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AFGVS : Association de
Fédération des Groupements Villageois de Sédhiou
AJAPDS : Association des Jeunes Agro-Pasteurs du Département de
Sédhiou
CAPEC : Caisse
Populaire d'Epargne et de Crédit
CGOT : Compagnie Générale
des Oléagineux Tropicaux
CRS : Catholic Reliefs
Services
DSRP : Document Stratégique
de Réduction de la Pauvreté
ENDA-ACAS : Environnement Développement Action / Bureau de Kolda
FODDE : Forum pour un
Développement Durable et Endogène
MAC : Mission Agricole
Chinoise
PAGPF : Projet
d'Appui aux Groupements de promotion Féminine
PPFS : Projet de
Protection des Forêts du Sud
PRIMOCA :
Programme Rural Intégré de la Moyenne Casamance
PRS : Projet Rizicole
Rural de Sédhiou
UMEC : Union des Mutuelles
d'Epargne et de Crédit
SATEC : Société d'Aménagement
des Terres de la Casamance
SICCA : Société
Industrielle et Commerciale de la Casamance
SODAICA : Société de Développement
Agricole et Industrielle de la Casamance
SODAGRI : Société de Développement
Agricole et d’Industrie
SOMIVAC : Société de Mise en Valeur de
la Casamance
ZOPP : Zielorientierte
Projektplanung (Planification des Projets par Objectifs)
1.
Contexte
et objectifs de l'atelier
Le Sénégal s'est engagé
auprès des institutions de Bretton Woods à élaborer un "Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté -
(DSRP)" en fin décembre 2001.
Le DSRP sera le cadre de référence du Gouvernement en matière de lutte
contre la pauvreté. Il s'élabore dans le cadre d'une démarche participative
impliquant les services étatiques, le secteur privé, la société civile et les
partenaires au développement.
La consultation
régionale de Kolda a été organisée avec l’appui de la coopération Technique
Allemande (GTZ) et financée par celle-ci. Elle visait les objectifs ci-après :
·
Affiner le profil de la pauvreté à partir :
+
de l'analyse du contexte régional des spécificités locales ;
+
des résultats des enquêtes de perception.
·
Faire la revue des politiques sectorielles dans la
région
·
Revoir les plans régionaux en rapport avec les
objectifs de réduction de la pauvreté
·
Faire le bilan des programmes des actions de lutte
contre la pauvreté conduits par les services étatiques, les collectivités
locales, les ONG et les divers acteurs de la société civile en tirant les
leçons des expériences
·
Définir les objectifs prioritaires en spécifiant
les indicateurs de suivi
·
Identifier des mesures de réduction de la pauvreté
et proposer un plan d'action.
2.
Les
participants
L'atelier a regroupé
environ soixante dix participants ([1])
représentants les différents acteurs : structures d'appui (services publics,
projets et ONG), les groupes sociaux professionnels (associations,
organisations paysannes), les élus locaux (communes urbaines, communes rurales,
communautés rurales).
3.
Le
déroulement de l'atelier
L'atelier ouvert par le
Gouverneur de la Région de Kolda (1) s'est déroulé en alternant sur le plan méthodologique des séances
plénières et des travaux en groupes restreints ; la documentation des
différentes discussions a été visualisée sur la base des techniques fortement
inspirées du ZOPP.
Le déroulement de
l'atelier (2) a été marqué par quatre (4) temps forts ou séquences :
1. analyse historique
2. analyse du contexte régional de la pauvreté
3. élaboration des stratégies
4. élaboration du plan d'action.
Kolda est une jeune région. Elle est issue de la réforme administrative et territoriale de 1984. Après les indépendances cette partie du pays et la région de Ziguinchor couvraient un vaste espace caractérisé par son homogénéité géographique appelée Casamance où s’étend à perte de vue une végétation luxuriante et où se déroule un paysage souriant et charmeur dans les clairières créant les conditions d’une région accueillante et aux potentialités économiques énormes.
En 1984 quand la
Casamance fut scindée en deux Kolda devient la capitale régionale de la Région
qui porte son nom. Elle occupe désormais les 2/3 de l’ancienne Casamance et
s’étend sur une superficie de 21.011 km2 soit 10,68% du territoire national.
Elle correspond aujourd’hui à la Haute Casamance (départements de Vélingara et
de Kolda) et la Moyenne Casamance (département de Sédhiou). Elle compte 43
communautés rurales réparties sur 11 arrondissements et trois départements.
Elle est limitée au Nord
par la République de Gambie, au Sud par les Républiques de Guinée Bissau et de
Guinée Conakry tandis que les régions de Ziguinchor et de Tambacounda
constituent respectivement ses limites Ouest et Est.
Sa population estimée
à 800 000 âmes (2000) est en majorité
composée de jeunes (60%). C’est un creuset ethnique où les peulh constituent
l’ethnie la plus représentée, suivie du groupe manding (Malinké, Socé, Soninké)
et des Diola, Wolof, Manjack, Baïnouck, et Balante.
Sur le plan économique
c’est une région aux potentialités agrosylvopastorales énormes avec 1.100.000
ha de terres cultivables (dont moins de 23% exploitées), une pluviométrie
relativement généreuse (de 800 à 1200 mm de pluies), des sols riches, des
ressources forestières abondantes offrant une gamme riche et variée de produits
de prélèvement, sans compter un élevage de 420.000 têtes de bovins, 371.000
têtes d’ovins, 418.000 têtes de caprins etc. la volaille est estimée à
2.065.000 unités.[2]
La région de Kolda est la
deuxième région agricole du Sénégal, la deuxième région pastorale, la première
région céréalière, la troisième région dans la génération de revenus
arachidiers, la première région cotonnière, la deuxième région dans la
production de mangue derrière Thiès, la première région dans la production de
bananes. Malgré cette carte d’identité économique reluisante, Kolda est considérée
comme la région la plus pauvre du Sénégal. [3]
C’est une région marquée
profondément par sa ruralité. Les populations vivent essentiellement de
l’agriculture sous pluie. Les principales spéculations sont le sorgho, le
sanio, le souna le maïs, le riz, le fonio, le manioc, la patate douce, le niébé
(pour les cultures vivrières), l’arachide, le coton, le sésame (pour les
cultures de rente).
