débouchera sur un meilleur environnement sanitaire
avec la baisse de la mortalité infanto - juvénile et maternelle, la baisse du
taux de fécondité, grâce au renforcement des efforts en matière de
planification familiale, et l’assainissement financier du système de santé
publique. La réforme hospitalière sera ainsi poursuivie et accentuée et la
norme de 9% du budget national pour la santé, fixée par l’OMS, continuera
d’être un objectif à court terme pour le gouvernement. Ceci permettra, aux
groupes vulnérables, un meilleur accès aux services de santé de qualité. Le
nombre d’habitants par centre de santé et par poste de santé devrait se situer
respectivement à 150 000 et 10 000 en
2000 contre respectivement 158 000 et 11 000 en 1997.
En matière de genre et développement, la bonne exécution du Plan
d’Action National de la Femme (PANAF) sera renforcée dans la période de
convergence. Ce plan permettra une meilleure promotion économique de la femme.
A cet effet, la mise en place d’équipements adéquats permettra d’alléger les
travaux domestiques, surtout en milieu rural, et le renforcement de leurs
capacités organisationnelles et entrepreneuriales.
Au niveau environnemental, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre de la stratégie de développement durable par l'utilisation de la méthode participative qui vise une meilleure responsabilisation des populations dans la gestion des ressources naturelles. Dans le cadre du Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE) actuellement en vigueur, tous les projets et programmes sont actuellement formulés au niveau des structures administratives en conformité avec le Programme National de Gestion de l'Environnement (PNGE) qui fait la synthèse des actions prioritaires identifiées dans les secteurs structurants d'activités. Le code de l'environnement servira de cadre de référence pour les études d'impact environnemental obligatoire avant tout projet d'aménagement, d'ouvrage, d'équipement ou d'implantation industrielle et agricole qui présente des risques environnementaux. Par ailleurs, une attention particulière sera accordée à la préservation du cadre de vie des populations, notamment la protection des zones côtières et humides, face aux changements climatiques et la lutte contre les pollutions.
Au niveau de la promotion de l’emploi, le gouvernement, en rapport avec les partenaires sociaux et les acteurs de la société civile a formulé en 1997 une Politique Nationale de l’Emploi (PNE) dont l’objectif à long terme est la réalisation du plein emploi, à court et moyen termes. Il est recherché la réduction du chômage, du sous emploi, de la pauvreté et de l’exclusion sur la base de trois objectifs spécifiques :
la réduction du chômage en milieu urbain ;
le développement de l’emploi local et le ralentissement de l’exode rural ;
le développement des opportunités d’emploi pour une main d’œuvre en pleine mutation.
Suivant une dynamique participative, un
programme concerté d’actions sera
élaboré en vue
de
promouvoir des activités génératrices de revenus.
A coté de ces initiatives, beaucoup d’autres actions contribuent à la création d’emplois. Il s’agit notamment, dans le domaine agricole, du Programme National d’infrastructures rurales (PNIR), du Programme de Gestion et d’Intégration des Eaux et Sols (PGIES) et du Programme de
Développement de la Petite irrigation (PDPI).
La régionalisation permet une meilleure répartition
des centres de décision. Il importe cependant à procéder à une bonne description des tâches
pour mieux cerner les compétences entre le niveau central et le niveau local et
entre l’Etat et la collectivité. L’Etat a transféré les neuf domaines de
compétences aux collectivités locales qui
sont le domaine, la santé et population, l’environnement et la gestion des
ressources naturelles, la jeunesse – sport et loisirs, la culture, l’éducation,
la planification, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et habitat. Le
diagnostic actuel de la décentralisation amène à conclure à un manque de moyens
matériels financiers et humains des collectivités locales pour élaborer et réaliser les instruments de planification (
PRDI, PIC, PLD ). A trois ans des prochaines
élections régionales aucun PRDI n’a connu un début de réalisation. Ce
qui est dû en partie à la création
tardive de l’Agence Régionale de Développement (l’ARD) intervenue le 05 mai 1998. Cette structure sera chargée d’impulser le développement régional
et local. Elle sera maître d’œuvre dans l’élaboration du Plan Régional de
Développement Intégré (PRDI ), des Plans d’Investissements Communaux (PIC) et
des Plans de Développement Locaux
(PLD). L’ARD va accroître la capacité
de formulation et de gestion des projets.
En milieu
rural, l’Etat
poursuivra les actions en faveur de :
·
l’accès
à l’eau potable en milieu rural avec un objectif de 35l/j/hbt en l’an 2010
grâce à un programme de forages équipés pour les villages de plus de 1.000 habitants qui ne sont pas desservis par
des réseaux d’alimentation classique et, en milieu urbain et périurbain,
l’accent sera mis sur la réalisation des branchements sociaux pour l’eau
potable et du tout-à-l’égout pour l’assainissement ;
·
l’extension
de l’électrification rurale à un taux de 15 % en l’an 2000 ; pour la
téléphonie en milieu rural, un programme d’équipement permettra d’équiper les
chefs-lieux de Communautés Rurales (CR), les villages-centres de plus de 2000
habitants au moins d’une ligne téléphonique à l’horizon 2000 afin que chaque
sénégalais se trouve à moins de cinq kilomètres d’un téléphone ;
le développement des pistes rurales dans le cadre d’une stratégie que vont appuyer le Programme Sectoriel des Transports (PST) et le Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR) en vue de faciliter les échanges en milieu rural.
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