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Il s’agira de présenter les
caractéristiques de la pauvreté au Sénégal,
ses manifestations et les points de rupture, notamment les facteurs
naturels ou anthropiques de pauvreté.
1.
La
pauvreté est un phénomène multidimensionnel. Plusieurs définitions et approches
existent pour la cerner. En particulier, l’on distingue les approches fondées
sur le bien-être, les besoins de base et les capacités.
2.
La
mesure de l’incidence, de la profondeur et de la sévérité de la pauvreté
nécessite la résolution des deux questions fondamentales que
sont l’identification des individus pauvres et la construction
d’indicateurs pertinents sur la base
des informations disponibles. Dans la pratique, deux approches sont
généralement utilisées : l’une dite objective et l’autre dite subjective.
3.
L’approche objective s’appuie sur une information
quantitative résumée à travers un indicateur monétaire ou non monétaire. Une
ligne de pauvreté est alors définie
comme un seuil en deçà duquel le ménage (ou l’individu) est considéré comme
pauvre (ESAM-I, 1994; QUID, 2001).
4.
L’approche
subjective est basée sur la perception par les populations de leurs conditions
d’existence. Les populations interrogées
s’autodésignent pauvres ou non
pauvres selon des critères qui leur sont propres. A cet égard, un proverbe
africain recueilli lors du processus participatif définit la pauvreté comme
l’absence d’avoir, de savoir et de pouvoir. Cette perception renvoie à la
nature des formes d’organisation sociale et politique des communautés locales et aux stratégies sous-jacentes
(EPPS – Focus Groups et EPPS, 2001).
5.
La prévalence de la pauvreté
est très élevée. En 1994, la première enquête budget - consommation (ESAM-I) a permis
d’évaluer la proportion des ménages en
dessous du seuil de pauvreté (fixé à 2400 calories, par équivalent adulte et
par jour) à 57,9 %. Sur la base d’extrapolations établies à partir du Quid
(2001)[1],
l’incidence de la pauvreté des ménages se situe à environ 53,9 % soit un léger recul par rapport à
1994, en raison certainement de l’accroissement du revenu par tête sur la
période de 1995 – 2001. Cependant, ces taux sont largement en dessous des
résultats de l’EPPS (2001) où 65 % des ménages interrogés (même échantillon que
le Quid) se considèrent comme pauvres et 23 % se considèrent même comme très
pauvres. Par ailleurs, 64 % des ménages considèrent que la pauvreté s’est aggravée au cours des cinq dernières années contrairement à ce qui a été énoncé plus
haut. Cette apparente contradiction résulte certainement de critères différents
d’appréciation de la pauvreté.
6.
La pauvreté est localisée
pour une large part dans les zones rurales et plus singulièrement dans les zones
rurales du Centre, du Sud et du Nord Est. Cette concentration de la pauvreté en milieu rural est également
confirmée par l’EPPS (2001) : en effet, l’incidence de la pauvreté
varierait en zone rurale entre 72% et 88 % alors qu’en zone urbaine, elle varie
entre 44% et 59 %. Dans les deux cas, l’incidence de la pauvreté demeure forte.

Source : DPS/ Enquête sur l’accès aux services
sociaux de base en zone rurale (dans l’ensemble des départements du Sénégal
sauf ceux de Dakar et Pikine qui sont en zone urbaine) -CSE .
7.
Le niveau d’instruction est
très faible parmi les chefs de ménages pauvres. En effet , plus de 89% des chefs de ménages du premier quintile
(QUID, 2001) n’ont aucun niveau
d’instruction et seuls environ 8 % ont
le niveau d’instruction primaire.
8.
La prévalence de la pauvreté augmente avec la taille du ménage. La taille moyenne des ménages des 20 % les plus pauvres est
de plus de 10 personnes alors que parmi les 20 % les plus riches, elle est de 8
personnes (QUID, 2001).
9.
D’ordinaire, c’est dans le processus d’appauvrissement,
accéléré par une crise économique persistante, que des individus, notamment
parmi les plus vulnérables, sont coupés des circuits leur permettant d’accéder
aux ressources productives. Ce manque de moyens propres favorise ensuite une
détérioration continuelle des conditions de vie, aggrave les inégalités et
mène, à terme, à l’extrême pauvreté. En l’absence d’assistance de la puissance
publique et sans une solidarité communautaire soutenue, cette dynamique conduit à une rupture des liens sociaux
et à l’exclusion des couches les plus
défavorisées. Un tel déficit ou défaut
de relations sociales, pousse certains individus aux formes de marginalisation ci-après répertoriées lors du
processus participatif.