Malgré
l’importance du troupeau le système d’élevage n’intègre pas fondamentalement
l’économie domestique dans sa fonction de reproduction.
La
région de Kolda vit une double crise entretenue par des facteurs
aggravants: une crise de la production (déficit vivrier chronique, faible
productivité du bétail, allongement de la soudure), une crise du modèle de vie
(lié aux comportements et à l’interprétation des héritages socioculturels).
Elles se maintiennent et s’approfondissent d’avantage à cause de la pratique de
l’usure (50 à 100%) et de la déconnexion géographique ; l’enclavement
perturbe tous les systèmes de régulation de la crise et participe à alourdir
« l’impôt de l’éloignement ». Toutes les denrées de grande
consommation sont plus chères à Koda et sa région. Les déplacements sont
hypothétiques faute d’un système de transport globalement défectueux (pistes,
véhicules de transport, etc.)
Dans
le département de Sédhiou les femmes Manding n’arrivent plus à couvrir les
besoins céréaliers, contraintes d’abandonner ou de réduire au minimum les
superficies rizicoles à cause de l’intrusion marine. Les hommes n’ont pas résisté
d’une part à la rupture du modèle et d’autre part à la fermeture des projets
qui avaient introduit l’emploi salarié.
En
effet Sédhiou a reçu très tôt des projets et programmes : Compagnie
générale des oléagineux tropicaux dès 1944 (Mission Agricole Chinoise (MAC),
Société de développement agricole et industriel de la Casamance (SODAICA)
aussitôt après les indépendances, etc. Ces projets ont modifié le mode de
captation de ressources. L’avènement du salariat institué par les projets et
programmes a renforcé leur faible engouement au travail de la terre et renforcé
leur dépendance. Par conséquent leur fin de mission ou cessation d’activité
créent des conditions de fragilisation et d’exposition à des risques faisant
basculer dans la précarité car la reproduction de l’équilibre du système passe
inéluctablement par la pérennisation d’actions et d’interventions à missions
limitées. Ainsi la succession de près d’une vingtaine de projets et programmes
sur environs 60 ans a été le début de plusieurs ruptures chez plusieurs
générations et catégories d’acteurs différents.
Dans
le Fouladou la crise du système de
production procède des contre-performances du coton, des dysfonctionnements de
dans la culture de l’arachide et de la faible productivité du bétail. Le niveau
de vie de la population se dégrade au fur et à mesure pour aboutir à une
paupérisation presque généralisée.
I. Analyse du contexte de la pauvreté :
I.1. Analyse historique :
v Avant
les indépendances : instabilité régionale et difficulté de choix de modèle
économique
La région de Kolda a connu de par le passé
plusieurs événements et faits historiques qui ont marqué le devenir des
populations. Les guerres sanglantes qui ont opposé Peulh et Manding pour la
domination ou la libération d’une ethnie ou de l’autre de même que les razzia,
rapt et prélèvement de tributs qui en étaient les corollaires ont longtemps
contribué à l’instabilité de la région entraînant ainsi de grands mouvements
désordonnés de populations à la recherche de havre de paix difficilement
retrouvé. Par conséquent ces dernières n’auront pas le temps nécessaire de
s’approprier d’un territoire pour construire un espace de vie élaborée,
dynamique, organisé et compétitif sur le plan économique.
Par ailleurs la région de
Kolda, et le Fouladou en particulier (Vélingara-Kolda) est avant tout une zone
pastorale. Le Fouladou qui s’étendait de la Haute Casamance actuelle au Gaabu
était habité pour la plupart par des populations pastorales dont la
sédentarisation ne s’est effectuée que récemment avec une prolifération de
hameaux (saré) dispersés ça et là sans
compétition sur les ressources ( terres, eaux, pâturages, etc. ) Cependant la
sédentarisation s’est accompagnée de profondes mutations dans le système de
reproduction de l’économie domestique. Le pasteur nomade devient l’agropasteur
sédentaire. Mais cette reconversion n’a pas totalement réussi faute d’une
synergie réalisée entre les deux activités. Le niveau de vie de la population
restait faible.
Dès 1944 la Compagnie
générale des oléagineux tropicaux avait déjà entre autre missions de
diversifier la culture arachidière à Sédhiou avec l’introduction de l’arachide
de bouche. Elle a pleinement participé à l’épanouissement des populations mais
le manque de suivi de la fin du programme en 1952 n’a pas favorisé la
capitalisation du capital technique fourni.
v 1960 :
Indépendances du pays mais « dépendance » de la
Haute et la Moyenne Casamance
Aussitôt après les
indépendances du Sénégal la Haute et la Moyenne Casamance ont été rattachées à
Ziguinchor à la suite de la réforme administrative et territoriale. Du point de
vue des populations ce choix témoigne d’une attitude des autorités centrales à
accorder peu d’intérêt au développement de leurs provinces respectives. Et ceci
se confirmera plus tard selon eux par le transfert de l’usine de décorticage
d’arachide de Kolda à Zinguinchor.
