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L’analyse de l’état des ressources naturelles a été
effectuée, à partir de cinq composantes essentielles que sont l’eau, les sols,
la végétation, la faune et les ressources halieutiques, et en rapport avec le
cadre de vie aussi bien en milieu rural qu’en zone urbaine. De manière
générale, on assiste à une dégradation progressive de l’environnement et des
ressources naturelles à l’échelle nationale eu égard à plusieurs
facteurs d’ordre naturel, anthropique,
juridique et institutionnel.
Le Sénégal
dispose d’un potentiel en ressources hydriques relativement important de l’ordre 35
milliards de m3 / an. Ces ressources en eau sont composées des eaux
pluviales, des eaux superficielles et des eaux souterraines. Les eaux de
surface sont relativement importantes dans le contexte de précarité des
conditions climatiques. Le potentiel exploitable des eaux souterraines est
estimé à 2.000.000 m3 par jour. Cependant, des disparités dans la
répartition se traduisent par une surexploitation en certains endroits.
Les sols sont de différents
types ; les terres arables ne représentent que 19% de la superficie du
pays. Soixante cinq pour cent (65 %) de ce potentiel est annuellement mis en
valeur pour l’essentiel pendant la saison des pluies. Parmi les plus importantes causes de
dégradation des sols, on peut citer : la disparition progressive du couvert
végétal due à la sécheresse, aux feux de brousse, au défrichement et au
charbonnage ; la pression démographique, la petite mécanisation, l'absence
de jachère, le surpâturage, la salinisation et l'acidification.
Les forêts occupent 25 à 30% du territoire national. Le couvert végétal est essentiellement constitué de steppes, savanes arbustives ou arborées. Des forêts claires et les reliques de forêts denses se rencontrent au Sud. Cependant, le rythme d’exploitation des ressources forestières constitue une sérieuse menace à la préservation des forêts si l’on sait que le rythme de déboisement annuel est deux fois plus élevé que celui de la reforestation. Cela découle du fait que le bois de chauffe et le charbon de bois constituent les principales sources d’énergies utilisées au Sénégal et notamment par les pauvres. Cette consommation domestique conjuguée aux feux de brousse, aux défrichements intempestifs, à la sécheresse, au surpâturage, entraîne, annuellement, la disparition de près de 80 000 hectares de formations forestières. Cette régression des forêts a entraîné celle de la faune sauvage qui se replie de plus en plus dans les zones protégées que sont les parcs nationaux, réserves et forêts classées.
Au Sénégal, l’urbanisation accélérée s’est traduite par une dégradation du
cadre de vie, notamment dans les quartiers où sont localisées les populations
démunies. Cette situation qui devient de plus en plus préoccupante, résulte de
l’accroissement du volume et des difficultés de gestion des déchets solides, liquides et gazeux, d’une part, et de l’inefficience du
réseau d’assainissement, d’autre part. Pour la production de déchets solides, toutes les
études effectuées indiquent que la région de Dakar est de loin la première en
ce qui concerne la production globale estimée, en 1995, à environ 1005 tonnes/j
principalement évacué en décharge.
Le sous secteur de l’assainissement au Sénégal est caractérisé par le
fait que la grande majorité de la population n’a pas accès au réseau
d’évacuation des eaux usées, notamment en milieu urbain, de collecte et de
traitement des ordures de toute nature. En moyenne, 23 % des citadins sont
raccordés aux réseaux d’évacuation (MEFP, 1993). Le principal système en vigueur
dans la région de Dakar, basé sur l’assainissement individuel, ne concerne
qu’un million de personnes, soit 67% de la population (JICA/1994). Environ 83%
des systèmes individuels ne sont pas étanches, exposant ainsi les personnes
vivant dans ces zones à divers risques qui, de plus en plus, sont à l’origine
de situations sanitaires précaires.
Les stations d’épuration n’existent que dans quelques villes (Dakar, Saint-Louis, Louga, Saly Portudal, Kaolack) et leurs capacités de traitement sont limitées (ONAS, 1995). Dans la région de Dakar, le réseau comprend 635 km de conduites de diamètres variables. Seulement 27% de la population est raccordée au réseau d’assainissement, avec des taux variables selon les quartiers : 17% dans la zone des parcelles assainies, 34% à Pikine, 40% sur le grand Dakar, 58% à Colobane. A Kaolack, Louga et Saint-Louis, les taux de raccordement sont respectivement de 1%, 6% et 18%.
