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II. CLASSIFICATION
DES OPERATIONS DETAILLEES DANS LE TOFE
Cette partie présente l’organisation des opérations de
l’Etat entre six grands agrégats (recettes, dons, dépenses, prêts moins
recouvrements, ajustement pour base caisse et financement) et fournit le cadre
global d’analyse.
La définition des recettes, dons et dépenses utilisée dans
le TOFE-UEMOA est celle de la nomenclature budgétaire de l’Etat définie par le
décret n° 2001-857 du 07 novembre 2001. La définition des prêts moins recouvrements
et du financement est donnée au point 5 ci-après.
1.
Recettes et dons
1.1.Les recettes
Les
recettes comprennent tous les paiements reçus par l'administration centrale et
les organismes autonomes, non remboursables, avec ou sans contrepartie, à
l'exception des versements non obligatoires provenant de donateurs nationaux ou
étrangers.
Les
recettes sont divisées en :
-
recettes fiscales, recettes non fiscales courantes,
-
recettes en capital (hors recettes de privatisations),
-
recettes des comptes spéciaux du Trésor,
-
recettes des organismes autonomes du champ.
Les recettes fiscales sont constituées des paiements sans contrepartie et non remboursables, effectués au profit des administrations. Elles comprennent également les droits et frais perçus par les administrations n'ayant aucune commune mesure avec le coût ou l'ampleur du service fourni au payeur. Elles sont classées suivant l'assiette de l'impôt correspondant, selon sept groupes différents :
- impôts
sur le revenu, les bénéfices et gains en Capital ;
-
impôts sur les salaires versés et autres rémunérations ;
-
impôts sur le patrimoine ;
- impôts
et taxes intérieurs sur les biens et services ;
- droits
de timbre et d'enregistrement ;
-
droits et taxes sur le commerce extérieur et les transactions internationales ;
-
autres recettes fiscales.
Les
recettes non fiscales courantes comprennent tous les encaissements non
remboursables des administrations ayant une contrepartie - à l'exception de
ceux qui proviennent des ventes de biens en capital , toutes les amendes et
pénalités à l'exception de celles relatives aux infractions fiscales, et tous
les encaissements courants des administrations publiques représentant des
versements volontaires, non remboursables et sans contrepartie.
…/…
Les recettes en capital
sont constituées de paiements comportant une contrepartie correspondant à une
opération en capital telle que la vente de biens de capital fixe, de stock, de
terrains ou d'actifs incorporels. On rajoutera aux recettes en capital les
recettes du portefeuille des participations de l'Etat et des transferts en
capital (versements sans contrepartie effectuées à des fins de formation de
capital) provenant de sources autres que les administrations publiques. Elles
ne comprennent pas le produit des privatisations, qui doivent être classés en
financement (voir ci-dessous).
1.2.
Les
dons
Les dons
comprennent tous les concours financiers non remboursables reçus de donateurs
nationaux et/ou étrangers. On distingue les dons intérieurs et les dons
extérieurs, d'une part, et les dons programmes répondant à des objectifs
généraux d'aide budgétaire et les dons projet correspondant aux aides aux
projets spécifiques d'investissement, d'autre part.
Les
aides en nature telles que l'assistance technique ne sont donc pas à
comptabiliser dans le TOFE. Néanmoins, une rubrique pour mémoire sera créée
pour permettre une réconciliation aisée avec la balance des paiements. Si le
Trésor (ou toute autre unité du champ) reçoit des fonds de contrepartie
provenant, par exemple, de la vente de dons en nature, ces montants doivent
figurer dans les dons.
2.Dépenses
et Prêts moins recouvrements
2.1. Les dépenses
Les
dépenses constituent des engagements non remboursables de l'administration
centrale, des collectivités locales et des organismes autonomes, qu'il s'agisse
d'opérations avec ou sans contrepartie. Conformément aux dispositions de la loi
organique relative aux lois de finances, on distingue les dépenses ordinaires
et les dépenses en capital.
a)
Les
dépenses ordinaires comprennent :
Les charges de la dette publique et
les dépenses en atténuation des recettes des gestions antérieures, les dépenses
de personnel, telles que définies dans la Nomenclature budgétaire UEMOA, les
dépenses de fonctionnement, les dépenses de transferts.
b) Les
dépenses en capital
Elles
sont, en principe, destinées à l'acquisition de biens de capital fixe, de
stocks stratégiques ou d'urgence, de terrains ou d'actifs incorporels; elles
concernent aussi les paiements sans contrepartie ayant pour but de permettre
aux bénéficiaires d'acquérir des biens de capital. Cependant, l'acquisition par
l'Etat de biens de capital pour les entreprises publiques est considérée comme
une prise de participation et enregistrée en prêts moins recouvrement (voir
ci-dessous).