Par ailleurs Kolda qui
est la deuxième région d’élevage du pays n’a jamais bénéficié de programme
d’élevage spécifique. Pire la Loi sur le Domaine National n’intègre pas
l’élevage dans la répartition des terres. L’éleveur n’a pas de terres et la
compétition sur l’espace entre agriculteurs et éleveurs est un feu qui couve
sous des cendres. Le peuplement lâche[4]
et les faibles superficies cultivées par habitant diffère les conflits ouverts.
Cependant la production reste encore très faible chez les Peulh du Fouladou au
moment où les femmes manding couvrent les besoins en riz presque toute l’année
tandis que les hommes obtiennent des rendements médiocres. Ainsi l’aménagement
des vallées par la Société de développement agricole et industriel de la
Casamance (SODAICA : 1962-1970) permit de disposer de vastes espaces
exploitables. Elle augmente le revenu des populations et améliore leur niveau
de vie.
Cepndant la dépendance de
certains ménages au salaire va créer des situations difficiles par la suite. La
fin du projet provoque une profonde rupture au niveau des familles dépendantes.
La distance par rapport à la terre observée les dernières années rend difficile
le processus de retour à la case de départ.
Dans le Fouladou
l’arrivée de la Sodefitex ressemble à une bouffée d’oxygène. La mission
d’équipement agricole abandonnée par l’ONCAD est reprise par la Sodefitex.
Après les années test 1963-64 le cotonnier s’installe solidement dans la
région. Plus tard les usines de Kolda et de Vélingara compléteront le tableau.
L’encadrement rapproché le paquet technique, les avantages accordés aux
cotonculteurs et le numéraire transforment petit à petit le paysage cultural et
les projections sociales. Par ailleurs les cultures de rentes (arachide et
coton) grignotent sur les superficies des cultures vivrières et la main d’œuvre
familiale est éclatée entre le « marou » ou champ collectif familial[5]
et le champ individuel de rente.
1970 : Une période tourmentée et instabilité géographique.
Cette période est marquée
par la sécheresse de 1972-73 et la guerre de libération en Guinée Bissau. La
sécheresse provoque une baisse de la pluviométrie, une baisse de la nappe et
provoque une avancée profonde de la langue salée. Les terres se salinisent
perturbant profondément la production rizicole des femmes. Partout la
production baisse et la soudure s’installe ou s’approfondit.
L’exode gagne les
populations qui se dirigent vers le Nord et le centre du pays pour se
constituer en « navétanes »[6]
ou sont à la recherche d’emploi salarié dans les grandes villes (Kaolack,
Dakar, Mbour. Au Nord et au centre du pays la sécheresse entraîne un mouvement
inverse, Des populations accompagnées de leurs troupeaux arrivent massivement
dans la région à la recherche de terres de cultures et de pâturages. Ce qui
entraîne une forte pression sur les forêts. Les maladies se multiplient dans le
cheptel et une importante partie du bétail est décimée. Le manque ou déficit de
nourriture et l’absence ou le sous traitement sanitaire ont fortement contribué
à la mortalité élevée du bétail. On
assiste à des déplacements de populations d’éleveurs qui tentent de fuir les
zones endémiques. La situation se précarise d’avantage. En dehors de ces
mouvements internes ceux des populations fuyant la guerre en Guinée Bissau
s’intensifient.
Durant cette période
plusieurs projets opèrent dans le Sédhiou où l’enclavement est très prononcé
pour réduire la cruauté de la crise. La Société d’aménagement des terres de la
Casamance (SATEC : 1970-1973), la Société industrielle et commerciale de
la Casamance (SICCA : 1971-1979), le Projet Rizicole rural (PRS :
1972-1982), tentent de relever le défi. La SATEC tente de relancer la culture de
plateau, introduit de nouvelles variétés, créent des emplois salariés et
améliore le paquet technique tandis que la SICCA introduit l’arachide de
bouche, favorise son marché de commercialisation et implante une rizerie. Au
même moment le PRS avait relancé la culture du riz, prôné la diversification
agricole avec la culture du mil, du maïs et d’arachide, introduit la traction
bovine et s’était lancé dans la réalisation de pistes de production etc.
La Sodefitex traverse des
situations difficiles liées à la défection de la pluie mais gagne de plus en
plus l’adhésion des populations qui ne comptent principalement que sur le coton
et l’arachide pour générer des revenus.
v 1980:
une émancipation ratée :
Kolda est érigée en région sans aucune mesure d’accompagnement. Le niveau de vie des populations se dégrade de jour en jour. Le programme agricole est supprimé et l’Etat se désengage(1984), les politiques d’ajustements structurels affaiblissent d’avantage les populations, la famine frappe aux portes (1985). Tout ce scénario se passe dans un contexte national marqué par la guerre aux frontières et parfois à l’intérieur de la région. Le conflit casamançais crée une situation de stupeur qu’exploitent des bandits armés pour commettre des séries de vols de bétail de la région en créant la terreur et le désordre[7].
On note par ailleurs le repli de certaines populations de la région de Ziguinchor vers le Nord pour échapper au conflit armé. Les populations les plus vulnérables de cette région s’essoufflent et entrent dans une phase critique. Une haine farouche s’empare des autochtones et des allochtones mais couve sous la cendre. La compétition sur l’espace et les ressources aboutit aux premiers accrochages très vite étouffés. Les établissements humains prolifèrent dans les forêts classées, on assiste à deux formes de production différentes selon des logiques différentes. Dans le département de Sédhiou le PRIMOCA semble être l’instrument qui sauvera la population tandis que dans le Fouladou l’espoir renaît avec la SODAGRI.
v Les
années 1990 : De grands espoirs déçus et l’intervention des ONGs
Le début des années 1990
suscite de gros espoirs avec les
performances (1991/1992) observées dans la production cotonnière et l’amélioration
de la production vivrière. Les Ong jusque là très peu présentes dans la région
s’investissent peu à peu dans l’amélioration des conditions de vie des
populations. L’insécurité dans la région de Ziguinchor favorise par ailleurs le
repli de certaines parmi elles dans la région de Kolda. Micro-barrages,
micro-crédits, écoles, alphabétisation, pistes de production, infrastructures
sanitaires, etc. sont les principaux chantiers engagés.
