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LUTTE CONTRE LA PAUVRETE
Le gouvernement s'engage au cours des
prochaines années à amplifier la dynamique enclenchée dans la réduction de la
pauvreté en mettant en place une stratégie globale dont l'objectif est de réduire de 50% l'incidence de la pauvreté des ménages
d'ici l'an 2015. La mesure de la pauvreté, équivalente à 1 dollar PPA par
jour, est évaluée sur la base de l'approche énergétique en tenant compte des
variables "services sociaux de base". Le Gouvernement projette
d ‘accélérer la réduction programmée si les conditions sont favorables. De
façon opérationnelle, la stratégie s’articule autour des principales
orientations suivantes :
1. poursuivre les politiques macro-économiques de qualité en vue de réaliser une croissance forte, durable, mieux répartie et pourvoyeuse d’emplois;
2. articuler harmonieusement les politiques et réformes sectorielles mises en œuvre à la stratégie nationale de réduction de la pauvreté ;
3.
poursuivre en l’élargissant la mise en œuvre du Programme
de Lutte contre la Pauvreté (PLP) actuellement en cours d’exécution.
La stratégie devant orienter l’action du gouvernement vers la réalisation de ces objectifs s’articulera notamment autour de la capitalisation des résultats économiques et sociaux enregistrés durant la période 1995-1999 en vue de faire cheminer l’économie sénégalaise vers de nouveaux paliers de développement. A cet effet, les autorités s’emploieront singulièrement à renforcer l’assainissement des finances publiques, à parachever les réformes structurelles et sectorielles engagées dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’énergie, des transports, de la promotion du secteur privé et de la bonne gestion de l’administration publique centrale et locale.
L’option stratégique du Gouvernement consistera à faire porter par le secteur privé la réalisation d’une croissance mieux répartie et pourvoyeuse d’emplois. Cela implique pour l’Etat, un recentrage de ses missions afin de mieux satisfaire la demande sociale. La stratégie s’articulera autour :
- d’une amélioration de la qualité de la dépense publique qui tient compte des engagements pour l’initiative 20/20 ;
- d’un développement régional qui implique un partenariat plus actif entre l’Etat, les groupements socioprofessionnels et les collectivités locales ;
- d’une croissance économique soutenue portée principalement par l’investissement privé dans un environnement économique, fiscal, juridique et social favorable ;
- d’une gestion rationnelle de l’environnement qui atténue l’impact des aléas climatiques et des actions anthropiques induites par la dégradation des conditions de vie et qui permet de restaurer l’équilibre des milieux naturels.
Pour permettre une répartition plus équitable des fruits de la croissance et la correction des distorsions inhérentes à l’exécution des programmes d’investissement sectoriel, un programme spécifique de lutte contre la pauvreté a été adopté en décembre 1997. La stratégie qui y est développé a fait l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs (administration publique, collectivités locales, organisations de la société civile et les partenaires au développement).
Les objectifs globaux du PLP
visent notamment :
-
la promotion de micro-activités génératrices de revenus
financées essentiellement à travers les mutuelles d’épargne et de crédit mises
en place et gérées par les populations avec l’appui des ONG ;
-
l’amélioration
de l’accès aux services sociaux de base par la mise en
place des infrastructures collectives en rapport avec les collectivités locales et les organisations communautaires de base (OCB) ;
-
la
création d’un système d’information et de suivi performant pour mieux mesurer
l’impact des programmes de développement sur les conditions de vie des populations ;
-
le
renforcement des capacités des acteurs à la base.
Pour la mise en œuvre de la stratégie globale, il sera procédé à la même démarche stratégique que celle du PLP notamment :
§
l’approche
par la demande : elle s’appuie sur la conviction que les solutions face
aux problèmes locaux seront d’autant plus durables que les communautés les plus
concernées auront participé à leur définition et leur mise en œuvre. Dans ce
cadre, les projets d’appui à la mise en œuvre des objectifs du programme
évolueront désormais en réponse aux besoins et exigences spécifiques tels
qu’ils seront identifiés par les populations elles-mêmes en collaboration
étroite avec les techniciens.
§
la
démarche participative/responsabilisante : elle sera au centre de la
conception de l’approche par la demande. Elle sera perçue comme un processus
actif dans lequel l’initiative est prise par la population et utilisant des
moyens et processus (institutions et mécanismes) sur lesquels, elle peut opérer
un contrôle effectif. Elle exigera des populations bénéficiaires des projets,
une participation effective au financement de l’investissement et du
fonctionnement.
§
la
stratégie du faire – faire et le partenariat : cette approche
responsabilise aussi bien les bénéficiaires directs, les services déconcentrés
de l’Etat, les collectivités décentralisées que les agences de réalisation sur
le terrain qui auront prouvé, entre autres critères, des capacités de gestion,
techniques et de mobilisation (ONG, OCB, entreprises, etc.). Un mécanisme
d’arrangements institutionnels (protocoles d’accord, contractualisation, etc.)
permettra de réguler le partenariat entre l’Etat, les structures relais et les
populations. Dans cette option, l’Etat jouera une mission de coordination, de
facilitation, d’impulsion et de supervision de l’exécution des projets
d’investissement.
§
la
mise en place d’un cadre de coordination stratégique tant au niveau national
que local qui assure une plus grande responsabilisation des agences de
réalisation dans l’exécution des activités opérationnelles ;
§
le
ciblage des zones vulnérables en vue d’un développement de micro – réalisations
venant en complément des programmes d’investissement sectoriel et leur mise en
œuvre sous forme de paquets d’activités permettant de créer les changements
sociaux et d’améliorer les conditions de vie des populations.
la gestion efficace de la stratégie exige la mise en place d’un programme de renforcement des capacités institutionnelles de tous les acteurs. La qualité des interventions de l’Etat sera un atout pour la réussite du Programme. Cela exige la mise en œuvre du programme de bonne gouvernance.
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