République du Sénégal
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STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR PRIVE

6.3. Mener à terme le programme de privatisation

L'existence de monopoles dans la production de biens et services marchands est une source d'inefficacité et a toujours entraîné des surcoûts nuisibles à la compétitivité de l'économie.
Le rôle de l'Etat consistera à libérer les ressources publiques au profit d'activités hautement stratégiques pour l'essor du secteur privé, à fournir des services de qualité à un moindre coût et à supprimer les entraves au développement du secteur privé.
La stratégie de désengagement de l'Etat des activités productives devrait s'opérer par le biais de la privatisation. En effet, il n’y a aucune raison économique qui justifie l'implication de l'Etat dans la production de biens et services marchands, qui par essence sont destinés au concurrentiel.
En termes de priorité, il est souhaitable de procéder à une libéralisation du secteur avant de procéder à sa privatisation. La privatisation procurera des avantages économiques certains si la démarche qui la sous tend est acceptée par l'ensemble des acteurs et si elle se déroule dans un cadre concurrentiel.
L'appropriation de cette démarche devra être obtenue grâce à :

Dans le cas des services publics où un monopole naturel est possible, la question de la privatisation n'est souhaitable que si elle est accompagnée d’un cadre réglementaire sécurisant, afin de décourager les abus de pouvoir économique sur les marchés non concurrentiels.
En principe, les entreprises publiques peuvent être bien gérées, mais cela est rarement le cas; elles absorbent souvent des ressources qui peuvent être utilisées bien plus efficacement ailleurs.
La première vague de privatisation a concerné 18 entreprises sur la période 1989-1991 de petite ou moyenne envergure, avec des enjeux modestes.. Le transfert de propriété s’est fait alors par vente de blocs d’actions à la suite d’un appel d’offres pour plus de deux tiers des entreprises concernées. On relève également deux cas d’offres publiques de vente. Globalement, le produit de cette première vague de privatisations avait rapporté 13,7 milliards à l’Etat. En 1991, au plus fort de cette première partie du programme de privatisation, les recettes n’ont représenté que 4% des ressources budgétaires de l’exercice.
De 1992 à 1994, une pause a été observée dans l’exécution du programme de privatisation. Sur les 55 entreprises non financières et établissements publics à caractère commercial composant le portefeuille de l’Etat en 1993, le programme de privatisation pour la période 1994-97 concernait 22 entreprises. A la fin de décembre 1997, les objectifs du programme (privatisation totale ou partielle suivant les entreprises concernées) ont été atteints pour 7 entreprises (SONATEL, ASACE, SONEES, SOTEXKA, CPSP, SIAS, SH-SALY). Ensuite, 6 entreprises ont été privatisées ou liquidées en 1998 (SSPT, HAMO, SPHU-TERANGA, SONADIS et DAKAR-MARINE, SOTRAC).
A travers le nouveau programme de privatisation, l’Etat vise à se désengager de toutes les activités marchandes en privatisant totalement ou partiellement les entreprises publiques concernées. Dans le cas des services publics tels que l’adduction d’eau, les transports urbains, les chemins de fer, les ports et les aéroports, la gestion pourra être confiée au secteur privé pendant que la propriété des actifs restera publique. La part de l’Etat dans les sociétés d’encadrement du monde rural, d’habitat social et de prospection minière sera de l’ordre de 50% du capital. Enfin, l’Etat a retenu de garder une participation d’un tiers environ à la SONATEL et à la SENELEC.
Pour le maintien d’une administration légère et la garantie de la transparence requise, l’instruction des dossiers de privatisation est confiée à une Cellule chargée de la gestion et du contrôle du portefeuille de l’Etat, sous la supervision d’une commission nationale.
Une attention particulière est constamment portée à la prise en charge du coût social de la privatisation à travers des indemnités de départ négocié et des formules d’attribution d’actions aux employés.
Le nouveau programme de privatisation est une composante d’un programme étendu de réformes visant à améliorer l’efficacité économique. Il est moins orientée vers la réduction du poids des déficits des entreprises publiques sur le Trésor que vers le développement du secteur privé par la réduction des barrières à l’investissement dans les différents secteurs de l’économie et vers l’élimination des situations de concurrence monopolistique, pour réduire notamment tous les surcoûts liés à une gestion étatique.
Au-delà de l’élimination des surcoûts et des barrières à l’investissement, la privatisation doit être l’occasion de promouvoir plusieurs activités, notamment en faveur des PME/PMI. Or, l’expérience montre que les PME/PMI locales accèdent difficilement aux marchés de sous-traitance des sociétés concessionnaires des services publics, et il n’y a pas d’autorité externe de régulation qui puissent assurer des conditions de concurrence et de transparence sur de tels marchés, veiller au respect du cahier des charges par le concessionnaire, et gérer les conflits potentiels avec la société de patrimoine. Pour pallier ces insuffisances, il est convenu de créer un comité paritaire de régulation et de contrôle : composé de l’Administration et du secteur privé, qui serait chargé :

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