La dévaluation du franc CFA intervient en 1994
bouleversant complètement les repères. Le pouvoir d’achat déjà faible se
dégrade d’avantage. Les intrants agricoles (engrais, insecticides et
herbicides) destinés au coton, l’équipement agricole encore existant (charrue,
semoir, animaux de trait) sont vendus au marché noir pour faire face à la
soudure ou aux dépenses urgentes du ménage.
La Sodefitex traverse des périodes sombres.
En 1996 la Sodefitex crée la Direction du développement rural (DDR) après une large concertation avec les producteurs de coton pour palier les problèmes liés à l’encadrement des autres secteurs qui ont des interférences avec le coton. Mais ce n’était que le début d’une profonde crise dont le principal vecteur est le bémisia. Les productions ne cessent de baisser sur trois ans successifs alors le sorgho a du mal à faire face aux attaques de striga hermontica. Le taux de couverture alimentaire s’affaiblit de plus en plus.
De nombreuses couches qui jusque là vivaient encore plus ou moins correctement grâce à la culture cotonnière se paupérisent augmentant le nombre de couches vivant dans la précarité. Les pertes d’emplois enregistrés à la Sodefitex, à la Sonagraines, au PRIMOCA contribuent d’avantage à la fragilisation de couches jusque là plus ou moins stables. La Sodagri qui avait suscité de grands espoir vit sa pleine crise. Le coût des aménagements tarde à être rentabilisé. La gestion des planages, la rentabilisation du paquet technologique, l’écoulement difficile de la production, les divergences qui interviennent entre le personnel technique et les producteurs sont autant de facteurs qui révèlent les distorsions auxquelles elle fait face.
Durant cette même période
les conflits fonciers qui couvaient éclatent au grand jour. Les défrichements
farouches, les coupes et les exploitations charbonnières non contrôlées
menacent les ressources forestières au moment où la cueillette et le
prélèvement deviennent un recours parmi les stratégies de survie très fragiles
faute de débouchés rendus difficiles à cause de l’enclavement des zones de
production.
L’intensification de la
crise casamançaise crée des déplacements de populations (près de 21000 recensés
en 2000) alors que des familles se désengagent de la prise en charge de leur
progéniture. Beaucoup d’enfants courent les rues de Kolda ou sont confiés à des
personnes soit disantes « marabouts » qui les exploitent en ville
(Dakar, Thiès, Kaolack, etc. )
v Début
des années 2000 Dégradation prononcée
du niveau de vie et problèmes de visibilité des actions menées dans la Région
de manière globale
Malgré les efforts
déployés ça et là par les partenaires au développement les populations
continuent de chercher leurs repères.
I.2 Le profil régional de la pauvreté :
L’enquête
sur les priorités (91-92) relevait déjà que Kolda faisait partie des régions ou
le taux de prévalence de la pauvreté s’élevait
à 83% contre 65,3% au niveau national. Cette situation alarmante s’est encore
dégradée les années qui ont suivi. C’est une région essentiellement agricole
alors que cette activité traverse les périodes difficiles. L’accès aux services
sociaux de base reste très faible.
·
L’accès
à l’éducation :
Même
si le taux brut de scolarisation du primaire est passé de 33,1% en 1991/92 à
49% en 1995/96 et à 76,8% en 1999/2000[8]
il n’en demeure pas moins que le taux de déperdition scolaire au primaire
reflète un faible maintien des élèves à l’école. Cette situation est plus
prononcée chez les filles qui ont difficilement accès à l’instruction compte
tenu des pesanteurs sociales et le manque de confiance au système éducatif. Les
faiblesses des revenus des ménages et la lutte pour trouver le pain quotidien,
la dégradation des conditions et du cadre de vie ne sont pas par ailleurs à la
faveur d’une initiative familiale scolarisante. Les familles pour la plupart
pauvres - plus de 9/10ème de la population[9]-
ne peuvent pas prendre en charge les dépenses d’éducation.
L’accès
à l’éducation est variable d’un département à l’autre. Le département de Kolda
semble le plus touché par la dégradation de la carte scolaire. Dans les CR de
Ndorna et de Saré Bidji le taux de population
rurale ayant accès à une école situé à moins de 3 km varie entre 0 à 30% tandis
qu’il est de 30 à 50% pour les CR de Pata, de Médina Yoro Foula, de Fafacourou,
de Dabo et de Coumbacara. Ce sont les CR de Dioulacoulon et de Bagadadji qui
semblent les plus scolarisés avec une couverture de 80 à 100%[10].
Dans
le département de Sédhiou les CR de Diaroumé, de Tanaff (30 à 50%), de
Ndiamacouta, Bounkiling, Diana Malary, Kolibantang, Djibanar,Diattacounda (50 à
70%) ont le moins accès à une école de moins de 3 km.
Dans
le département de Vélingara les CR de Ouassadou (30 à 50%), de Kandia, de Saré
Coly Salé, de Kounkané, et de Médina Gounass sont les moins couverts (50 à 70%)[11].
Mais cette couverture même faible n’a rien à voir avec la fréquentation ou l’accessibilité
à de nombreux élèves. Non seulement la fréquentation est faible mais près de la
moitié n’achève pas le cycle et l’école passe après les travaux champêtres, la
conduite du troupeau (garçons) ou les travaux ménagers (filles).
