République du Sénégal
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SIGLES ET ABREVIATIONS

ADM

Agence de Développement Municipal

AGETIP

Agence d'Exécution des Travaux d'Intérêt Public

ADPME

Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises

BCI

Budget Consolidé d'Investissement

CEA

Consommation par Equivalent Adulte

CNCAS

Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal

CREA

Centre de Recherches Economiques Appliquées

CSE

Centre de Suivi Ecologique

DAS

Direction de l'Assistance Sociale

DER

Direction de l’Expansion Rurale

DPS

Direction de la Prévision et de la Statistique

DSRP

Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

EPPS

Enquête auprès des ménages sur la Perception de la Pauvreté au Sénégal

EPPS-Focus group

Enquête de Perception de la Pauvreté au Sénégal par Focus group

ESAM-I

Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994)

ESAM-II

Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (2001)

ESP

Enquête Sur les Priorités

FMI

Fonds Monétaire International

FNAE

Fonds National d’Action pour l’Emploi

FNPJ

Fonds National de Promotion de la Jeunesse

FNAS

Fonds National d'Action Sociale

HIMO

Haute Intensité de Main-d'Œuvre

IEC

Information Education Communication

INS

Institut National de la Statistique

IRD

Institut de Recherche sur le Développement

MICS

Multiple Indicator Cluster Survey/ Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples

NPA

Nouvelle Politique Agricole

NPI

Nouvelle Politique Industrielle

NTIC

Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication

OMS

Organisation  Mondiale de la Santé

ONG

Organisation Non Gouvernementale

PDEF

Programme Décennal de l'Education  et de la Formation

PDES

Plan de Développement Economique et Social

PELT

Projet Eau à Long Terme

PET

Programme Education pour Tous

PEV

Programme Elargi de Vaccination

PGF

Productivité Globale des Facteurs

PIB

Produit Intérieur Brut

PLP

Plan de Lutte contre la Pauvreté

PMA

Pays Moins Avancés

PME

Petite et Moyenne Entreprise

PMI

Petite et Moyenne Industrie

PNDS

Plan National de Développement Sanitaire

PNIR

Programme National d'Infrastructures Rurales

PPTE

Pays Pauvres Très Endettés

PST

Programme Sectoriel des Transports

PTIP

Programme Triennal d'Investissements Publics

RVO

Réhydratation par Voie Orale

QUID

Questionnaire Unifié des Indicateurs de Développement de l’ESAM-II

SFD

Systèmes Financiers Décentralisés

TBS

Taux Brut de Scolarisation dans l’élémentaire

TDR

Termes de Référence

TOFE

Tableau des Opérations Financières de l’Etat

TVA

Taxe sur la Valeur Ajoutée

UEMOA

Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

 

 

 

1          INTRODUCTION ET CONTEXTE

 

1.          Au Sénégal, la mise en œuvre des politiques de stabilisation depuis la fin des années 70, suivies des premiers programmes d'ajustement structurel au milieu  des années 80,  a certes contribué à améliorer le cadre macro-économique, mais les performances économiques sont restées en deçà des espérances.  De manière générale, la période 1979-1993 a été marquée, au plan macroéconomique, par un net ralentissement de la croissance économique en termes réels, voire même une  contraction en 1993, entraînant la mise en place d’un “ Plan d’urgence ” de restauration des capacités financières de l’État.  A la suite de la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, l’économie sénégalaise a renoué avec la croissance, le PIB réel ayant crû  de 2,9% en 1994 et de plus de 5% par an en moyenne entre 1995 et 2001. Ces résultats ont été réalisés dans un contexte de réduction continue des déficits des finances publiques et de la balance des paiements courants et de maîtrise de l’inflation.

 

2.          Cependant, les performances économiques enregistrées n'ont  pas contribué à améliorer les conditions de vie des populations et à  réduire  substantiellement la pauvreté.  Le Sénégal n’a pas encore réalisé  l’objectif de l’éducation universelle au niveau de l’enseignement primaire  (le taux brut de scolarisation dans le primaire se situe à environ 70 %, tandis que le taux global est estimé à 32 %)  et  l’analphabétisme touche plus de la moitié de la population. La situation des  femmes sénégalaises en matière d’éducation et de formation est préoccupante avec un taux d’analphabétisme de plus de 70% contre 48,9% pour les hommes (QUID, 2001).