10.
La violence et la délinquance. Les personnes détenues sont pour la plupart
des jeunes. Les statistiques de la justice les plus récentes indiquent un taux
de criminalité de 1,8%o
marqué par une progression rapide des infractions et une forte présence des
jeunes parmi la population carcérale. Cette montée de la délinquance des jeunes
peut être imputable au relâchement des efforts des parents dans la prise en charge de l’éducation des adolescents en
perte de repères.
11.
La mendicité. Les talibés – mendiants (2 à 15 ans) sont estimés à environ 100
000 (DAS 2000). Ce phénomène des
talibés en quête quotidienne de nourriture
et d’argent tant pour leur propre survie que pour l’entretien de leur marabout
et repérables aux niveaux des carrefours, des marchés, des mosquées, des
banques et autres endroits publics des centres urbains, est un véritable
problème social.
12.
La prostitution. Les statistiques sur la
prostitution sont rares et souvent approximatives ou incomplètes. Toutefois,
une Enquête de Prévalence des infections sexuellement transmissibles chez les
Prostituées Clandestines de Dakar (Christian Lauren, IRD), réalisée en 2000
évalue l’âge médian des prostituées à
28 ans. Presque 20% d’entre elles n’avaient pas l’âge légal (21
ans) ; alors que le tiers était
célibataire, la plupart était divorcée (48%),
mariée (12%) ou veuve (6%). La prévalence de l’infection du VIH chez les
prostituées est de l’ordre de 14% alors qu’elle se situe entre 1 et 2% dans la
population générale.
13.
Le travail des enfants comme
alternative.
Le travail des enfants est défini ici comme l'exercice d'une activité
économique par les jeunes de moins de 15 ans. On suppose qu'à cet âge, cette
catégorie devrait être à l'école. Les données de l’enquête MICS indiquent qu’en
2000, 37,6% des enfants de 5 à 15 ans
travaillaient, et 15% exerçaient une activité rémunérée. Selon cette source,
12% des enfants effectuaient plus de 4 heures de travaux domestiques par jour,
c’est-à-dire, plus que la norme admise. Dans de telles conditions, l’on peut
suspecter que le travail soit suffisamment contraignant et pénible pour
entraîner des perturbations dans l’éducation, la santé, le développement normal
et, enfin la survie de l’enfant.
14.
La pauvreté accentue la
dégradation de l’environnement. Le croît
démographique élevé et les longues années de sécheresse ont fortement contribué
à la fragilisation de l’environnement. En milieu rural, la faible qualité de
vie des populations continue de faire pression sur les ressources naturelles
expliquant ainsi le rythme inquiétant de déforestation malgré les efforts
fournis dans ce domaine.
15.
Par
contre, selon les populations (EPPS, 2001), les principaux signes de la
pauvreté sont, dans l’ordre, la
difficulté de se nourrir, le manque de travail, le manque de soins, le manque
de logement décent. Aussi, considèrent – elles que les priorités de l’État
devraient être dans l’ordre (i) l’emploi des jeunes (20,1 %); (ii) la
réduction des prix des denrées de première nécessité (18,9 %); (iii) l’accès aux soins de santé de base (17,7 %);
l’éducation des enfants (11,3 %).
16. Les points de rupture qui constituent les principaux facteurs de
basculement dans le processus de paupérisation peuvent se présenter sous formes
conjoncturelles ou structurelles particulièrement en milieu rural, comme ils
peuvent relever de la responsabilité ou de la non responsabilité de l’homme. Dans plusieurs cas, le basculement observé relève de
facteurs naturels et institutionnels.
Cependant, les facteurs anthropiques ne manquent pas d’avoir eux aussi une
forte prégnance dans les conditions de vie des ménages (EPPS-Focus group, 2001
et Consultations régionales, 2001).
17. Les facteurs naturels sont l’ensemble des facteurs qui découlent de
ruptures dans l’écosystème et de leurs conséquences. Les facteurs naturels les
plus cités par les populations sont : (i) les sécheresses successives dont
la plus désastreuse fut celle de 1973; (ii) l’intrusion marine et son corollaire, la salinisation des
terres, l’appauvrissement des terres cultivables, la faible productivité; (iii) l’obsolescence du
matériel agricole et le non accès aux facteurs de production pour les femmes et
les jeunes, en milieu rural; (iv) les
calamités naturelles telles que les incendies, les inondations des champs; et
(v) la destruction des cultures par les
parasites.