·
L’accès
à la santé :
La
Région de Kolda n’a pas d’hôpital. Celui qui est en fin de travaux n’a pas
encore ouvert ses services. La Région de Kolda continue à être largement
dépendante des hôpitaux de Tambacounda, de Ziguinchor, de Bassé ou de Bassang
en Gambie. Le paludisme constitue la première cause de morbidité (34%). Les
femmes passent difficilement leurs grossesses et accouchent dans des conditions
précaires et dramatiques. Le suivi prénatal ou postnatal est l’exception en
milieu rural. La mortalité infanto-juvénile est très élevée. Sur 1000 naissances 205 décèdent avant l’âge de 5
ans (EDS 97). Le taux de la mortalité maternelle est alarmant « 1200 cas
pour 100.000 naissances vivantes dans la région ». Les enfants sont
affectés par le paludisme endémique, les diarrhées, la malnutrition, la sous
alimentation, etc. Le taux de couverture vaccinale contre les principales
maladies de l’enfance reste encore faible malgré les efforts fournis.
L’accès
aux infrastructures de santé (population rurale ayant accès à un poste de santé
ou un dispensaire situé à moins de 5 km) est très faible. 25 sur les 41
communautés rurales ont une couverture
de 0 à 25% et seules la CR de Bona (Sédhiou) et de Dabo (Kolda) se situe entre
50 à 70%)[12].
·
L’accès
à l’eau potable :
Avec
un taux de desserte rurale de 26% la région de Kolda connaît un déficit de
46.468 m3/j[13]. En plus
ces populations s’approvisionnent à partir de sources d’eau non protégées. Le
taux d’accès à l’eau potable est un des plus faibles (27,6%) même s’il a évolué
entre 1996 (12%) et 2000 (27,6%)[14]
L’accès
à une source d’approvisionnement en eau potable située à moins de 1 km témoigne
une fois de plus s’il en est besoin de la précarité de la vie. Les CR de Pata,
de Ndorna, de Saré Bidji, de Salikénié, de Médina El Hadji, Bagadaji,
Fafacourou, de Dabo, de Tenkanto Escale (dans le département de Kolda), de
Némataba, de Saré Coly Salé, de Kounkané (dans le département de Vélingara), de
Ndiamacouta, Diaroumé, Niagha, Diana Malary (dans le département de Sédhiou)
ont une couverture de 0 à 25%. Seules les CR de Bemet Bidjini, de Simbano,
Brassou, de Kolibantang (Sédhiou), de Bonconto (Vélingara) sont couvert à
hauteur de 80 à 100%.
·
Accès
aux voies de communications :
La
Région de Kolda est une des plus enclavées du Sénégal. La communication est le
principal handicap de cette partie du pays. En saison des pluies les cours
d’eau temporaires reprennent leurs lits. De nombreuses zones sont coupées du
reste du pays (Bonconto, Linkéring, Djiredji, Pakour, Ouassadou, Kandia, Ndorna,
Salikénié, Bona, etc. Les infrastructures routières (seule la Nationale 6 est
praticable) sont insuffisantes, ce qui laisse les populations dans un isolement
qui perdure.
II. Le contexte régional de la pauvreté :
a) Les
facteurs naturels
Le fait distinctif de
cette catégorie de facteurs résulte de l'impuissance des populations dans la
maîtrise de leurs caractères et de leurs manifestations mais dont des
politiques volontaristes peuvent palier leurs conséquences. Ce sont
principalement :
-
les sécheresses des années 1950, 1970 et 1980 avec
leurs conséquences désastreuses représentées par :
·
la mauvaise répartition spatio temporelle de la
pluviométrie qui rend l’agriculture aléatoire d’une part et menace la
productivité du troupeau,
·
l'intrusion marine perturbe la production rizicole
et par conséquent grève le taux de couverture alimentaire,
·
l'assèchement des vallées
·
l'ensablement des marres renforce la vulnérabilité
du troupeau confronté d’abord à un problème de gestion, de conduite et soins
sanitaires adéquats,
·
la perturbation des systèmes de culture
·
le déficit vivrier
·
la mortalité élevée du troupeau
-
à cela s'ajoute une configuration géographique non
favorable notamment :
·
l'éloignement des centres de décision et de la
capitale nationale renforce le sentiment d’exclusion des populations et le
repli sur soi.
·
La mortalité infanto-juvénile est très élevée. Sur 1000 naissances 205
décèdent avant l’âge de 5 ans (EDS 97). Le taux de la mortalité maternelle est
alarmante « 1200 cas pour 100.000 naissances vivantes dans la
région ». enclavement prononcé de la région déstabilise toute
l’économie de la région. Tous les produits reviennent plus chers à Kolda et sa
région. En plus de cette taxe supplémentaire les populations n’arrivent pas à
écouler leurs produits de cueillette. Les fruits domestiques et sauvages
pourrissent en grande quantité sur place. Par ailleurs elles trouvent
difficilement le moyen d’évacuer un malade à Tambacounda, Ziguinchor ou Gambie.
b) Les
facteurs socioculturels
C'est l'ensemble des
faits sociaux construits par les acteurs et groupes sociaux et qui pèsent sur
le vécu.
- Les modes de vie des populations Peulh et Manding ont beaucoup contribué à fragiliser et paupériser les ménages. Dans la tradition socio-culturelle manding la femme occupe une place secondaire dans la distribution et le contrôle du pouvoir et des richesses même si le régime traditionnel manding fonctionne par le régime de la séparation des biens. Par contre elle est la principale pourvoyeuse de la nourriture du ménage, elle est à la base de l'économie domestique. Elle assure la reproduction de l'unité économique grâce à sa rizière qui permet de couvrir les besoins annuels du ménage en riz.