…/…
Les
dépenses en capital sont regroupées selon l'origine du financement (ressources
propres ou ressources extérieures, ces dernières portant sur l'ensemble du
programme d'investissement public). On distingue également les investissements
directement exécutés par l’Etat et les transferts en capital effectués par
elles (article 8 de la loi organique relative aux lois de finances).
2.2. Les prêts nets (ou prêts moins
recouvrements)
Les prêts de l'administration centrale sont
constitués par des prises de participations ainsi que par des versements faits
par l'Etat pour des raisons de politique générale (et non pour la gestion des
liquidités de l'Etat), assortis d'un engagement de remboursement de leur
bénéficiaire envers l'Etat, et par les opérations inverses.
Les prêts rétrocédés constituent des emprunts
effectués par l'administration centrale auprès de bailleurs de fonds
étrangers dont elle utilise le produit
pour effectuer des prêts à certaines entreprises publiques pour des projets
d'investissement. Ils font donc, à la fois, partie de la dette extérieure de
l'Etat et de ses créances vis-à-vis du secteur public. Les termes de l'emprunt
et du prêt ne sont pas nécessairement les mêmes. L'administration publique est
responsable du service de l'emprunt auprès du
bailleur de fonds. Le service du prêt rétrocédé est payé à l'Etat
par l'entreprise. Ils doivent donc
figurer, à la fois, en emplois et en financement extérieur. Au moment du
tirage, le prêt rétrocédé donne lieu à deux écritures au TOFE :
-
l’une en prêt de
l’Etat à l’entreprise bénéficiaire du projet ;
-
l’autre en emprunt
extérieur.
Au moment du paiement du service par l’entreprise,
celui-ci est enregistré en recouvrement de prêt.
3. Opérations exceptionnelles
Il convient ici de faire le point sur les quelques
cas suivants qui devront faire l’objet d’un traitement particulier.
3 .1.
Les programmes de départs volontaires de la Fonction publique.
Les dépenses liées aux programmes de départs
volontaires et les indemnités de licenciement ou de départ anticipé à la
retraite versées aux agents de la Fonction publique sont considérées comme des
transferts courants de l’Etat aux ménages et doivent figurer en dépenses
ordinaires.
3.2 Le
recouvrement des créances bancaires
Dans le cadre des
restructurations bancaires, l'Etat a souvent repris, pour une somme plus ou
moins symbolique, les créances compromises des banques pour apurer leurs
bilans, et les a confiées à un organisme, souvent autonome, chargé de leur
recouvrement. Ces créances, qui constituaient des prêts des banques au secteur
privé (ou public), sont devenues des prêts de l'Etat aux mêmes débiteurs mais
l'opération de reprise ne doit pas être comptabilisée au TOFE, les créances
ayant une valeur faible ou nulle. Les ressources provenant du recouvrement des
créances bancaires servent, en premier lieu, à couvrir les frais de
fonctionnement de l'organisme de recouvrement. Si une partie est transférée au
budget, elle s'analysera alors en recouvrement de prêts, indiquée sur une ligne
séparée.
…/…
3.3. Les
restructurations d’entreprises publiques ou de banques.
Les restructurations d’entreprises ou de banques en
difficulté peuvent recouvrir diverses opérations qu’il faut s'efforcer de
classer selon leur nature. Les versements destinés à éponger les pertes passées
ou à apurer des bilans sont à considérer comme des transferts en capital à
l'entreprise. En effet les paiements sans contrepartie et non remboursables qui
revêtent un caractère non périodique et manifestement exceptionnel doivent être
considérés comme des transferts en capital. Les reprises de dettes effectuées
par l'Etat dans le cadre d'une restructuration d'entreprise doivent aussi être
considérées comme des transferts en capital à l'entreprise (qui les utilise
pour éteindre sa dette), assortis d'un emprunt de l'Etat auprès du créancier de
l'entreprise pour un montant équivalent. Ce traitement permet de mieux
appréhender le coût des restructurations et de conserver la cohérence entre les
flux nets de financement et la variation de l'encours de la dette. Par la
suite, le service correspondant à la dette reprise, qui devient le service
d'une dette directe de l'Etat, est à traiter comme tel en intérêt et en
amortissement exigibles.
4. Ajustements sur base caisse.
Les dépenses sont enregistrées sur base
ordonnancement alors que le financement se fait sur base caisse. Ainsi, il
convient de créer un poste d’ajustement pour enregistrer l’écart entre
l’ordonnancement et les décaissements, notamment les arriérés de paiement.
On considère deux grands types d’arriérés, les arriérés sur
dépenses et les arriérés sur amortissement. Les premiers se rapportent à la fois aux dépenses sur biens
et services, aux transferts et aux obligations d'intérêt sur la dette de l'Etat
(tant extérieure qu'intérieure). Ils constituent, avec" les fonds en route
", l'ajustement permettant de passer des dépenses sur la base des
ordonnancements aux dépenses sur la base décaissement, et de calculer le solde
sur la base caisse. Les fonds en route correspondent à des dépenses
ordonnancées et non payées. On limitera les fonds en route à une période de
trois mois, au-delà de laquelle, s'ils n'ont pas été régularisés, ils seront
considérés comme arriérés intérieurs.