18. D’autres points de rupture, particulièrement signalés en milieu urbain,
relèvent également de l’évolution naturelle, notamment le
décès, la retraite ou la perte d’emploi du principal pourvoyeur de ressources
ainsi que l’incapacité physique découlant de la vieillesse, d’accident de
travail ou à la suite d’une maladie handicapante.
19. Quant aux facteurs anthropiques, ils relèvent de la responsabilité
directe ou indirecte de l’homme. Les facteurs anthropiques les plus cités par
les populations sont : (i) les pratiques usuraires et le divorce; (ii) le
déplacement des populations à la suite de conflits, la pression démographique, les conflits fonciers
et le vol de bétail (iii) la réduction du trafic de la Société Nationale des
Chemins de Fer du Sénégal qui a supprimé beaucoup d’activités autour des gares; (iv) la mise en place des politiques
d’ajustement structurel (Nouvelles Politiques Agricole et Industrielle) et leur
corollaire et (v) la dévaluation de 1994, dont les effets défavorables
(perte de pouvoir d’achat) ont été davantage ressentis en milieu urbain.
20.
Le
taux de croissance moyen annuel de
l’économie (environ 2,7 % par an et resté inférieur au croît démographique sur la période
1960-1993), n’a guère permis une amélioration des revenus réels par tête et de
l’emploi. A cela s’ajoute une répartition très inégalitaire des revenus.
L’indice de Gini est de 0,50 en 1996 à Dakar, ce qui correspond à un
niveau d’inégalité sensiblement élevé.

21.
La
croissance réalisée n’est pas encore de qualité. Elle est restée irrégulière et
très fragile. On a noté une variabilité de près de 1,6 pour une croissance
moyenne de 2,7%. Cette croissance est aussi largement tirée par des sous
secteurs qui n’ont pas été suffisamment pourvoyeurs d’emplois (huileries,
traitement de produits halieutiques, phosphates, ciment, tourisme et télécommunications). La croissance s’est
avérée fragile du fait de la faible productivité de l’agriculture,
de la compétitivité insuffisante des secteurs d’offre et de leur vulnérabilité
aux chocs exogènes (sécheresses, fluctuations des cours des matières
premières). La situation du secteur primaire, restée précaire, combinée à une
atonie du secteur secondaire, insuffisamment compétitif, a été une contrainte
forte à la création d’emplois et à l’amélioration de la distribution des
revenus, induisant une dégradation
continue des conditions de vie des ménages. Par ailleurs, la faiblesse et la
diversification encore insuffisante des exportations en termes de produits (3
produits font près de 60% du total) continuent à inhiber substantiellement
le potentiel de croissance.
22.
Au
rythme actuel, il faudra 30 ans
environ pour doubler le PIB par tête
qui est aujourd’hui l’un des plus faibles au monde (600 $ US)[2].
Le bas niveau du taux de croissance résulte de l’insuffisance de la productivité globale
des facteurs (PGF). Une décomposition
du taux de croissance du PIB en contribution du facteur travail, du stock de
capital et de la PGF montre que la
contribution du capital à la croissance du PIB n’a été que de 22%, alors que
celle-ci est de 56% pour l’ensemble sub-saharien, et de 49% pour l’ensemble des
pays en développement.
23.
Il
y a une divergence nette entre la répartition spatiale de la valeur ajoutée et
celle de la population active. L’agriculture représente toujours 10 % du PIB
alors qu’elle occupe plus de 50 % de la population active pour la plupart
analphabète. La dépendance quasi-exclusive de l’agriculture d’une pluviométrie
erratique introduit une incertitude excessive qui n’encourage pas les
investissements d’envergure dans les activités rurales.
24.
Le
poids de la dette constitue un obstacle
majeur pour la lutte contre la pauvreté.
L’encours de la dette a représenté 86,2% du PIB en 1994, 80,1% en 1996 et
se situe à 71,3% en 2000. Le service de la dette pour sa part a représenté
après rééchelonnement 4,5% des recettes d’exportation de biens et services et
11% des recettes fiscales en 1994. Ces taux se situent respectivement à 14,6%
et 27,6% en 1996, et 12,0% , 21,3% en 1999 et se montent à 12,7% et 22,6% en
2000.