Mais cet effort féminin
ne trouve pas de répondant chez les hommes qui ont la réputation de se laisser
entretenir par les épouses. Malheureusement les ruptures intervenues avec
l'intrusion marine et la difficile reconversion des femmes dans le maraîchage,
dans les activités de cueillette ou du petit commerce ont complètement bouleversé
le modèle et précipité les populations dans la paupérisation.
-
Chez les Peulh, la non réussite de l'intégration agriculture / élevage a créé
une insécurité alimentaire. Par ailleurs la philosophie du "Pulaxu"
(retenue) et les différentes perceptions liées à la notion de pauvreté traduit
toute la difficulté à harmoniser les représentations et définir les modèles
sociaux en terme de pauvreté et de bien être. Par ailleurs :
-
les fortes disparités entre genre dans la région
sont en défaveur de la femme et de la jeunesse,
-
la persistance et la perpétuation de traditions
engageant les populations dans des dépenses fastidieuses lors des cérémonies
familiales (mariages, circoncision ou excision, cf. Etude FIRED),
-
l'attitude des cadres de la région (pour des raisons
diverses) qui lui tournent le dos,
-
l'insécurité des populations et des biens avec les
conflits en Casamance et en Guinée-Bissau.
-
La faible confiance accordée au système éducatif,
-
La réinterprétation des modèles de réussite, etc.
c) Les
facteurs économiques
Le retard de la région
est expliqué aussi par des dysfonctionnements au niveau économique
-
l'introduction de la culture arachidière durant la
colonisation puis l'orientation de l'encadrement dans la primauté accordée à
cette culture et au cotonnier ensuite au détriment des cultures vivrières après
les indépendances ont fragilisé la logique de subsistance qui pourtant domine
fortement
-
la compétition agriculture / élevage sur les terres
n'a profité ni à l'une ou l'autre de ces activités, principaux piliers de
l'économie
-
le potentiel dont regorge la région est sous
valorisé. Le bétail n’a pas une fonction économique au vrai sens du terme. Les ressources forestières ne sont pas
rentabilisées au profit des populations par défaut de moyen de transformation,
de transport ou de conservation.
-
il y a une absence notoire d'industries capables
d'absorber la main d'œuvre disponible et les demandeurs d'emplois
-
la fragilisation de la production agricole due
essentiellement à la vétusté du matériel agricole s'il est encore existant,
l'épuisement des terres et la salinisation des rizières qui ont comme
conséquence majeure le déficit chronique dans la région
-
les résultats contrastés des sociétés de
développement régional (Sodefitex, Sodagri)
-
la sous exploitation du bétail lié à la mauvaise
conduite, à la mauvaise gestion et à
l’absence ou la faiblesse du traitement et suivi sanitaire.
-
l'absence ou la faiblesse de l'épargne mobilisable.
d) Politiques
et programmes ayant provoqué ou renforcé la vulnérabilité et la pauvreté des
populations :
La Région et le
Département de Sédhiou plus particulièrement ont bénéficié de plusieurs projets
et programmes qui se sont succédés mais qui dans leur grande majorité n'ont pas
eu de suivi réel à la fin de leur mission (cf.annexes.). La fin d'un projet
signifie avant tout la perte d'emploi et provoque une rupture qui à la limite
peut fortement perturber la capacité de résistance de la famille. La fin du
PRS, de la SODAICA, l'arrêt de la MAC et plus récemment la fin de la mission du
PRIMOCA ont été autant de points de rupture qui ont marqué les populations de
la Région de Kolda. Par ailleurs :
-
l'arrêt du programme agricole,
-
le transfert de l'usine de décorticage d'arachide
de Kolda à Ziguinchor, (pertes d’emplois ...)
-
le désengagement de l'Etat laissant le paysan
démuni sans moyen de se défendre,
-
les politiques d'ajustement structurel (qui ont
alourdi le poids de charges domestiques),
-
la dévaluation du franc CFA,
-
les privatisations
-
les déflations
sont autant de facteurs
qui ont été à base ou renforcé la vulnérabilité. A la fragilité de l’économie
locale s’ajoute la dépréciation du prix au producteur, le renchérissement des
coûts des médicaments, de denrées de premières nécessité et du transport au
moment où la région enregistre le retour de ses fils déflatés ou victimes de
fermeture de société. Ce qui contribue
largement à la précarisation des cités et des villages de la Région.
- Outre la
"brusque" réforme administrative et territoriale de 1984 érigeant
Kolda en région la loi sur la
décentralisation et le transfert des compétences aux collectivités locales
(1996) n'ont pas bénéficié de mesures d'accompagnement nécessaires à un
développement local autonome. Au contraire, les collectivités locales et les
populations se sentent « asphyxiées » par l'ampleur de leurs tâches
et leur absence de moyens. Ce qui n’est
pas sans conséquence sur cadre de vie.
III.1.
Les projets (cf annexes):
Réussites
et acquis :
De
nombreux projets ont été initiés dans la région dans le cadre du relèvement du
niveau de vie des populations. De manière générale ils articulent leurs
interventions autour de la réalisation d’infrastructures hydrauliques (digues
de retenue, micro-barages), de pistes de production, d’aménagement de terres,
d’introduction de nouvelles variétés culturales. Ils ont beaucoup contribué à
entretenir l’espoir de sortir définitivement de cet état d’insécurité.
Limites
Malheureusement
ces projets ne sont pas parvenus à perreniser leurs actions. Les expériences
s’arrêtent avec la fin du projet. En plus leur intervention est sectorielle et
privilégie uniquement l’agriculture. Les deux autres mamelles de l’économie
régionale en l’occurrence l’élevage et les ressources naturelles ont été
souvent oubliées.