La politique du
Sénégal en matière de gestion des ressources naturelles et de l’environnement
dont l’objectif ultime est de promouvoir un développement durable est bâtie
autour de quatre documents essentiels :
·
Le Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE) qui
est le document d’orientation stratégique de la politique nationale en matière
de GRNE au Sénégal ;
·
Le Plan d’Action National de lutte contre la désertification
(PAN/LCD) dont les cinq objectifs stratégiques sont : la lutte contre la
dégradation des sols, la régénération des formations naturelles dégradées,
l’amélioration de la sécurité alimentaire et la contribution à la satisfaction
des besoins en énergie domestique, l’amélioration de l’accès à l’eau et la
lutte contre les feux de brousse.
·
La Stratégie nationale et le plan national d’actions pour la
conservation de la biodiversité ;
·
Le Rapport national pour la Protection de la Couche d’Ozone.
Ces documents de base sont complétés par des stratégies sectorielles dans les domaines de la
Foresterie, de l’élevage, de protection des eaux et la conservation du littoral, de la pêche continentale, de la gestion des ressources en eau, de l’assainissement, de la faune.
Avec l’avènement, en 1997, de la décentralisation, la
GRNE est transférée aux collectivités locales, l’Etat maintenant dans ses
pouvoirs et compétences les réserves naturelles et parcs nationaux.
Les principaux obstacles qui freinent le développement du capital naturel
sont, entre autres :
·
L’accroissement des
incidences négatives des activités économiques sur l’environnement ;
·
L’importance de
l’incidence de la pauvreté sur le capital naturel surtout en milieu rural;
·
La faible
participation des populations rurales et de la société civile au choix, à la
conception, la mise en œuvre et la gestion des programmes et projets de
développement économique et social en milieu rural ;
·
La faible
articulation entre la politique environnementale et les diverses politiques
sectorielles et sous-sectorielles ;
·
La faiblesse des
capacités techniques et de gestion au niveau des structures associatives et
privées ;
·
Le manque
d’ouverture aux initiatives privées dans le secteur de la GRNE ;
·
La faiblesse de la
part du budget national affecté au secteur de GRNE.
L’objectif de
développement du secteur de l’environnement est le renforcement du capital
naturel, l’amélioration de l’environnement et du cadre de vie. Pour sa
réalisation, la stratégie retenue sera basée sur une démarche qui s’appuie sur
la protection et la régénération des ressources fragiles, la préservation de la
base reproductive dans un environnement équilibré et productif, le renforcement
de la gestion des aires protégées et des réserves naturelles, l’amélioration
des systèmes d’assainissement et de collecte et de traitement des ordures.
Dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement, les objectifs prioritaires suivants ont été retenus :
·
La valorisation des
ressources végétales (exploitation durable, la diversification des
combustibles, la réduction des pertes à la consommation) ;
·
L’accroissement de
l’accès des populations pauvres aux énergies de substitution et aux réseaux
d’assainissement et de collecte d’ordures ;
·
La gestion
communautaire des aires protégées ;
·
Le renforcement des
capacités en gestion des ressources naturelles et de l’environnement (GRNE) par
la formation, l'éducation, l'alphabétisation etc. ;
·
La valorisation des
ressources sauvages;
·
L'amélioration du
cadre de vie en milieu urbain et rural.
Les axes stratégiques pour une
amélioration du capital naturel sont les suivants:
·
L’organisation institutionnelle de la gestion de
l’environnement;
·
Susciter et stimuler des attitudes positives
d’appropriation des stratégies et des actions par l’ensemble des acteurs ;
·
La promotion de la préservation et de la
protection des ressources forestières.
Dans le cadre de l’élaboration du PELT,
un ambitieux programme a été mis en œuvre pour répondre aux contraintes liées à
l’assainissement des différentes zones du pays. Les objectifs assignés à sa
composante Assainissement concernent :
·
L’augmentation
de la desserte des populations en ouvrages d’assainissement collectif et
autonome ;
·
La prise en
charge correcte des rejets d’eaux usées produits actuellement et suite à la
mise en œuvre du volet production qui accompagne le PLT ;
·
La
protection de l’environnement urbain par le traitement des eaux résiduaires et
des matières de vidange et à long terme par l’épuration avant rejet vers la mer
des eaux vannes et ménagères.
Le Projet Sectoriel Eau, après avoir mis
en place l’ONAS comme structure chargée de gérer le secteur de
l’assainissement, a élaboré un programme de branchement à l’égout. Dans ce
cadre, 7.000 ménages ont été branchés au réseau central.
A moyen et long terme, il est retenu de
relever, en milieu rural comme en milieu urbain, le taux de desserte en réseau
d’assainissement et d’accès aux services offerts pour améliorer, par des
activités spécifiques le cadre de vie des populations. Le taux d’accès
à l’assainissement urbain, qui est de 37% de manière global en milieu
urbain, devrait être doublé, et le taux d’utilisation des latrines en milieu
rural, augmenterait sensiblement.