26. Les infrastructures
d’accompagnement des activités économiques notamment physiques sont, en dehors
des télécommunications, faiblement développées. L’insuffisance et la médiocre
qualité des infrastructures routières et portuaires grèvent les coûts de
transport. Les routes bitumées
représentent 29 % du total des routes et celles en latérite atteignent une
proportion de 69 %. Les déficiences tant quantitatives que qualitatives de la fourniture d’énergie électrique
constituent une autre contrainte majeure. En tout, 25 % de la population seulement
ont accès à l’électricité dont la demande est couverte dans les principales
villes 27 jours sur 30.
27.
D’importants
progrès ont été réalisés pour le renforcement du système éducatif qui est un
axe central de la lutte contre la pauvreté. Toutefois, les résultats restent
encore à améliorer. Au niveau national, le taux d’accessibilité à l’école
primaire (moins de 30 minutes) est estimé à 81,4 %. Les régions de Diourbel et
Louga enregistrent les plus faibles taux
avec des niveaux respectifs de
taux d’accessibilité de 60,5 % et 61,7% (QUID, 2001). Ces résultats sont
également confirmés par l’EPPS (2001) où le taux d’accessibilité (moins d’un
km) est estimé au niveau national à 80,8%. Diourbel et Louga enregistrent
également les plus faibles taux ( 68,2% et 60,1%). Les niveaux de satisfaction[3]
des élèves sont faibles et se situent à 55,1% au niveau national et 43,0% en
milieu rural (QUID, 2001). Les principales raisons expliquant cet assez faible
niveau sont liées à l’accès aux livres et fournitures (89,9% des non
satisfaits).
28.
Au total, le taux brut
de scolarisation (TBS) se redresse dans l’élémentaire, mais reste insuffisant.
Entre 1989/90 et 2000/01, le taux de scolarisation primaire est passé de 57 % à
70 %. Toutefois, ce qui peut être considéré comme une avancée représente pour
d'autres une contre-performance. Le taux
brut de scolarisation dans
l'élémentaire est au Sénégal de 70 % en 2000/01, alors qu'il atteint en moyenne 75 % en Afrique au Sud du
Sahara, tout comme le nombre d'élèves par enseignant qui est de 51 au Sénégal
contre 44 en moyenne en Afrique au Sud du Sahara. Les faibles taux de
scolarisation peuvent s’expliquer en partie par l’importance du travail des
enfants. Selon les résultats de l’enquête MICS 2000, la proportion d’enfants de
5 à 15 ans qui travaillent serait de 37,6 %. Ces enfants, pendant les vacances,
travaillent plus en zone rurale (46,5 %) qu’en zone urbaine (29,5 %).
29. La scolarisation des filles dans l’élémentaire demeure encore relativement faible. Les taux de scolarisation sont de 73,9 % chez les garçons et 64,8 % chez
les filles reflétant un faible accès de ces dernières à l’école. Les filles
représentent 46,5 % des élèves de l’enseignement
élémentaire en 2001 contre 42,4 % en 1992.
30.
Le
taux d’alphabétisation se situe à 39,1% (QUID, 2001). Toutefois, ce taux
cache d’énormes disparités entre les hommes (51,1%) et les femmes (28,9%) et
également entre régions pauvres et
régions moins pauvres. En effet, ce taux se situe à 60,0% à Dakar, 48,1% à Ziguinchor,
41,4% à Thiès et environ 30% à Fatick, Louga, Kaolack
et Saint-Louis contre 20,0% à Tambacounda, 23,7% à Diourbel et 27,9% à
Kolda.
31. Le secteur de la
santé se caractérise par une insuffisance notable des infrastructures sanitaires
et sociales, avec un personnel de
santé insuffisant de plus en plus mal réparti. Les résultats de l’étude sur la
perception des populations en termes d’accès
aux services de santé et de
qualité des soins confirment ce constat.
32. Une proportion
de 50,4 % ( EPPS, 2001) des ménages ont accès à un dispensaire (moins d’un km).
Toutefois, ce taux est inférieur ou comparable à 35 % dans les régions de
Kolda (23,2 %), Diourbel (25,5 %), Fatick (35,3 %) et Louga (35,6 %). Par
ailleurs, seuls 39,0 % des ménages ont accès à une maternité et 31,8 % à une
case de santé. Ces faibles résultats sont également confirmés par les données
du QUID (2001) où le taux d’accessibilité aux services médicaux (moins de 30
mn) est estimé à 57,6% avec un niveau de satisfaction[4]
de 59,4%. Cet assez faible niveau relève des coûts (60,7% des non satisfaits).