III.2.
Les programmes étatiques:
Réussites
et acquis :
A
l’image de la SATEC, de la SICCA, de la SOMIVAC, de la SODAICA ou la SODEFITEX,
la SODAGRI l’Etat a cherché a suscité un développement local autonome et
endogène. Leurs succès peuvent
s’analyser en terme d’introduction d’un paquet technique, à la création
d’emploi, à la participation à la capacité organisationnelle des populations
autour de centre d’intérêts spécifiques. Par ailleurs ils ont contribué pendant
une certaine période à améliorer les conditions de vie des populations avec une
augmentation de leurs revenus.
Limites :
Malheureusement
ils n’ont pas bénéficié de conditions économiques( sur le plan national)
favorables à leur plein épanouissement ou sont victimes des lourdeurs de leur
fonctionnement interne.
III.3.
Les ONG et les OP:
Réussites
et acquis :
Leur
intervention est récente mais touche plusieurs domaines. Leur succès se lit à
travers l’éducation où elles ont participé de manière active au relèvement du
taux de scolarisation par la construction de salles de classes, la subvention de fournitures scolaires et la
sensibilisation sur la scofi. Dans cette région l’alphabétisation fonctionnelle
s’est développée grâce à ces intervenants à la base qui ont en même temps
participé activement au renforcement des capacités des femmes.
Les
Ong s’investissent par ailleurs dans la promotion d’activités génératrices de
revenus avec l’aménagement de périmètres irrigués, de micro-barrages de digues
de retenues, etc. De même le micro-crédit permet aux femmes de mener du
maraîchage, du petit commerce, etc.
Limites :
Les
actions des ONGs sont victimes le plus souvent de manque de suivi, de la non
appropriation des projets par les populations et du manque de concertations
entre acteurs au développement. L’échec est aussi parfois lié aussi à la non
opérationnalité de certains aménagements.
IV. Les orientations stratégiques :
IV.1. Les tendances favorables à renforcer :
La maîtrise de l’eau et
l’aménagement de barrages, de digues anti sel et de périmètres irrigues doivent
être renforcés avec un meilleur ciblage et la prévision de mesures
d’accompagnement et de la gestion des ouvrages,
Le micro-crédit est un élément fondamental dans la promotion
des couches aux conditions précaires. Cependant les conditions d’accès et les
taux devraient être réétudiés.
Les tentatives
d’intensification agricoles sont à encourager
L’installation de
cantines scolaires devrait être généralisée surtout afin d’atténuer les
incommodités
Les initiatives tendant à
renforcer les capacités des femmes doivent être plus dynamiques.
IV.2. Les tendances
négatives à stopper :
Les conflits au
sud de la région doivent trouver une solution définitive pour rétablir la confiance
des populations
il est impératif de lutter contre la banalisation
de l’analphabétisme et le fort taux de déperdition scolaire
l’exploitation
anarchique ou abusive des forets sans pouvoir de contrôle des PCR doit
connaître une fin
les dissensions
politiques doivent être stoppées
Les feux de brousses intempestives
devraient être combattus
La sous exploitation des ressources
forestières
La non intégration de l’élevage dans le
processus du développement économique global
Les vols de bétail
La prostitution
Les conflits fonciers
L’usure devrait être abandonnée car il
enfonce ses pratiquants dans un rouleau compressif
IV.3.Secteurs prioritaires :
¨ transport
(infrastructures routières)
¨ agriculture
¨ élevage
¨ cueillette
et prélèvement
¨ pêche
¨ santé
(humaine et animale)
¨ énergie
¨ télécommunications
·
les pères de famille sans ressources
·
les paysans qui ont perdu leurs facteurs de
production
·
les veuves sans ressources sans soutien
·
les femmes chef de ménage à faibles revenus
·
les jeunes sans emploi (et sans qualification)
·
les femmes seules sans soutien
·
les filles mères sans soutien
·
les retraités à faible pension
·
les handicapés sans soutien
·
les personnes déplacées et les sinistrés
·
les enfants errant dans les rues
·
les grabataires
V. Les objectifs prioritaires :
o
Désenclavement
de la région : une meilleure accessibilité permettrait de bénéficier de
beaucoup d’avantages comparatifs dans
la commercialisation des produits agricoles, forestiers, pastoraux et artisanaux, la baisse des coûts
du transport, etc.
o
Maîtrise
de l’eau par la construction de barrages et de digues de retenue, etc. ;
Les femmes retrouveraient leur autonomie perdue avec la reprise des rizières et
la possibilité de cultiver toute l’année.
o
L’aménagement
des terres récupérées par les aménagements :
o
Equipement
des producteurs. Le renouvellement du matériel agricole vétuste ou vendu durant
les périodes difficiles redonnerait un grand espoir à cette population
meurtrie
o
Faciliter
aux producteurs l’accès aux intrants agricoles et vétérinaires. Du coup on peut
espérer à un relèvement notoire des rendements agricoles qui jugulerait le déficit céréalier et à une
augmentation sensible du cheptel
o
Moderniser l’élevage avec
une intensification plus maîtrisée dans un souci d’une gestion
« productiviste » :
o
Valoriser les ressources
forestières par une meilleure maîtrise des circuits de commercialisation,
la création de Pme de transformation des produits, leur écoulement dans les marchés
les plus intéressants afin d’augmenter de manière sensible les revenus des
populations.
o
Encourager l’émergence et le développement
d’entreprises familiales afin de créer une meilleure solidarité à l’intérieur
du ménage pour sécuriser l’économie domestique et favoriser des actions
collectives.
o
Soutenir
les petites exploitations familiales
o
Augmenter
quantitativement les infrastructures de base et améliorer qualitativement
l’accès aux services sociaux ( santé, écoles, eau, électricité et téléphone)
o
Développer
les systèmes de financement décentralisés afin de favoriser l’accès au crédit
aux couches les plus défavorisées, d’accompagner les familles vulnérables dans le processus d’accompagement, de
permettre aux jeunes et aux femmes d’entreprendre par eux mêmes et pour eux
mêmes.
o
Multiplier et coordonner
les programmes régionaux et nationaux de lutte contre la pauvreté.