Le second groupe d’arriérés correspond à des obligations de
remboursement de dette non remplies et constitue un ajustement aux opérations
de financement proprement dit, c'est à dire, aux opérations qui concernent la
dette contractuelle de l'Etat ou la variation de ses titres, encaisses ou
dépôts. Les arriérés du second groupe seront enregistrés en financement.
5. Financement
Par définition, le
financement total est égal au déficit ou à l'excédent des opérations de
l'Etat sur base caisse. Il représente donc les variations des engagements de
l'Etat au titre de ses remboursements futurs et celles de ses avoirs liquides,
qui lui sont nécessaires pour couvrir les différences entre ses décaissements
et ses encaissements. Le financement d'un déficit doit donc correspondre à la
variation de l'encours de la dette de l'Etat qu’elle soit intérieure ou
extérieure.
Le financement recouvre les opérations par lesquelles les
administrations publiques contractent des emprunts et les remboursent ou
reçoivent des dépôts de tiers pour gérer leurs liquidités. Il comprend aussi la
variation nette des avoirs que ces administrations détiennent sous forme de
monnaie et de dépôts. La classification des opérations de financement a pour
but d'indiquer la provenance des fonds obtenus par les administrations pour
couvrir leur déficit.
5.1. Le
financement extérieur
Celui-ci inclut les tirages sur prêts, l'amortissement
exigible et le rééchelonnement / allégement de dette obtenu. Le service de la
dette est enregistré dans le TOFE lorsqu'il devient exigible et avant
rééchelonnement / allégement de la dette. Dans la mesure où l'Etat bénéficie
d'un rééchelonnement, le montant des échéances consolidées constitue un
financement extérieur. Les remises de dette de l'Etat correspondent à l'annulation,
par le bailleur de fonds, de dettes extérieures de l'Etat. Elles sont donc à
inscrire en amortissement de dette extérieure et en financement extérieur pour
un montant égal. Le service de la dette avalisée n'est à comptabiliser dans le
TOFE que lorsque l'aval de l'Etat a été appelé. Il est alors classé dans le
service de la dette extérieure de l'Etat. Les arriérés sur dette avalisée étant
considérés comme des arriérés de l'Etat, leur rééchelonnement / annulation
s'analyse comme réduction des arriérés de l'Etat financés par ce financement
exceptionnel.
5.2. Le
financement intérieur
Il comprend les emprunts du Trésor, les amortissements dus,
les opérations de titrisation (qui constituent aussi une forme de dette
contractuelle pour l'Etat mais que, pour des raisons d'analyse, on enregistre
dans un poste séparé) et les variations de dépôts et d'encaisses, tous ces
éléments étant ventilés entre la BCEAO, les banques commerciales et le secteur
non bancaire. Le financement bancaire inclut aussi les opérations effectuées
par le Trésor au titre de sa fonction bancaire, à savoir, l'acceptation de
dépôts (essentiellement les dépôts du public au CCP) et les émissions nettes
d’obligations cautionnées.
On enregistrera également dans un
poste particulier du financement intérieur, le produit des privatisations. En
effet celles-ci constituent une vente d'actifs qui fournit des ressources à
l'Etat. Ces ressources étant de nature exceptionnelle et non récurrente ne
devraient pas servir à augmenter les dépenses régulières. Ainsi, elles seront
classées au-dessous de la ligne, afin de ne pas fausser le calcul du solde
budgétaire.
Les titres relatifs
aux concours consolidés de la BCEAO
constituent un instrument de financement de l'Etat. Ils peuvent être
détenus par les banques résidentes et non-résidentes et par le secteur privé,
et sont admis au rachat à tout moment
par la BCEAO.
La variation de l’encours des titres détenus par le système bancaire
interne sera inscrite dans un poste séparé, dans le financement de la BCEAO.
…/…
6. Réconciliation entre le TOFE et la Position nette du
Gouvernement.
Le champ couvert par le TOFE étant composé d'opérations
variées, il est indispensable de s'assurer que celles-ci sont correctement
identifiées et reflétées dans la PNG. Cette dernière doit donc inclure toutes
les opérations détaillées dans le tableau de financement, y compris la
variation des dépôts auprès du Trésor et des divers titres que celui-ci détient
au titre de sa fonction bancaire.
Ces éléments pourront constituer ce que l’on appellera la Position nette
du Gouvernement couverte par le TOFE
(PNG-TOFE). La PNG-TOFE doit retracer la position, auprès du système
bancaire interne, de l’ensemble des unités de l’administration centrale, des
collectivités locales et des organismes autonomes compris dans le champ du
TOFE, tel que défini plus haut.
Un poste d’ajustement statistique a été prévu pour
enregistrer les erreurs et omissions.
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