La réalisation des
programmes d’assainissement au Sénégal a rencontré plusieurs obstacles, dont,
l’adoption d’une approche de planification non participative, des choix technologiques en matière de latrinisation
inadaptés à certains milieux et leur cout parfois inaccessible pour les groupes
pauvres, le déficit de compétences techniques pour l’exploitation des ouvrages,
l’inexistence de cadres formels d’échange et de capitalisation d’expériences
réussies, l’accent souvent trop mis sur la réponse à la demande des milieux
urbains, notamment Dakar.
Le projet d’assainissement et de
promotion de l’hygiène sanitaire, retenu à ce niveau, compte toucher 150
localités en vue de promouvoir, par une opération pilote, le développement de
l’assainissement en milieu rural, avec comme objectifs spécifiques :
-
Améliorer
l’accès à des systèmes adéquats d’évacuation des excréta
-
Améliorer
l’accès à des systèmes adéquats d’évacuation des eaux usées et ménagères ;
-
Changer
positivement les attitudes et comportements des populations
bénéficiaires ;
-
Vulgariser
des technologies appropriées et à faible coût ;
Pour atteindre ces objectifs, la stratégie adoptée privilégiera 4 axes basés sur la gestion communautaire avec comme domaine de concentration :
-
la
prestation de service et la bonne sensibilisation (I.E.C.) ;
-
le
renforcement des compétences et des capacités des acteurs du projet
(formation) ;
-
la responsabilisation
des communautés pour une appropriation effective du projet et de ses acquis
futurs par les bénéficiaires (utilisation de méthodes
participatives : MARP, SARAR, etc.) ;
le développement d’un
plaidoyer et d’une communication favorables.
|
Objectif |
Résultats |
Activités |
Indicateurs |
Coûts (millions CFA) |
|
Objectif 1 : Accroître l’accès des populations pauvres aux énergies
de substitution |
2.1 : Soixante quatorze mille
(74.000) nouveaux usagers utilisent l’électricité en milieu rural et 70% des
communautés rurales du Sénégal ont accès à l'électricité (soit 30% de la
population) à l’horizon 2015 2.2 : Instaurer le gaz butane au même titre que les autres
hydrocarbures 2.3 : Insérer le kérosène (pétrole
lampant) dans les ménages pauvres en tant que combustible domestique si le
gaz butane est inaccessible pour certains ménages |
2.1.1. Réaliser le programme d’électrification rurale sur
l’entendu du territoire national 2.2.1 : 95% et 90% des ménages ruraux pauvres utilisent le
réchaud à gaz butane d’ici cinq ans. 2.2.1 : subventionner le gaz butane 2.3.1. : Fixer les marges bénéficiaires des revendeurs de
pétrole lampant et créer d’autres points de vente plus proches des établissements
humains de manière à assurer une diffusion massive de réchauds à pétrole |
Taux d’électrification rurale % de ménages utilisant le gaz butane en milieu rural Evolution du couvert végétal dans les zones
d’intervention |
2.1.1 :
8, 125 2.2 : 20 2.3. : 3 |
|
Objectif 2 : Renforcer les capacités en GRNE par la formation,
l'éducation, l'alphabétisation etc. |
Un vaste programme d’éducation environnementale est mis
sur pied |
Elaborer et exécuter un programme d’éducation
environnementale qui va cibler les différents acteurs au niveau des
collectivités locales. |
Nombre de collectivités locales et d’agents
bénéficiaires |
900 |
|
Objectif 3 : Améliorer le cadre de vie et
l’environnement des ruraux et des populations vivant en zones péri-urbaine, par
des activités d’assainissement |
Les
populations adoptent de bons comportements d’hygiène ; Les
systèmes adéquats d’évacuation des eaux usées sont étendus à 15.000
ménages ; Les
systèmes adéquats d’évacuation des excréta sont étendus à 15.000 ménages. |
Sensibiliser
150.000 personnes des 150 localités sur les bons comportements dans le
domaine de l’hygiène individuelle et collective ; Faire
accéder 15.000 ménages pauvres à un système adéquat d’évacuation des eaux
usées ; - Etendre l’accès aux systèmes adéquats
d’évacuation des excréta à 15.000 ménages. |
150.000
personnes adoptent de bons comportements en matière d’hygiène ; 15.000
ménages disposent de systèmes adéquats d’évacuation des eaux usées ; 15.000 ménages disposent de systèmes
adéquats d’évacuation des excréta. |
2.000 |
Récapitulation Coûts (en millions FCFA) du Plan d’Action
Gestion des Ressources naturelles : 32.025
Amélioration du cadre de vie : 2
TOTAL : 34.025
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