VI. Plan d’action :
|
Objectifs |
Actions |
Bénéficiaires |
Intervenants |
Indicateurs de réussite |
|
Désenclave ment de la Région |
q Bitumage de la route Kolda/Sédhiou q Réalisations
de pistes intervillageois q Réfection
des pistes de production Kabendou-Ouassadou-Pakour (48 km),
Marewé-Pakour-Dialang (62 km), Gambie –Sara-St Koundara-médina Gounass (20),
Vélingara-Kandia-Saré Boulel (20 km) Bitumage Biaro-Bonconto-Linkéring (40
km) Maaréwé-Pakour-Dialadiang (62 km) q Réalisation
de pistes dans les CR de Bona, Ndiamacouta, Pata, Médina Yoro Foula, Kandia,
Ouassadou, Bonconto, etc q Réalisation
de ponts Bacoung-Sandinière-Maroncounda-Témente-Marsassoum-Diéba q Développer
la téléphonie rurale q Densifier
le réseau de communication |
Communes et terroirs
villageois Opérateurs privés,
Populations Services techniques |
Etat (PNIR) Projets Collectivités
locales :Coopération décentralisée Sociétés de
développement ONG Sonatel Sentel RTS Radios primées |
·
Praticabilité des routes et pistes de
production ·
Amélioration du transport routier et
fluvial, bonne circulation des personnes, des biens et des ressources ·
Couverture complète et permanente Radio et
TV et téléphone fixe et mobile |
|
Intensification
de la production agricole et animale |
q Renouvellement
du matériel agricole q Faciliter
l’accès aux intrants agricoles q Promouvoir
des variétés semencières plus performantes
q Construction
de barrage anti-sel, de digue de retenue et aménagement des vallées q Mettre en place un programme spécifique
pour l’élevage pour améliorer la gestion du troupeau, |
Agropasteurs
Agropasteurs
Agropasteurs Agropasteurs Pasteurs |
Etat Sociétés de
développement, OP, Projets, ISRA, ONG
|
·
Superficies exploitées ·
Autosuffisance alimentaire ·
Relèvement des revenus des producteurs ·
Amélioration de la productivité en lait et
en viande, etc. |
|
Valorisation
des produits Locaux |
q Création
d’unités de transformation de produits locaux dans chaque département q Améliorer
les techniques de cueillette et de prélèvement et de conservation q Développer
l’approche filière q Favoriser
la bonne la circulation des produits |
Opérateurs
privés Populations
Commerçants
, populations et entrepreneurs privés |
Projets ONG Opérateurs privés, Populations, Chambre de commerce OP |
·
Tonnages des produits transformés ou
commercialisés ·
Création de richesse |
|
Faciliter
l’accès aux soins de santé |
q Renforcer
les IEC q Elargir
la gamme des médicaments génériques dans l’Initiative de Bamako q Gratuité
du PEV et SMI chez les indulgents q Equipement
et affectation de personnel médical dans les postes de santé et cases de
santé existants et constructions de nouvelles cases de santé |
Populations |
Etat ONG Coopération
décentralisée Populations |
·
Bonne couverture sanitaire ·
Amélioration de la santé des populations |
|
Renforcement
des capacités des populations |
q Elever
le taux scolarisation et surtout de
celle des filles q Développer
la formation professionnelle à l’école q Former
les femmes et les jeunes à
l’entreprenariat q Fournir
les moyens aux centres de formation professionnelle |
Filles Elèves Femmes et jeunes |
Etat ONG Collectivités locales Coopération
décentralisée Conseil régional |
·
Taux de la Scofi ·
Développement du professionnalisme dans
les types d’activités ·
Nombre de jeunes et de femmes ayant réussi
à créer un développement autonome |
|
Multiplier
et démocratiser les systèmes de financement décentralisé |
q Définir
les conditions spécifiques de prêts/accompagnement, q Multiplier
les initiatives et les sources de financement q Mener
des formations à la gestion entrepreneuriale |
Chef
de ménage (homme ou femme), jeunes, commerçants, |
PLCP ONG Coopération
décentralisée Conseil régional |
·
Nombre de personnes bénéficiaires et
pérennisation des acquis |
[1] Voir liste des participants
en annexe n°4
[2] Source : Inspection
régionale des services vétérinaires : Rapport 2000.
[3] GUEYE (O) et al, Enquête
Perception de la pauvreté au Sénégal, Rapport régional Kolda, p 9
[4] Pélissier,
P . les paysans du Sénégal : les civilisations agraires du Cayor à la
Casamance. St-Yriex,
Imp.Fabrègue, 1966, 939 P.
[5] Ce sont les parcelles
cultivées par l’exploitation agricole et entretenues par l’ensemble des actifs
agricoles. Le « marou » est destiné principalement à nourrir la
famille.
[6] Ils sont appelés aussi
« sourga » ou « firdu ».
[7] Jusqu’à ce jour ces
exactions sont le lot du quotidien (confère annexes).
[8] DEPRE/MEN
[9] GUEYE (2001)
[10] DPS-DER
[11] DPS-DER
[12] DPS-DER
[13] Ministère de l’énergie et de
l’hydraulique (janv 2000)
[14] ESAM 1995/MICS 2000
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