République du Sénégal
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LUTTE   CONTRE   LA   PAUVRETE

 

I. EVOLUTION ECONOMIQUE ET DEVELOPPEMENT SOCIAL RECENTS     

 

Sur la période 1996-1999, le Sénégal a enregistré des taux de croissance du PIB de 5 % en moyenne. Les résultats restent en deçà de l'objectif de croissance à deux chiffres fixés à l'horizon 2001 par le IX éme Plan. Le secteur productif, bien qu'étant relativement renforcé, reste toujours caractérisé par une faible intégration des secteurs d'activités.

 

1  La croissance retrouvée

 

Le Sénégal s’est engagé dans la période 1997/99, à réaliser les objectifs de compétitivité et de développement humain durable. Pour ce faire une stratégie macro-économique de croissance axée sur la promotion du secteur productif et des investissements privés a été adoptée. Cette approche a abouti  à des résultats encourageants, en ce qui concerne les principaux indicateurs,  notamment le taux de croissance du PIB réel  qui est resté  supérieur à 5% et le taux d’inflation contenu à 0,8 % en 1999 contre 1,1 %  en 1998 et 1,8 % en 1997.

 

La croissance économique, relativement satisfaisante sur la période considérée, est essentiellement portée par le secteur tertiaire et le secteur secondaire. En revanche, le secteur primaire a connu une évolution très différenciée, avec des replis en 1997 et en 1998, suivi d’une reprise en 1999.

 

La demande intérieure reste dominée par les dépenses en biens et services. Le taux d’épargne intérieure s’est redressé en passant de 12,3% en 1997 à 14,3 % en 1999. Ce niveau du taux d’épargne demeure toujours faible et ne peut atténuer le besoin de financement extérieur, ni soutenir un programme ambitieux d’investissement à long terme.

 

Compte tenu d’une bonne politique de gestion de la demande, les prix à la consommation ont faiblement varié sur la période 1997-1999. Le taux d’inflation n’a évolué en moyenne annuelle que de 1,8% en 1997, 1,1 % en 1998 et de 0,8 % en 1999. La relative baisse en 1998 est favorisée par la réduction des tarifs douaniers, intervenue au courant du deuxième trimestre de cette année.

 

La politique budgétaire a permis une amélioration de l’excédent budgétaire de base grâce à une forte progression  des recettes en dépit du désarmement douanier intervenu en avril  1998 et une plus grande maîtrise des dépenses courantes. Cet excédent est  passé de 2,7% du PIB  en 1997  à  2,6%  en 1998. En 1999, il s’est établi à 1,7 % du fait de la forte progression des dépenses d’investissement financées sur ressources internes.

 

La balance des paiements fait ressortir, sur la période 1997-1999, un déficit structurel du solde commercial  qui s’est élevé à 193,4 milliards en 1999 contre 160,8 milliards en 1998 et 153,6 milliards en 1997. Cette dégradation, liée  à un rythme de croissance des importations plus soutenu que celui des exportations s’est traduite par une baisse du taux de couverture des importations par les exportations qui est passé de 77 %  en 1997 à 76,2 % en 1999.

 

L’évolution de la situation monétaire au cours de la période 1997-1999 fait ressortir : 

-         une amélioration de la position extérieure du Sénégal ;

-         une hausse du crédit intérieur ;

-         une progression de la masse monétaire.

2  Les lacunes de la croissance

 

Malgré la reprise de la  croissance économique, on observe qu’un secteur comme l’agriculture, regroupant 60 % de la population, n’a participé que de manière marginale à l’augmentation du PIB. Les performances économiques enregistrées, bien qu’appréciables,  n’ont pas fait reculer le chômage et améliorer les conditions de vie des populations. On constate un recul du développement social et une accentuation de la pauvreté. L’Enquête Sur les Priorités (ESP) de 1991 a montré que 33% des individus étaient pauvres avec un seuil de pauvreté par individu de 111 F CFA par jour, permettant  un apport énergétique 2400 calories. En  1995, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM), a montré que selon la même méthodologie, 65% des individus étaient pauvres avec un seuil estimé à 392 F CFA  par jour et par équivalent adulte.

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