 

3.          Quant aux indicateurs de santé, ils demeurent  en deçà des recommandations de l’OMS. Même si le Sénégal est cité comme pays de référence en Afrique en termes de lutte contre le VIH/SIDA , le système de santé dans son ensemble fait face à de graves contraintes . On note la recrudescence des endémies locales et la malnutrition touche de plus en plus les populations notamment les plus vulnérables (les enfants, les femmes, les handicapés, les aînés, les jeunes, les personnes déplacées et réfugiées, etc.). Les conditions d'hygiène individuelle et collective et d'assainissement précaires du milieu et les carences alimentaires sont responsables de la dégradation de l'état de santé des populations. En matière d’accès à l’eau potable, l’objectif visé par le Sénégal est d’atteindre le plus tôt possible, les recommandations  de l’OMS, soit  35 litres par habitant et par jour. Actuellement, les populations disposent de  28 litres par habitant et par jour en moyenne.

 

4.          Sur la base d’une ligne de pauvreté correspondant à une  consommation de 2400 calories par personne et par jour, la première enquête budget consommation (ESAM-I)  a permis d’évaluer la proportion des ménages  en dessous du seuil de pauvreté   à 57,9% en 1994. Les premiers résultats  du QUID évaluent cette proportion à 53,9% en 2001.

 

5.          Au total, le retour de la  croissance enregistrée sur la période 1995-2001  n’a pas suffi à garantir une réduction significative de la pauvreté. La faiblesse de l’investissement, l’atonie de l’agriculture et de l’industrie expliquent le contenu modeste en emplois de la croissance économique et sa faible propagation vers les populations les plus pauvres. Malgré le rôle qu’il joue en termes d’emplois, le secteur primaire contribue (18,5% en 2000) très modestement au PIB à cause des rendements agricoles encore faibles et tributaires des aléas climatiques. Par ailleurs, la production agricole ne couvre en moyenne que 52% des besoins alimentaires de base. Les investissements dans le secteur agricole restent  concentrés dans les zones où prédominent les cultures irriguées alors que la pauvreté est plus marquée dans les zones où les cultures sont pluviales. L’insuffisance et la qualité des infrastructures routières et portuaires grèvent les coûts des transports et ne favorisent pas l’intégration des marchés, sur le plan aussi bien interne que régional.

 

6.          Dans les réformes postérieures à la dévaluation, la pauvreté a fait l’objet d’une préoccupation centrale compte tenu de son ampleur et de son extension. Plusieurs actions ont  été amorcées à travers la mise en œuvre de divers programmes sectoriels articulés autour des programmes spécifiques de lutte contre la pauvreté. En plus des programmes sectoriels sur la santé, l’éducation, les infrastructures de base etc., un Plan de Lutte contre la Pauvreté (PLP) en cours d’exécution a été formulé en 1997.

 

7.          Malgré tous ces efforts déployés pour améliorer l’accès aux services sociaux de base, la structure des dépenses publiques  montre que le Sénégal est encore loin des objectifs de l’initiative 20/20 à laquelle il a souscrit. Le poids de la dette constitue un handicap majeur à une  allocation efficiente  des ressources publiques en faveur des secteurs sociaux et conduit à la réduction des  capacités de redistribution de l’Etat et au ralentissement du développement des infrastructures sociales.

 

8.           Pour  réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015, l’Etat mettra en place de manière soutenue, une politique économique et sociale permettant de relever significativement ses performances socio-économiques et de placer le pays sur un sentier de développement humain durable. A cette fin,  le Sénégal a initié en 2000, après l’adoption de son document intérimaire, un processus participatif de préparation d’une stratégie de réduction de la pauvreté fondée sur  une croissance redistributrice et la satisfaction des besoins de base des populations pauvres.  Le consensus autour de cette stratégie  met l’accent sur  la nécessité d’une mobilisation des décideurs politiques, des acteurs nationaux et des partenaires au développement pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion à travers l’établissement d’un lien étroit  entre la réduction de la pauvreté, le progrès économique et le renforcement des capacités.  

