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Ces dernières années,
l'économie sénégalaise renoue avec la croissance. Selon les estimations, le PIB
a progressé en moyenne à plus de 5% sur les six dernières années. Cette
performance est imputable à l'amélioration du cadre macro-économique et
réglementaire et surtout à la stratégie de développement du secteur privé.
Nonobstant la reprise de la
croissance économique les indicateurs sociaux demeurent à un niveau
préoccupant. Les performances économiques enregistrées, bien qu'appréciables
n'ont cependant pas contribué autant qu'on l'espérait à améliorer les
conditions de vie des populations et à contribuer à une réduction substantielle
de la pauvreté.
Le constat qui se dégage
fait apparaître un recul du développement social en particulier une
accentuation de la pauvreté. Au Sénégal, l'enquête sur les priorités (ESP) a
fourni des indications sur les conditions de vie des populations sénégalaises
confirmées et amplifiées par l'enquête ESAM dont les résultats - permettant une
comparaison internationale - indiquent que plus de 58% des ménages vivent en
dessous du seuil de la pauvreté défini
à partir du minimum calorifique ( 2400 calories par jour et par équivalent
adulte ).
Cette situation de pauvreté
et d'exclusion a été aussi constatée au niveau mondial en mars 1995 par le
Sommet de Copenhague sur le développement social qui a accéléré la définition des stratégies alternatives
pour inverser la paupérisation en particulier celle des populations rurales.
Plus récemment en janvier
2000, au Sommet de Libreville les Chefs d'Etat et de Gouvernement africains se
sont engagés à redoubler d'efforts pour promouvoir une croissance forte et
durable et à réduire de moitié la pauvreté à l'horizon 2015 conformément aux
engagements de Copenhague.
Une dynamique nouvelle se
conforte qui met en exergue une mobilisation des décideurs politiques, des
acteurs nationaux et internationaux du développement pour lutter contre la
pauvreté et l'exclusion. L'initiative en faveur des pays pauvres très endettés
à laquelle le Sénégal est éligible s'inscrit dans ce cadre.
Dans cette perspective, le
présent document intérimaire élaboré
par le Gouvernement du Sénégal définit pour le moyen terme un cadre stratégique
de croissance pour la réduction de la pauvreté. Il trace l'évolution récente de
la situation économique et les politiques structurelles et sectorielles à
mettre en œuvre pour corriger les distorsions dans la répartition des fruits de
la croissance.
Les objectifs indiqués dans ce document pourront faire l’objet de révision à la lumière du processus participatif envisagé par le Gouvernement. Dans l’élaboration de la stratégie, le Gouvernement procédera dès le premier semestre de l’année 2000 à la réalisation des études et enquêtes ponctuelles visant à mettre à jour le profil de la pauvreté et à actualiser les indicateurs sociaux. Il s’agit de réunir l’ensemble des matériaux utiles pour une meilleure connaissance des conditions de vie des ménages. Les dernières statistiques disponibles sur les conditions sociales datent de 1994. Ces travaux permettront l’élaboration d’un projet de « document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) » en fin décembre 2001.
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