Il convient par contre de souligner que 90,5% des personnes qui ont consulté un
praticien de la santé au cours des quatre semaines précédant l’enquête
susmentionnée ont signalé un problème.
33.
Ces
insuffisances se traduisent par des résultats assez alarmants pour le secteur : sur 100 000 femmes qui donnent
naissance à un enfant, 510 meurent (450 en zone urbaine et 950 en zone rurale).
Le paludisme constitue la première cause de morbidité
avec presque 25 % des cas déclarés dans les formations sanitaires, en particulier chez les femmes enceintes et
les enfants. La prévalence de la diarrhée demeure élevée chez les enfants puisqu’elle
touche 26 % des enfants âgés de moins de cinq ans.
34. L’infection VIH/SIDA progresse malgré
une faible prévalence. Les cas déclarés
ne reflètent pas la réalité de
l’épidémie. A la fin de l’année 2000, le nombre de personnes vivant avec le
VIH/SIDA est estimé à 80 000 dont 77 000 adultes. Le niveau de prévalence au
sein de la population âgée de 15 à 49 ans (considérée comme sexuellement
active) est ainsi estimé à 1,4 %.
35. La malnutrition
des enfants de moins de 5 ans continue d’être un problème de santé publique. En
l’an 2001, presque un enfant sur 5 souffre d’insuffisance pondérale et 9,2 % présentent une sous nutrition chronique ou
émaciation (QUID, 2001).
36. La couverture vaccinale des enfants contre les principales
maladies de l’enfance reste insuffisante malgré les efforts constants qui ont
été réalisés dans le cadre du Programme Elargi de Vaccination
(PEV). Seuls 42 % des enfants âgés de
12 à 23 mois ont reçu tous les vaccins et 31 % avant leur premier anniversaire
(MICS, 2000).
37. Avec le Projet
Sectoriel Eau (PSE), l’accès à l’eau potable s’est beaucoup amélioré. Les
résultats du QUID (2001) révèlent que
plus de 93,5 % des ménages interrogés font moins de 30 minutes pour accéder
à l’eau potable. Ces résultats sont
confirmés par l’EPPS (2001) qui révèle un taux d’accessibilité à l’eau potable
(moins d’un km) de 95,6%.
38. L’analyse montre
que quelle que soit la région considérée, l’eau potable est accessible à plus
de 80 % des ménages. Par rapport aux autres régions, l’eau potable est de loin
plus accessible pour les habitants des régions de Dakar, Ziguinchor et Thiès.
Les régions de Louga et Diourbel qui se caractérisent par une faible
pluviométrie connaissent les plus faibles taux d’accessibilité.
39.
D’importants efforts restent à faire dans ce secteur. En effet, l’objectif de 35 litres d’eau par habitant et par jour visé par le Sénégal (recommandations de
l’Organisation Mondiale de la Santé, (OMS)) est loin d’être atteint. Le taux
actuel est de 28 litres par habitant et par jour.
40.
En
milieu rural, les ménages pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable,
s’approvisionnent essentiellement à partir de sources d’eau non protégées. Ils
s’exposent ainsi aux maladies hydriques qui sont une des causes
principales de la mortalité infantile.
Les moyens de conservation de l’eau potable sont également responsables du
développement de certaines maladies. Les résultats de l’enquête MICS (2000) ont
montré qu’en général, l’eau destinée à la consommation humaine est stockée dans des canaris traditionnels
surtout en milieu rural où 90,3% de la population s’alimentent à partir de ces
canaris contre 47,7% en milieu urbain.
41.
En
ville, les pauvres paient plus cher l’eau potable que les riches. En effet, les
ménages pauvres, qui s’approvisionnent essentiellement en eau potable à partir
des bornes fontaines, payent trois à quatre fois plus cher que le prix payé par
les ménages disposant de branchements privés à domicile.
[1] Voir Annexe 1 pour la méthodologie.
[2] Le Sénégal a été admis en 2001 dans la catégorie des PMA.
[3] Le taux de satisfaction pour l’éducation est défini à partir des élèves fréquentant actuellement l’école et satisfaits.
[4] Le taux de satisfaction pour la santé est défini à partir des personnes qui ont consulté un praticien de la santé au cours des quatre semaines précédant l’enquête et qui ont été satisfaites.
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