 

Encadré 1 : Préparation du DSRP : une large participation aux niveaux national et local

 

La démarche participative retenue par l’Etat du Sénégal pour élaborer le DSRP a  impliqué l’ensemble des acteurs du secteur public, du secteur privé, de la société civile et les partenaires au développement. Elle   se présente en trois phases :

 

Phase préparatoire

1. La démarche a débuté par  l’identification exhaustive des organisations de la société civile et la mise en œuvre d’un programme de visites de proximité individualisées auprès des organisations pour les informer, leur fournir les projets de termes de référence (TDR) du DSRP, les sensibiliser sur les enjeux pour leur participation dans le processus d’élaboration du document. Le recensement préalable a permis d’éviter une participation biaisée ou un déséquilibre dans la représentation des acteurs en particulier des organisations de la société civile.

2. Les différentes rencontres avec les acteurs impliqués dans le processus avaient pour but, d’une part, de recueillir des avis et suggestions et d’autre part, de relever le défi de la participation .

3. Le Comité technique a produit un document qui fait le point sur les connaissances disponibles sur la pauvreté dans le pays. Pour cela, le Comité a contacté les différents services des ministères techniques (statistique, santé, planification, éducation, hydraulique, etc.) et le Centre de Recherches Economiques Appliquées (CREA) pour des contributions sectorielles et des propositions d’analyse. Ce document a été présenté au séminaire de lancement du processus.

 

Phase de conception de la démarche d’élaboration du DSRP

4. Le  Séminaire National de Lancement du processus participatif d’élaboration du DSRP a été un moment important conçu comme une phase de programmation participative et d’engagement des acteurs. Il s’agissait d’impliquer les acteurs dans leur diversité dans l’identification des activités à mener pour produire le DSRP et la validation des TDR des modules proposés afin  d’assurer une appropriation du DSRP dès cette phase de conception.

5. Plus de 200 invités représentant les  différents acteurs de la vie économique et sociale au niveau national et régional ont pris part à ce séminaire, notamment les services étatiques, la société civile (ONG, syndicats, groupements féminins, associations religieuses, autorités traditionnelles, associations de handicapés, structures de formation et de recherche, presse publique et privée, organisations paysannes, personnes ressources etc.), le secteur privé, les partenaires financiers et techniques.

 

Phase d’élaboration du DSRP

6. Ces diverses catégories d’acteurs  ont activement pris part à la production des documents de base selon différentes modalités.

Au niveau national, les cinq  Groupes Thématiques( en moyenne 50 par groupe) ont travaillé sur la base de contributions écrites des services des ministères techniques, de la société civile et de personnes ressources, suivies d’ateliers d’échanges  avec une forte participation ayant permis de dégager des consensus sur les axes de la stratégie et les priorités.

7. Au niveau régional, les services régionaux, sous la présidence des gouverneurs,  ont préparé  les différentes Consultations Régionales qui ont vu une forte participation des élus, des organisations de la société civile (organisations paysannes, jeunes, femmes, aînés, handicapés etc.) et de l’administration locale.

8. Au niveau local,  Les Enquêtes de Perception de la Pauvreté conduites dans les quartiers urbains et les villages dans toutes les régions ont été l’occasion d’expression individuelle et collective des populations à la base sur leurs conditions de vie, leur perception des institutions  et les priorités des pauvres. Les  ateliers de restitution au niveau des quartiers  et villages et au niveau régional ont été des moments forts de prise de parole des pauvres.

9. Un Séminaire National de Validation a enfin réuni environ deux cent cinquante personnes qui ont participé à différents niveaux au processus pour valider le document de synthèse provisoire préparé par le Comité technique.

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